Les nouvelles projections pour la pandémie font état de plus de 400.000  décès aux États-Unis d’ici la fin de l’année

Par Benjamin Mateus
7 septembre 2020

L’«Institut de mesure et d’évaluation de la santé» (IHME), est un institut de recherche travaillant dans le domaine de la santé mondiale basé à l’Université de Washington à Seattle. Il est souvent cité par la Maison-Blanche sur les tendances COVID-19. Il a récemment mis à jour ses projections sur les décès dus à la pandémie. Il a déclaré que le nombre cumulé de décès attendus d’ici le 1er janvier est de 410.000, ce qui signifie qu’ils s’attendent à près de 225.000 décès supplémentaires d’ici la fin de l’année. Dans leur «scénario de référence», ou ce qu’ils pensent être le plus probable, 300.000 décès seront comptabilisés d’ici la veille du Nouvel An.

L’IHME fonde son estimation sur le changement des saisons d’automne et d’hiver ainsi que sur la «baisse de vigilance du public» pour respecter les recommandations de porter des masques et de maintenir la distance sociale. D’ici décembre, ils prévoient que les décès quotidiens approcheront les 3000 par jour. Ils avertissent également que «si la stratégie d’immunité collective est poursuivie, à savoir qu’aucune autre intervention du gouvernement n’est prise d’ici le 1er janvier, le nombre de morts pourrait alors atteindre 620.000». De tels chiffres satureraient tous les services de soins de santé du pays et les morgues mobiles seraient à nouveau un spectacle courant.

La référence presque fortuite à un tel scénario n’est pas surprenante, mais la classe ouvrière devrait en tenir compte avec beaucoup d’inquiétude. L’insensible suggestion que le déclin de l’utilisation des masques en public serait en quelque sorte la faute de la population est d’une intention malveillante. Quand on voit tous les efforts déployés par: ce gouvernement; les partis politiques; les escrocs financiers de Wall Street; et les organismes publics. Ils ont tous travaillé de concert pour assurer la pérennité des marchés au prix du risque de voir la population exposée à une contagion virale qui reste rampant, rapide et mortel. Les organismes publics comprennent notamment: l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA); les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC); et le Département de la Santé et des Services sociaux (HHS).

Carte mondiale des cas de COVID-19 au 4 septembre

Le monde approche rapidement les 27 millions de cas de COVID-19, avec plus de 877.000 décès. Selon le tableau de bord du coronavirus du Worldometer, les États-Unis ont enregistré 6,37 millions de cas et 192.000 décès en un peu plus de six mois depuis le premier décès confirmé dans l’État de Washington. La moyenne mobile sur sept jours s’est établie à un peu moins de 42.000 cas par jour, les décès ayant commencé à diminuer lentement, avec près de 900 par jour.

Des rapports ont indiqué que les communautés rurales sont l’une des zones les plus touchées et à la croissance la plus rapide du pays pour l’épidémie de COVID-19. Une corrélation évidente existe entre l’ouverture d’écoles et d’universités et l’augmentation du nombre de cas observée dans ces régions.

Le Dr Anthony Fauci, expert en maladies infectieuses, et d’autres ont exhorté les universités à convertir les dortoirs et les résidences en sites de quarantaine et d’isolement. L’idée était de prendre en charge les étudiants qui ont contracté la COVID-19. La crainte est que si ces étudiants sont renvoyés chez eux, cela ne fasse qu’alimenter la transmission au sein de la communauté et mettre en danger les parents et les familles des étudiants. Laisser entendre qu’on ne pourrait pas prévoir ces événements est l’essence même de l’insouciance criminelle.

Pour replacer la politique d’immunité collective dans son contexte approprié, mais grotesque, actuellement, les décès dus au COVID-19 sont devenus la troisième cause de mortalité aux États-Unis. Il est juste derrière les maladies cardiaques, avec 650.000 décès en 2017, et le cancer avec 600.000 décès. Selon les prévisions de l’IHME, si les efforts de confinement sont totalement négligés, le COVID-19 se retrouvera en tête de liste quasiment ex aequo.

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Carte mondiale des décès cumulés dus à COVID-19 4 septembre

Cette prédiction placerait également les décès dus au COVID-19 à un niveau comparable à celui de la pandémie de grippe de 1918, qui a fait 675.000 victimes aux États-Unis. Avec seulement huit États sur cinquante dont plus de 10 pour cent de la population se trouve infectée par le COVID-19 — l’Arizona, la Louisiane, le Mississippi, la Géorgie, le Delaware, le New Jersey, New York et le Massachusetts. Mais, il reste une partie importante de la population qui sera vulnérable avant que l’immunité collective ne puisse être établie.

