Votez pour les candidats du SEP aux élections nationales sri-lankaises! Luttez pour un gouvernement ouvrier et paysan et pour l‘internationalisme socialiste!

Par Socialist Equality Party (Parti de l’égalité socialiste) du Sri Lanka
4 août 2020

Le Socialist Equality Party, SEP (Parti de l'égalité socialiste) appelle les travailleurs, les jeunes et les pauvres à voter pour ses candidats aux élections nationales du Sri Lanka mercredi. Le parti présente un total de 43 candidats dans les districts de Colombo, Jaffna et Nuwara-Eliya.

Le SEP est le seul parti à lutter pour un mouvement unifié de la classe ouvrière, au-delà des divisions ethniques, sur un programme socialiste et internationaliste en réponse à la pandémie de COVID-19 et au danger croissant de dictature et de guerre impérialiste.

Le coronavirus, qui a jusqu'à présent infecté 18 millions de personnes et en a tué 690 000 au plan international, a accéléré la crise du capitalisme mondial et produit une récession économique jamais vue depuis la Seconde Guerre mondiale. Face à l’émergence d’une résistance de masse et de luttes révolutionnaires, les classes dirigeantes de tous les pays préparent des dictatures militaires et fascistes afin de réprimer cette opposition.

L'impérialisme américain est au centre de cette crise. Le gouvernement Trump prend des mesures policières visant à écraser les manifestations et intensifie ses provocations militaires et politiques contre la Chine, la Russie et l'Iran. Cela augmente le danger d'une troisième guerre mondiale avec des conséquences catastrophiques pour l'humanité.

La crise mondiale a intensifié les bouleversements économiques, politiques et sociaux au Sri Lanka. La résistance des travailleurs a éclaté contre les suppressions d'emplois, réductions de salaires et conditions de travail dangereuses imposées par les grandes entreprises avec le soutien du gouvernement Rajapakse.

Le membre du SEP, K. Kandeepan discute du programme du parti avec des travailleurs de la plantation Annfield

Environ 400 000 emplois ont été supprimés dans le secteur manufacturier alors que le gouvernement impose ses politiques d'austérité et de privatisation et que le coût des produits essentiels augmente.

La grève de la semaine dernière de 10 000 travailleurs portuaires de Colombo pour protester contre la privatisation du terminal est n'est qu'une indication de la résistance croissante de la classe ouvrière. Si les syndicats pro-capitalistes ont mis fin à la grève dimanche, une opposition profonde qui s'est accumulée au fil des décennies monte dans toute l'île, y compris à cause de la guerre communautariste de 30 ans contre les Tigres de libération séparatistes de l'Eelam tamoul.

La pandémie a révélé l'attitude de classe impitoyable du gouvernement Rajapakse et des partis d'opposition officiels envers tous les travailleurs. Le gouvernement a rejeté les tests de masse et prétend que les taux d'infection sont faibles afin de présenter une image optimiste de la situation.

Comme ses homologues internationaux, le gouvernement sri-lankais a fait du profit privé et non pas de la santé et de la vie des travailleurs la priorité. Répondant aux demandes des grandes entreprises, le président Rajapakse a ordonné aux employés des secteurs public et privé de retourner au travail dans des conditions dangereuses, avec des salaires plus bas et des objectifs de productivité accrus. Les autorités sri-lankaises ont également bloqué le retour de 40000 travailleurs migrants sri-lankais du Moyen-Orient, affirmant qu'ils pourraient apporter le coronavirus.

Dans sa détermination à réprimer le mouvement croissant des travailleurs, le président Rajapakse et son parti au pouvoir, le Sri Lanka Podujana Peramuna (SLPP), ont intensifié leurs efforts pour obtenir une majorité parlementaire de deux tiers afin de réécrire la constitution et de donner au président des pouvoirs autocratiques. Son appel à un «gouvernement fort» est un euphémisme pour une dictature présidentielle basée sur l'armée.

En utilisant le prétexte bidon de la lutte contre le COVID-19, Rajapakse a hissé de nombreux généraux à des postes clés, y compris en nommant le général de division à la retraite Kamal Gunaratne au poste de secrétaire à la Défense.

Le Parti national uni (UNP) d'opposition, le Samagi Jana Balavegaya (SJB), le Janatha Vimukthi Peramuna (JVP), l'Alliance nationale tamoule (TNA) et les partis musulmans n'ont pas de divergences fondamentales avec le régime au pouvoir. Ils ont participé à deux réunions multipartites convoquées par le Premier ministre Mahinda Rajapakse, le frère du président, et soutenu toutes les réponses apportées par le gouvernement à la pandémie. Le 27 avril, l'UNP, le SJB, la TNA, les partis musulmans et les syndicats des plantations ont promis un «soutien inconditionnel» au président s'il reconvoquait le parlement.

Craignant l'éruption de luttes révolutionnaires de la classe ouvrière, les partis politiques «d'opposition» soutiennent les démarches de Rajapakse vers la dictature. Aucun d’eux ne s'est opposé à la militarisation du gouvernement.

Le chef du SJB, Sajith Premadasa, a déclaré qu'il «pouvait travailler» avec le président Rajapakse si le SLPP forme le gouvernement après les élections. Le TNA a déclaré vouloir obtenir plus de sièges parlementaires afin de poursuivre les négociations avec le gouvernement Rajapakse. En d'autres termes, la TNA, en échange de concessions minimes de Rajapakse, soutiendra sa dictature.

