Arrêtez l’attaque du gouvernement contre la lanceuse d’alerte Rebekah Jones!

Par Parti de l'égalité socialiste (États-Unis)
11 décembre 2020

Le Parti de l’égalité socialiste condamne la descente de police fasciste au domicile de la spécialiste des données Rebekah Jones. Cette attaque est une réaction à ses travaux qui jettent la lumière sur la propagation de la pandémie de COVID-19 en Floride et dans les écoles à travers les États-Unis.

Rebekah Jones (Capture d’écran: CBS Local)

Lundi, la police de l’État de Floride a fait irruption au domicile de Jones avec des armes à feu pointées sur elle et sa famille. Les policiers ont saisi son téléphone, son ordinateur et plusieurs disques durs, l’empêchant de continuer à publier des données sur les épidémies de COVID-19.

Jones a tweeté vendredi qu’elle avait appris que le gouverneur républicain de Floride, Ron DeSantis, a nommé Joshua Hawkes juge de circuit en septembre et l’une des premières actions en tant que juge a été de signer le mandat de perquisition qui a conduit à la saisie du matériel de Jones. DeSantis est l’un des principaux appuis du président américain Donald Trump, qui a été le fer de lance de la politique d’«immunité collective» de la classe dirigeante par l’ouverture d’entreprises non essentielles et d’écoles.

Jones a déclaré à CNN que les clés USB saisies par la police contenaient des preuves que les fonctionnaires de Floride «mentaient en janvier sur des choses comme des rapports internes et des avis du CDC», ainsi que «des preuves d’activités illégales de l’État».

On doit s’opposer à cet acte effronté de suppression des droits à la liberté d’expression et à l’accès à l’information! La classe ouvrière américaine et internationale doit prendre la défense de Jones et de tous les lanceurs d’alerte, et se battre pour la transparence totale et la communication de toutes les données sur le COVID-19!

Ancien employé du ministère de la Santé de Floride, Jones est l’un des plus éminents spécialistes des données aux États-Unis. En utilisant la technologie avancée des systèmes d’information géographique (SIG), Jones a contribué à la création du tableau de bord COVID-19 de la Floride pour suivre attentivement la propagation de la pandémie dans l’État. Peu de temps après, elle a été licenciée en mai pour avoir refusé de manipuler des données afin de soutenir les campagnes de retour au travail et à l’école de DeSantis.

Après avoir été licenciée, Jones a participé à la création et à la supervision de COVID Action et de COVID Monitor en Floride, les bases de données les plus complètes pour le suivi des infections et des décès dus au COVID-19 en Floride et dans les écoles primaires et secondaires aux États-Unis, respectivement.

Jones a été ciblée en raison de son rôle dans ces projets et parce qu'elle a critiqué ouvertement DeSantis et Trump. Elle a constamment mis en garde contre la politique imprudente de réouverture des écoles dans un contexte de la pandémie qui fait rage.

L’allégation spécifique faite contre Jones qui a conduit à la descente de police de lundi était qu’elle était responsable de l’envoi d’un courriel aux employés du ministère de la Santé de Floride, les implorant de «parler avant que 17.000 autres personnes soient mortes», ce que Jones nie avoir envoyé. Elle affirme qu’en partie, les fonctionnaires ont saisi ses appareils pour déterminer quels contacts elle a au sein du ministère de la Santé, qui seront probablement ciblées à leur tour dans un avenir proche.

La descente au domicile de Jones vise à faciliter les politiques meurtrières consistant à maintenir ouvertes les écoles et les entreprises non essentielles pendant que la pandémie fait rage. Elle vise à intimider les scientifiques critiques qui s’expriment ouvertement contre les dangers auxquels sont exposés les travailleurs et les jeunes.

Jones et deux collègues du COVID Monitor ont publié un article dans US News le 2 décembre intitulé «Les écoles doivent-elles rester ouvertes? Pas si vite». Ils ont noté le fait que plus d’un million d’enfants ont contracté le COVID-19, concluant: «Nos données démontrent que les écoles ne sont pas les refuges que certains croyaient qu’elles seraient, et qu’elles contribuent en fait à la propagation de COVID-19 de plusieurs façons… À notre avis, les données suggèrent que les écoles ne sont PAS sûres et qu’elles contribuent à la propagation du virus – à la fois dans les écoles et dans les communautés environnantes».

Le COVID Monitor indique qu’au moins 187.351 élèves et 80.689 éducateurs ont contracté le virus dans les écoles de la maternelle à la 12e année aux États-Unis. Florida COVID Action fait état de 1.178.703 cas et 19.716 décès en Floride, dont 101.264 cas et neuf décès chez les enfants.

La descente de police a eu lieu le jour même de la réouverture des écoles à New York, le plus grand district scolaire des États-Unis. Le New York Times a implacablement promu cette réouverture imprudente et elle a été menée par le maire démocrate Bill de Blasio et le président de la Fédération unie des enseignants (UFT), Michael Mulgrew. Cela illustre ainsi le caractère bipartite appuyé par les syndicats de la campagne de rentrée des classes.