Cette semaine, le CDC a soudainement annoncé que les États devraient se préparer à distribuer les vaccins COVID-19 dès la fin octobre. Il a précisé que: les travailleurs de la santé; les travailleurs désignés comme essentiels; la «population» de la sécurité nationale; (lire l’armée, la police et les organismes gouvernementaux); et ceux qui résident dans des établissements de longue durée seraient prioritaires. On a fait cette annonce en conjonction avec la déclaration du président Trump lors de la Convention nationale républicaine selon laquelle un vaccin pourrait être prêt avant la fin de l’année.

Le directeur du CDC, le Dr Robert Redfield, s’est entretenu avec Yahoo Finance et a déclaré: «Pour l’instant, je dirai que nous nous préparons sérieusement à ce que je prévois être la réalité… qu’un ou plusieurs vaccins seront disponibles pour nous en novembre, décembre et que nous devons trouver comment nous assurer qu’ils seront distribués de manière juste et équitable dans tout le pays». C’est simplement une parenthèse hypocrite pour sauver la face.

Au dire de tous, tous les experts qui connaissent les essais du vaccin COVID-19 ont déclaré qu’un vaccin contre le virus ne sera pas disponible avant la fin de l’année, dans le meilleur des cas. Le Dr Stephan Hahn de la FDA a continué à affirmer qu’il serait prêt à autoriser un vaccin expérimental avant que la phase trois des essais cliniques ne soit terminée. Actuellement, trois essais en cours ont atteint la phase trois aux États-Unis, ceux développés par Moderna, Pfizer et AstraZeneca.

Dans une lettre, le rédacteur en chef de Medscape, le Dr Eric Topol, a déclaré, à propos des déclarations de Hahn: «Je vous écris parce que je suis gravement préoccupé par votre direction de la FDA. Les circonstances de vos déclarations de ces derniers jours ont conduit à une crise de confiance. Non seulement, votre crédibilité a été diminuée, mais aussi, celle de la FDA, de ses plus de 15.000 employés et, surtout, votre capacité à superviser les intérêts du peuple américain en matière de santé.»

La même incompétence entravera la capacité de transférer des millions de doses de vaccins à la population américaine qui a affecté la fourniture d’équipements de protection individuelle et de masques aux travailleurs de la santé. C’est cette même incompétence qui n’a pas réussi à protéger les maisons de retraite des ravages de l’infection qui a tué tant de personnes âgées et la même négligence criminelle qui oblige les écoles et les universités à ouvrir leurs portes.

Le vaccin Moderna nécessite des températures de stockage de moins quatre degrés Fahrenheit; pour celui de Pfizer, une température de moins 94 degrés Fahrenheit. Dans une note des analystes de la SVB Leerlink aux investisseurs, «Ces conditions de stockage rendraient l’administration traditionnelle dans les bureaux ou les pharmacies très difficile. On pourrait remplir ces conditions dans les hôpitaux tertiaires et les laboratoires. Ainsi on pourrait réaliser de vaccinations intensives d’une journée dans ces sites. Mais, cela ne couvrirait encore qu’une fraction de la population saine.»

Dans la course à un vaccin, les États-Unis, l’Union européenne, le Japon et le Royaume-Uni ont conclu des accords pour acheter au moins 3,7 milliards de doses à leurs fabricants. Ces accords monopolisent presque toute la production et la distribution au détriment des milliards de personnes qui vivent dans les nations les plus pauvres.

Les prévisions de l’IHME pour le monde entier d’ici le 1er janvier indiquent qu’une perte massive de vies humaines commencera à se produire. Ils prévoient qu’un total de 2,8 millions de personnes dans le monde succomberont à l’infection, soit «1,9 million de plus d’ici la fin de l’année». Les décès quotidiens pourraient atteindre jusqu’à 30.000 par jour. Ils écrivent: «L’augmentation est due en partie à une hausse saisonnière probable des cas COVID-19 dans l’hémisphère nord. Jusqu’à présent, COVID-19 a suivi des schémas saisonniers similaires à ceux de la pneumonie. Si la corrélation continue à se maintenir, les pays du Nord peuvent anticiper davantage de cas à la fin de l’automne et pendant les mois d’hiver.»

Les élites dirigeantes doivent être prévenues qu’elles devront faire face à un hiver de mécontentement.

(Article paru d’abord en anglais le 5 septembre 2020)

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