La dangereuse nouvelle variante du COVID-19 en Grande-Bretagne est un avertissement : il faut une action d’urgence maintenant!

Par Robert Stevens
22 décembre 2020

Alors qu’il y a déjà 1,7 million de morts dans le monde et que les hôpitaux sont débordés, les scientifiques sonnent l'alarme au sujet d'une nouvelle souche plus infectieuse du COVID-19 qui est apparue en Grande-Bretagne et y entraîne une forte augmentation des infections.

La nouvelle souche de COVID-19 serait responsable du doublement du nombre de nouveaux cas quotidiens de COVID-19 au Royaume-Uni ce mois-ci. Le pays a enregistré 35 000 nouveaux cas dimanche, son plus haut niveau jamais atteint, contre une moyenne de 15 000 seulement deux semaines auparavant.

La propagation massive de cette nouvelle souche de COVID-19 est une nouvelle condamnation de la réponse irresponsable et criminelle du gouvernement Johnson à la pandémie. En abandonnant tous les efforts pour éradiquer le virus, le gouvernement a rendu la population vulnérable et l’a exposée à une menace mortelle dont les conséquences sont encore inconnues.

Un homme portant un masque facial pour se protéger du coronavirus passe devant la station de métro Westminster, à Londres, le mardi 15 décembre 2020 (AP Photo/Alberto Pezzali)

La nouvelle souche semble être 70 pour cent plus contagieuse que les variantes qui se répandent actuellement en Europe et en Amérique.

La nouvelle variante de la maladie a été détectée pour la première fois en septembre et déjà un quart des nouveaux cas de novembre à Londres lui étaient attribués. Cela atteint les trois quarts de tous les nouveaux cas à la mi-décembre,

Selon l’Organisation mondiale de la santé, la nouvelle variante s’est répandue non seulement dans toutes les régions du Royaume-Uni, mais aussi aux Pays-Bas, au Danemark et en Australie. «La nouvelle variante est hors de contrôle», a déclaré le ministre britannique de la Santé, Matt Hancock.

«Cette nouvelle variante est très préoccupante et ne ressemble à rien de ce que nous avons vu jusqu’à présent dans la pandémie», a déclaré au Financial Times Jeffrey Barrett, directeur de l’initiative génomique COVID-19 au Wellcome Sanger Institute.

Samedi, John Edmunds, membre du comité du Groupe consultatif scientifique pour les urgences (SAGE) du gouvernement, a décrit l’émergence de la nouvelle souche comme «le pire moment de toute l’épidémie en ce qui me concerne». Il a mis en garde contre «l’extraordinaire infectiosité de la nouvelle souche».

Edmunds a insisté sur de nouvelles mesures. «Nous aurons besoin de mesures beaucoup plus sévères pour faire baisser l’incidence. Pire encore, nous partons d’une incidence déjà très élevée avec des hôpitaux débordés et un personnel [du Service national de santé] sous pression. C’est une situation très périlleuse».

Dimanche, des pays d’Europe et du monde entier ont annoncé qu’ils n’accepteraient plus les voyageurs en provenance de Grande-Bretagne, entre autres l’Autriche, la Belgique, l’Italie, l’Irlande, l’Allemagne, la France et les Pays-Bas. Samedi, Johnson a introduit un nouveau degré de restrictions, le « niveau 4», qui touche 16,4 millions de personnes, dont environ 9 millions dans les 32 arrondissements de Londres et une grande partie du sud-est de l’Angleterre.

La nouvelle variante de COVID-19 implique des mutations dans la structure du virus. Barrett a noté que 23 lettres du code génétique du virus avaient changé, dont 17 qui pourraient potentiellement avoir un impact sur la façon dont le virus se comporte et se propage.

La scientifique Laruie Garret a fait remarquer que le COVID-19 avait subi trois changements majeurs jusqu’à présent cette année. «Pourquoi cela se produit-il? Parce qu’il y a tellement de virus dans le monde maintenant, qui se propagent rapidement et [augmentent] ainsi la probabilité de mutations aléatoires. Le nouveau mutant se trouve-t-il aux États-Unis? Qui sait?»

L’émergence de cette nouvelle souche meurtrière de COVID-19 souligne l’irresponsabilité criminelle du gouvernement Johnson et de sa politique d’«immunité collective» en réponse à la pandémie.

En mars, Sir Patrick Vallance, le principal conseiller scientifique du gouvernement, s’est placé aux côtés de Johnson et a déclaré: «Ce n’est pas possible d’empêcher que tout le monde soit atteint, et ce n’est pas non plus souhaitable». Le 5 mars, Johnson a exposé la réponse de son gouvernement à la pandémie, disant: «peut-être pourriez-vous prendre le problème à bras le corps, tout d’un coup, et permettre à la maladie, pour ainsi dire, de se propager dans la population, sans prendre autant de mesures draconiennes».

En août, l’ancien leader travailliste Jeremy Corbyn a expliqué qu’en mars, le gouvernement britannique l’avait informé que son objectif était de «renforcer l’immunité collective en laissant les gens mourir», une politique qui se justifiait par ce qu’il appelait des «formules eugéniques». Corbyn a gardé le silence sur les intentions meurtrières du gouvernement pendant six mois.

