Préparons une grève générale pour fermer les écoles! Formons des comités de sécurité des enseignants, des parents et des élèves!

Par le Parti de l’égalité socialiste (France)
10 novembre 2020

Les grèves montent contre la politique de Macron de faire reprendre les cours en présentiel, répandant ainsi le coronavirus à travers les salles de classe en France comme dans toute l’Europe.

Des milliers d’enseignants français participent à une grève nationale aujourd’hui. Depuis la fin des vacances lundi dernier, des dizaines d’écoles ont fermé après que des assemblées d’enseignants ont voté la grève. En même temps, les essais prometteurs de Pfizer sur un vaccin anti-Covid laissent entrevoir l’espoir qu’un confinement permettrait aux travailleurs et aux jeunes de s’abriter chez eux et ainsi se protéger de l’actuelle vague d’infections en attendant d’être vaccinés en 2021.

Les conditions dans les écoles sont catastrophiques. Les promesses de Macron sur des protocoles sanitaires renforcés se sont avérés être des mensonges. La distanciation sociale n’existe pratiquement pas, les élèves étant tassés à jusqu’à 35 par classe. Sur les réseaux sociaux, on voit des images de centaines de jeunes dans des couloirs ou réfectoires bondés. Les salles de classe n’ont pas de bonne ventilation, de nombreuses fenêtres étant hermétiquement closes.

Students gather outside on the first day of the return to school

La politique officielle n’est pas de détecter mais de cacher les clusters qui émergent dans les écoles. Les professeurs disent ne pas être avertis quand des élèves sont absents après avoir contracté le virus, ce qui rend impossible d’alerter les professeurs et les autres élèves.

Les lycéens ont déjà manifesté, bloquant les entrées avec des poubelles pour exiger la fermeture des classes. Mardi une dizaine d’établissements étaient fermés, à Paris et dans le sud. Critiquant un «confinement farce», une lycéenne a voulu «dénoncer l’absence de mesures contre le coronavirus. On ne devrait pas être là, on risque de se contaminer et de passer le virus à nos parents.»

Macron a réagi aux manifestations par les lacrymos et la répression. Des dizaines de lycéens ont reçu des amendes pour avoir participé à des attroupements dangereux, alors qu’ils exigeaient précisément l’application d’une politique de confinement sécurisé que rejette Macron.

Alors qu’enseignants et élèves se mobilisent, une hécatombe menace la France et l’Europe. Samedi, la France a passé le cap des 40.000 morts. Hier, 306 morts ont été enregistrées ainsi que 60.000 cas positifs au virus. Le nombre de patients en réanimation a grimpé de plus d’un tiers en une semaine, pour passer à 4.421. Avant la fin du mois, les lits en réanimation risquent d’être totalement saturés; en Île-de-France 92 pour cent sont déjà occupés.

Le Conseil scientifique a averti que les confinements partiels appliqués actuellement en Europe, où transports, écoles et industries non-essentielles restent ouverts, réduiront le taux de reproduction de Covid-19 (le nombre de personnes qu’infecte chaque nouveau malade) à entre 0,9 et 1,2. Ainsi le nombre de malades va soit tomber très lentement, soit continuer à monter de manière exponentielle. Ces confinements n’arrêtent pas la contagion. Mais un confinement réel en septembre, quand les scientifiques avertissaient déjà d’une nouvelle vague, aurait sauvé de nombreuses vies.

Ce ne sont pas des calculs scientifiques mais les intérêts financiers de la classe capitaliste qui dictent la politique des États européens. Ils gardent les travailleurs au travail pour que les profits continuent à s’accumuler, quel que soit le coût en vies. Pour eux, garder les écoles ouvertes est donc primordial: les écoles servent de garderies pour forcer les parents à aller au travail.

Le refus de l’État d’appliquer même les mesures de distanciation sociale les plus basiques démontre qu’il ne lutte pas contre la contagion. En fait, il applique une politique d’«immunité collective».

Des mesures d’urgence sont nécessaires pour empêcher des pertes massives de vies. Il faut fermer écoles, universités et industries non-essentielles, en fournissant aux travailleurs les ressources nécessaires pour se confiner en sécurité.

Pour organiser une lutte pour une politique rationnelle et scientifique contre le virus, les enseignants ont besoin d’une compréhension claire des forces politiques alignées contre eux.

Les syndicats n’ont pas appelé la grève aujourd’hui pour organiser une lutte. L’initiative est venue des enseignants à la base, qui ont voté dans des assemblées générales la semaine dernière. En fait, les syndicats ont aidé à organiser la politique de réouverture des classes sans mobiliser d’opposition significative aux conditions désastreuses dans les écoles. Ce n’est que lorsque les enseignants ont lancé leur propre lutte que les syndicats ont annoncé une grève, tentant de garder de contrôle de la lutte pour mieux l’étouffer plus tard. SUD et d’autres syndicats ne proposent pas de fermer les écoles mais d’apporter de vagues améliorations au protocole sanitaire de Macron.

Le Parti de l’égalité socialiste propose aux enseignants et aux élèves de former leurs comités de sécurité, indépendants des syndicats, pour prendre le contrôle de leur propre lutte. Ceci permettrait d’unir les luttes en France avec celles des enseignants à travers l’Europe, par-delà des appareils syndicaux nationaux.

Toute introduction de cours en présentiel doit dépendre d’une réduction massive de la propagation du virus et l’adoption de protocoles sanitaires scientifiques. Des comités de base sont la seule façon pour les enseignants, les élèves et leurs parents de s’assurer que de tels protocoles sont en vigueur.

Un investissement massif et immédiat dans l’éducation est nécessaire pour fournir aux enseignants et aux élèves les ressources et le personnel nécessaires aux cours en distanciel. L’argument du gouvernement Macron selon lequel qu’il n’y aurait pas d’argent pour cela est un mensonge patent. L’Union européenne a fourni des milliers de milliards d’euros aux banques et aux grandes sociétés cette année. Les ressources existent. Mais elles sont monopolisées par l’aristocratie financière.

La question politique décisive est: quelle classe déterminera la résolution de la crise? La politique capitaliste est «l’immunité collective» et les morts en masse. Les travailleurs luttent pour sauver les vies et stopper la pandémie. Mener cette lutte signifie lutter pour une prise du pouvoir par la classe ouvrière afin de poursuivre des politiques socialistes. Transformer banques et grandes entreprises en services publics contrôlés démocratiquement par les travailleurs fournira les ressources nécessaires à lutter contre la pandémie et garantir un niveau de vie élevé pour tous, fondé sur une égalité réelle.

 

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