Libérez Rebekah Jones, lanceuse d’alerte sur la COVID-19!

Par Bryan Dyne
19 janvier 2021

Dimanche, la scientifique et lanceuse d’alerte Rebekah Jones a tweeté que l'État de Floride avait émis un mandat d'arrêt contre elle afin d'intimider cette scientifique courageuse.

Jones est l'une des plus farouches opposantes à la politique d’«immunité collective» menée par la Maison Blanche et les gouverneurs démocrates. Cette politique a entraîné la réouverture prématurée d'écoles et d'entreprises alors que la pandémie s'étendait à tout le pays.

Jones a inlassablement mis en garde contre les dangers liés à la réouverture des écoles, contrant le faux discours colporté par la plupart des médias bourgeois, selon lequel les écoles ne sont pas des sources majeures de transmission du virus.

«Pour protéger ma famille des violences policières, et pour montrer que je suis prête à me battre contre tout ce qu'ils feront, je me rends à la police dimanche soir», a-t-elle déclaré. «Le gouverneur ne gagnera pas sa guerre contre la science et la liberté d'expression et ne nous fera pas taire.»

Actuellement, la localisation de Jones est inconnue, et l’État de Floride n'a même pas énuméré ses accusations contre elle. Jones a indiqué que la Floride la menaçait de poursuites judiciaires afin de la museler. Elle a écrit: «L'agent a dit à mon avocat qu'il n'y aurait qu'une seule accusation, mais il a souligné que le fait de parler ou d'aller aux médias pourrait amener la police à ‘empiler’ des accusations supplémentaires. Tout cela pour faire taire un critique d'un gouverneur qui n'a pas fait son travail et qui est ainsi responsable de milliers de morts.»

Plus tard, elle a ajouté: «Censurée par l'État de Floride jusqu'à nouvel ordre. #LetHerSpeak»

L'incarcération de Jones survient un mois après que le gouverneur républicain Ron DeSantis ait ordonné une descente de police chez elle, pendant laquelle la police a braqué Jones et sa famille. Leur cible était les clés USB qui, selon une interview accordée par Jones à CNN, contiennent la preuve que les responsables de l’État de Floride «mentaient [en janvier dernier], notamment sur les rapports internes et les avis du CDC», fournissant ainsi «des preuves d'activités illégales par l'État.»

Plus largement, l'invasion de son domicile par la police le mois dernier et le mandat d'arrêt actuel visent à faire taire une opposante bien connue de la campagne de retour au travail.

Jones est devenue célèbre en mai dernier pour avoir refusé l’ordre de falsifier des statistiques afin de soutenir la campagne de retour au travail et à l'école lancée par les responsables en Floride.

Aujourd'hui comme hier, le nombre d’infections et de décès constituent un argument clair en faveur de la fermeture des écoles et des lieux de travail non essentiels afin d’enrayer la pandémie. Près de 24.000 décès ont été signalés aux États-Unis la semaine dernière, soit plus de 3.400 décès par jour en moyenne. Plus de 1.200 de ces décès ont eu lieu en Floride.

Après avoir été licenciée, Jones a participé à la création et à la supervision de COVID Action et de COVID Monitor en Floride, des bases de données permettant le suivi des infections et des décès dus à COVID-19 en Floride et dans les écoles primaires et secondaires aux États-Unis, respectivement.

À ce jour, aucune déclaration majeure du Parti démocrate ou d'organisations de pseudo-gauche telles que les Socialistes démocratiques d'Amérique (DSA) ne s'est opposée à la censure de Jones.

Le prétexte du raid de décembre contre Jones est une accusation basée sur les allégations de l’État, selon lesquelles elle aurait envoyé un courriel aux employés de l'État le 10 novembre, les exhortant à «parler avant que 17.000 autres personnes ne soient mortes. Vous savez que c’est immoral. Vous n'avez pas à être trempés là-dedans. Soyez des héros. Parlez avant qu'il ne soit trop tard.»

Avant même que Jones ne se rende, on sait que les accusations contre elle sont fausses. Elle a dit que l’État «n'a trouvé aucune preuve d'un message envoyé en novembre dernier au personnel du ministère de la Santé leur disant de ‘parler’ sur les appareils qu'ils ont confisqués, la raison du raid sur ma maison en décembre.» Elle a également précisé qu'«un agent a confirmé» que ce que la police a trouvé sur ses disques durs «n'a rien à voir avec l'objet du mandat.»

La première tentative de l'État de la faire taire en affirmant qu'elle aurait enfreint la loi s'étant effondrée, l’État est passé à une nouvelle allégation. Selon Jones, le nouveau mandat «a été émis le lendemain du jour où un juge à Tallahassee a déclaré à la police que si elle n'enquêtait pas sur un crime, elle devait me rendre mon équipement. Ils n'ont pas trouvé de preuve de quoi que ce soit en rapport avec le mandat, alors ils ont inventé autre chose pour me poursuivre en représailles.»

On a émis ce mandat d'arrêt suite à la tentative de coup d'État du 6 janvier par le président Donald Trump, alors que le nombre de victimes américaines de la pandémie atteignait 400.000. DeSantis précise que la préoccupation centrale de l'État n'est pas d’examiner les dangers posés par la tentative de Trump de renverser la Constitution, ou les morts en masse causée par la pandémie, mais de s’assurer que les écoles et les entreprises restent ouvertes à tout prix.

On essaie de réduire Jones au silence, avant qu'elle ne puisse révéler d'autres vérités sur la politique de l’élite dirigeante sur la pandémie. La bourgeoisie est très consciente de l'hostilité massive envers sa politique d’«immunité collective», une colère qui croît à mesure que le nombre de décès explose. Les Centres de contrôle des maladies prévoient actuellement que 92.000 décès surviendront ces trois prochaines semaines.

Ces projections concordent avec celles de l'Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME), qui prévoit que plus de 500.000 personnes seront mortes de la COVID-19 aux USA d'ici la mi-février.

500.000 morts! Le modèle de l'IHME avoue que même avec un «déploiement rapide du vaccin», le nombre de morts sera essentiellement le même. En même temps, selon les auteurs du modèle, dont Chris Murray de l'université de Washington à Seattle, le taux de mortalité quotidien se stabilisera en avril, probablement en raison des politiques de la nouvelle administration Biden.

En réalité, la pandémie continuera à faire rage tant que les mesures nécessaires pour la contenir ne seront pas prises – avec notamment l’arrêt de toute production non-essentielle avec la pleine indemnisation de ceux qui ne travaillent pas. Les données scientifiques sont claires.

C'est la pour cela que l’on tente de réduire Rebekah Jones au silence. Tout comme d'autres lanceurs d’alerte persécutés tels que Julian Assange et Edward Snowden, elle a osé commettre le crime de dire la vérité à la classe ouvrière, sur la pandémie comme sur la réponse criminelle de l’État à la crise sanitaire. Il appartient maintenant aux travailleurs eux-mêmes de lutter contre la censure et de défendre tous les droits démocratiques dans le cadre d'une lutte révolutionnaire pour le socialisme.

 

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