Le résultat de cette politique a été un désastre. Près de 70.000 personnes sont mortes au Royaume-Uni. Le pays a un taux de mortalité par habitant encore plus élevé que celui des États-Unis et 50 pour cent plus élevé que celui de l’Europe dans son ensemble. Et maintenant, près d’un an après l’apparition de la pandémie, celle-ci se propage, selon les termes du gouvernement, «hors de contrôle» sous la forme d’une nouvelle souche de la maladie.

Pendant des semaines, le gouvernement Johnson a cherché à utiliser l’arrivée du vaccin COVID-19 – qui sera disponible pour le grand public dans quelques mois – pour détourner l’attention de son incapacité totale à prendre des mesures sérieuses pour contenir la maladie. Les médias ont très volontiers joué le jeu, cherchant à noyer le taux de mortalité en constante augmentation dans un flot ininterrompu d’articles sur le déploiement du vaccin.

Johnson a déclaré samedi, «la situation s’est détériorée depuis la dernière fois que je vous ai parlé il y a trois jours» – le jour où il a annoncé qu’aucun recul n’aurait lieu par rapport aux plans d’ouverture des magasins 24 heures sur 24 et de réunion de «bulles» de trois ménages pendant cinq jours à Noël. Le gouvernement avait d’abord appris l’existence de cette nouvelle souche «en début de semaine», a-t-il ajouté.

Ce sont là des mensonges éhontés.

Le gouvernement a passé la semaine dernière à faire obstruction aux demandes des scientifiques d’abandonner ses plans meurtriers. Il a même menacé plusieurs autorités locales londoniennes de poursuites judiciaires pour avoir prévu de fermer des écoles trois jours avant la fin officielle du trimestre afin d’éviter une nouvelle flambée d’infections. De plus, Maria Van Kerkhove, responsable technique de COVID-19 à l’Organisation mondiale de la santé, a déclaré dimanche à la BBC que le Royaume-Uni était au courant de la nouvelle souche virale qui circule dans «le sud-est de l’Angleterre depuis septembre».

Bien que des informations définitives n’aient pas encore fait surface quant aux origines de la mutation, l’inaction préméditée et criminelle du gouvernement conservateur a permis sa propagation incontrôlée. On a détecté la nouvelle souche au moment même où le gouvernement insistait sur la réouverture des écoles, puis le gouvernement a renvoyé les étudiants dans les universités et les campus un mois plus tard.

Il a imposé cette politique parce qu’il voulait garantir les marges de profit des entreprises lors de la cruciale frénésie dépensière de Noël et parce qu’il ne tolérait aucune remise en cause de son discours que la victoire sur le virus n’était qu’une question de temps.

Le fait de placer les profits au-dessus de la sécurité et des vies humaines a bien au contraire conduit à l’apparition d’une variante encore plus contagieuse du virus qui s’est répandue jusqu’à l’autre bout du monde en quelques semaines.

Les actions meurtrières du gouvernement Johnson sont reprises par ses homologues dans tous les pays.

Aux États-Unis, 320.000 personnes sont mortes. En France, 60.418 personnes sont mortes, et 26.414 en Allemagne. Que ce soit Trump ou Biden, Merkel ou Macron, personne ne peut croire un mot de ce que disent ces représentants de la classe dirigeante. Depuis le début, ce sont les intérêts des entreprises et d’une oligarchie de super-riches qui ont dicté toutes leurs mesures. Quelle que soit la couleur politique du gouvernement, la politique est la même: ce sont les profits qui comptent et la vie de millions de travailleurs elle, peut être sacrifiée.

Près de 1,7 million de vies ont déjà été perdues dans le monde et des milliers de gens continuent de mourir chaque jour. Il n’y a pas de temps à perdre! Il faut prendre des mesures d’urgence pour maîtriser le virus!

Le Parti de l’égalité socialiste (Royaume-Uni), comme ses partis frères du Comité international de la Quatrième Internationale dans le monde entier, exige la fermeture immédiate de toutes les entreprises et écoles non essentielles. Cette mesure doit s’accompagner d’une indemnisation complète pour les pertes de salaire et les pertes de revenus des petites entreprises.

Des milliers de milliards de dollars doivent être investis dans les infrastructures de soins de santé pour traiter, contenir et éradiquer le COVID-19 et garantir que la société soit protégée contre la menace de maladies infectieuses à l’avenir.

L’affirmation que l’argent n’existe pas pour ces mesures d’urgence, nécessaires pour sauver des vies, est un mensonge. Les ressources sociales nécessaires aux besoins les plus vitaux de la population en matière de santé publique se trouvent monopolisées par une élite financière dont les intérêts sont diamétralement opposés aux besoins de la société.

C’est aux travailleurs de sauver leur vie! Le Parti de l’égalité socialiste invite les travailleurs et les jeunes qui veulent se battre pour ce programme à nous contacter dès aujourd’hui.

(Article paru d’abord en anglais le 21 décembre 2020)

 

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