Comme pour la campagne nationale de réouverture des écoles menée par le gouvernement Trump, la campagne d’ouverture des écoles de New York n’est pas basée sur la science, mais plutôt sur les intérêts de profit de l’oligarchie financière.

L'ouverture des écoles est au cœur de la stratégie de la classe dirigeante. Afin d'obliger les parents à retourner sur des lieux de travail dangereux où ils sont victimes d'une exploitation brutale, les écoles doivent être ouvertes comme des enclos pour leurs enfants. Les démocrates, un parti de Wall Street et du capital financier, sont aussi coupables que les républicains en matière de réouverture des écoles.

Le président élu Joe Biden n’a publié aucune déclaration pour défendre Jones ou le droit d’accès aux données sur la propagation de la pandémie. Au contraire, dans un discours prononcé mardi, Biden a déclaré: «Notre priorité nationale doit être de faire revenir nos enfants à l’école et de les y maintenir», ajoutant qu’il «s’efforcera de faire en sorte que la majorité de nos écoles puissent être ouvertes à la fin de mes 100 premiers jours».

Environ la moitié des élèves de la maternelle à la terminale aux États-Unis fréquentent actuellement des écoles qui n’offrent qu’un apprentissage en ligne, 32,5 pour cent fréquentent des écoles qui offrent un apprentissage entièrement en personne, et près de 17 pour cent fréquentent des écoles hybrides. Si Biden atteint son objectif, des dizaines de millions d’élèves supplémentaires retourneront dans des classes dangereuses d’ici la fin avril, bien avant que la population entière ne soit vaccinée.

Dans son discours, Biden a promu le mensonge selon lequel les écoles peuvent être rouvertes en toute sécurité dans les mois à venir simplement en fournissant un financement supplémentaire pour des mesures de sécurité superficielles. La présidente de la Fédération américaine des enseignants (AFT), Randi Weingarten, membre du Comité national démocrate et candidate potentielle au poste de secrétaire à l’Éducation, a apporté son soutien total à cette fraude en tweetant «Hallelujah! Contrairement à Trump, le président élu Biden obtient ce dont nous avons besoin pour rouvrir les écoles en toute sécurité».

La saisie du matériel de Jones et les tentatives de censure de ses rapports sur les infections et les décès dus au COVID-19 sont les dernières en date de la guerre menée depuis des décennies par l’establishment politique américain contre les lanceurs d’alerte.

Le COVID Monitor compile des données sur les épidémies dans les écoles de la maternelle à la 12e année par le biais de soumissions anonymes, à l’instar des câbles fournis à Wikileaks qui ont révélé d’innombrables crimes commis par l’impérialisme américain et mondial. Lorsqu’on a découvert que Chelsea Manning était la source de près de 750.000 câbles sur les guerres en Afghanistan et en Irak, on l’a emprisonné pendant sept ans où on l’a torturée psychologiquement. Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, est poursuivi sans relâche depuis dix ans et est actuellement enfermé à la prison de Belmarsh à Londres en attendant le verdict de son extradition vers les États-Unis, où il risque une peine de 175 ans de prison.

Ces deux courageux lanceurs d’alerte, ainsi qu'Edward Snowden et bien d'autres, ont été persécutés aussi bien sous le gouvernement Obama-Biden que sous le gouvernement Trump, et le nouveau gouvernement Biden-Harris ne fera qu'aggraver l'atteinte à la liberté d'expression.

La stratégie de la classe dirigeante qui consiste à développer l’«immunité collective» sans vaccin dépend de la suppression de données et la falsification de la science. Cela ne peut être mis en œuvre que par des mesures d’État policier comme la descente au domicile de Jones.

La seule force sociale capable de défendre les droits démocratiques fondamentaux, et dont les intérêts objectifs exigent la transparence totale concernant les cas de COVID-19, est la classe ouvrière internationale.

Le PES appelle tous les travailleurs et les jeunes à s’opposer à l’agression de Jones et de tous les lanceurs d’alerte, et à se battre pour un plan global visant à contenir la pandémie!

Les entreprises et les écoles non essentielles doivent être fermées immédiatement. Tous les travailleurs doivent bénéficier d’une protection complète de leurs revenus, d’un logement, de soins médicaux et d’une alimentation de qualité. Cela doit perdurer jusqu’à ce que la pandémie soit contenue et que la population soit vaccinée en toute sécurité, comme l’ont déterminé des experts médicaux de confiance. Le financement de ces programmes sociaux nécessite l’expropriation des vastes richesses accumulées par les élites dirigeantes qui ont amassé plus de mille milliards de dollars depuis le début de la pandémie et des milliers d’autres au cours des dernières décennies.

La lutte pour la défense des droits démocratiques et pour contenir la pandémie exige une lutte révolutionnaire contre le capitalisme et la lutte pour le socialisme. La pandémie a mis en évidence la nécessité d’une réorganisation complète de la société pour répondre aux besoins de la grande majorité, sur la base du principe d’égalité sociale. Ceux qui soutiennent ce programme et reconnaissent la nécessité de lutter pour sa réalisation devraient prendre la décision aujourd’hui de rejoindre et d’aider à construire le PES.

(Article paru en anglais le 10 décembre 2020)

 

Commenting is enabled but will only be shown on the live site.