Le chef de l'UNP, Ranil Wickremesinghe, a déclaré que si son parti l’emportait, il négocierait un autre prêt du Fonds monétaire international pour résoudre la crise. En d'autres termes, il est prêt à imposer plus d'austérité comme l’a fait son précédent gouvernement.

En même temps, le SLPP et ses alliés chauvins ont intensifié leur rhétorique anti-musulmane et anti-tamoule dans une tentative de diviser la classe ouvrière et de canaliser les tensions sociales en jouant sur les différences ethniques. Les partis tamouls et musulmans ont répondu par leur propre propagande communautariste et nationaliste.

Le NSSP participe aux élections sur une liste commune avec l'UNP pro-impérialiste. Son chef Vickramabahu Karanarathne est sur la liste UNP pour le district de Kalutara dans la province occidentale.

Le FSP promeut un faux front de «gauche» des syndicats et d’autres groupes de gauche pour bloquer tout mouvement indépendant de la classe ouvrière. Le parti a écrit deux fois au Premier ministre pendant la pandémie en lui proposant d'aider le gouvernement à «faire face à la crise».

Au cours des six derniers mois, le SEP, en conformité avec ses co-penseurs du Comité international de la Quatrième Internationale (CIQI), a approfondi sa lutte contre le gouvernement et les attaques du grand patronat contre la classe ouvrière et les pauvres.

Dès le départ, le SEP a publié une déclaration le 28 mars intitulée « Coronavirus crisis in Sri Lanka: A program for the working class » qui appelait à l'unité des travailleurs sri-lankais dans le cadre des efforts mondiaux de la classe ouvrière pour lutter contre la pandémie .

Notre déclaration du 18 avril Sri Lanka: Oppose return to work in unsafe pandemic conditions! No to job destruction! a rejeté l’ordre de Rajapakse pour la reprise du travail

Le 2 juin le parti a publié une autre déclaration intitulée : SEP (Sri Lanka) calls for action committees to counter COVID-19 and defend jobs

Le 9 juin, le SEP a publié la déclaration “Sri Lankan president establishes military taskforce: Another step toward dictatorship », avertissant la classe ouvrière au sujet des mesures anti-démocratiques de Rajapakse

Le gouvernement Rajapakse a réagi en prenant pour cible notre parti. Cela s’est exprimé brutalement lors des visites aux domiciles de nos candidats par des officiers du renseignement militaire dans le nord du pays occupé par l'armée, y compris chez notre tête de liste SEP pour la circonscription de Jaffna.

«Une lutte efficace contre la pandémie», comme l'a expliqué le CIQI dans un communiqué du 23 juin, «nécessite une coordination systématique des ressources économiques, scientifiques, industrielles et informationnelles. Cette collaboration internationale essentielle est impossible dans le cadre du capitalisme, qui est enraciné dans le système des États-nations. La classe dirigeante de chaque pays est préoccupée, avant tout, par ses propres intérêts nationaux… »

« Le contrôle de la réponse à la pandémie doit être retiré des mains de la classe capitaliste. Une action de masse de la classe ouvrière, coordonnée à l’échelle internationale, est nécessaire pour maîtriser la pandémie et sauver des millions de vies, maintenant en danger. La lutte contre la pandémie n’est pas seulement une question médicale. C’est avant tout une question de lutte sociale et politique. »

C'est la base de la lutte menée par le SEP au Sri Lanka. Nous appelons les travailleurs à créer des comités d'action indépendants et des comités de sécurité afin de garantir un lieu de travail sûr, défendre les emplois, les conditions de travail et les salaires et vaincre l'attaque contre les droits démocratiques.

La classe ouvrière doit s'emparer des banques, des grandes entreprises et des plantations et réorganiser l'économie rationnellement, non pas pour le profit privé mais au profit de la majorité de la population. C'est la seule réponse à la dictature en voie de préparation par Rajapakse et son SLPP.

Ce programme est indissociable de la lutte contre la guerre impérialiste. En 2015, Washington a orchestré une opération de changement de régime au Sri Lanka pour évincer Mahinda Rajapakse, qui penchait vers Pékin, et installer Mithripala Sirisena en tant que président, qui a intégré le Sri Lanka plus étroitement dans la campagne de guerre américaine. Le gouvernement Trump a averti à plusieurs reprises le président Gotabhaya Rajapakse qu'il devait maintenir des relations militaires étroites avec les États-Unis.

La classe ouvrière sri-lankaise doit s'unir à ses frères et sœurs de classe internationaux pour construire un mouvement anti-guerre sur la base de politiques socialistes. Contre la saleté nationaliste des partis bourgeois réactionnaires et de leurs acolytes de la pseudo-gauche, le SEP et ses partis frères du CIQI se battent pour ce programme internationaliste révolutionnaire.

Nous encourageons vivement les travailleurs et les jeunes à rejoindre le SEP pour le construire en tant que parti de masse de la classe ouvrière et pour faire avancer la lutte pour une République socialiste Sri Lanka-Eelam, dans le cadre d'une Union des Républiques socialistes en Asie méridionale et à l’international.

(Article paru en anglais le 3 août 2020)

 

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