Le chômage s’envole tandis que la pandémie de COVID-19 s’accélère aux États-Unis

Par Bryan Dyne
11 juillet 2020

La semaine dernière a vu une nette accélération de la pandémie de coronavirus aux États-Unis. Plus de 375.000 cas de coronavirus se sont déclarés aux États-Unis au cours des sept derniers jours, soit plus que le nombre de cas signalés en février, mars et la première semaine d’avril réunis. Le nombre officiel quotidien de décès, qui avait diminué dans le pays pour atteindre une moyenne légèrement supérieure à 500 par jour, est passé à plus de 800 au cours des trois derniers jours.

En conséquence, 3,2 millions de personnes se trouvent infectées par le virus de la pandémie et plus de 135.000 en sont mortes. Si 1,4 million de personnes se sont rétablies, 1,8 million d’autres ont actuellement des cas actifs de COVID-19, soit un demi-million de plus qu’il y a un mois. Dans le monde, on compte plus de 12,3 millions de cas de coronavirus confirmés et au moins 556.000 décès.

En outre, 1,3 million de personnes ont déposé une demande de chômage pour la première fois la semaine dernière. Cela représente la quinzième semaine consécutive où les nouvelles demandes de chômage ont dépassé le million. Par rapport à la même semaine de l’année dernière, cela représente plus de six fois le nombre de personnes qui ont déposé une nouvelle demande. En outre, 18,1 millions de personnes ont renouvelé leurs demandes, soit plus de dix fois plus qu’il y a un an.

Diane Higgins, de Chelsea (Massachusetts), décharge des boîtes de dons de nourriture à l’Armée du Salut pendant que les personnes touchées par le coronavirus font la queue pour obtenir de la nourriture, mardi 30 juin 2020, à Chelsea (Massachusetts). (AP Photo/Steven Senne)

En outre, les chiffres du chômage ne prennent en compte que la moitié environ des personnes menacées de dénuement économique à la suite des fermetures et des licenciements effectués en mars et avril en réponse à la pandémie. Plus d’un million de personnes ont déposé des demandes la semaine dernière dans le cadre du programme d’assistance chômage en cas de pandémie. Ce dispositif fournit des prestations aux personnes qui travaillent à leur compte et ne peuvent donc pas toucher les allocations de chômage normales, ou qui sont incapables de travailler pour des raisons liées au COVID-19.

Le nombre total de personnes qui reçoivent ce deuxième type d’aide est de 14,4 millions, ce qui porte à 32,5 millions le nombre total de personnes qui reçoivent actuellement une aide pendant la pandémie. Si le nombre de personnes qui reçoivent une aide fédérale et d’État était un État, cet État serait plus peuplé que le Texas.

Mis à part les chiffres historiquement élevés, le Bureau national de recherche économique (National Bureau of Economic Research) produit d’autres statistiques. Il a publié un document qui indique que les deux tiers des travailleurs qui perçoivent actuellement des allocations reçoivent plus d’argent qu’ils ne le feraient s’ils étaient au travail. Un cinquième d’entre eux perçoivent actuellement le double de leur salaire. Bien que le document plaide pour une réduction des prestations ou leur suppression, il passe sous silence le fait que ses conclusions soulignent en fin de compte la crise sociale qui existait aux États-Unis avant même la pandémie.

Au milieu des crises sanitaires et économiques actuelles, les professionnels de la santé réclament de plus en plus souvent le confinement dans les États où les épidémies se multiplient. L’expert en maladies infectieuses Anthony Fauci a noté hier dans une interview accordée à l’émission «FiveThirtyEight» que quatre États – l’Arizona, la Californie, la Floride et le Texas – représentent actuellement environ la moitié des nouvelles infections dans le pays. Il a préconisé au moins d’interrompre les réouvertures dans ces États, ainsi que de fermer les lieux clos où se rassemblent de nombreuses personnes, comme les bars.

Le Dr Ali Khan, ancien responsable de la santé aux Centres américains de contrôle et de prévention des maladies aux États-Unis, a été plus direct dans ses commentaires. Il a déclaré à CNN: «Si on ne fait pas les… choses dont nous avons parlé dans le passé pour contrôler cette épidémie, en commençant par les tests et le traçage… la seule option est le confinement».

Ces avertissements font écho à ceux de l’Organisation mondiale de la santé depuis que les pays du monde entier ont commencé à sortir du confinement à la fin du mois d’avril. Ils ont alors fait remarquer que le confinement n’est qu’une mesure temporaire, conçue pour permettre aux systèmes de santé publique de se remettre du choc d’une vague d’infections, ainsi que pour mettre en place des capacités de test et de traçage des contacts en masse.

Si certains États ont pu se remettre de leurs records d’infections et de décès quotidiens, comme New York, d’autres ont continué à voir le nombre de cas augmenter régulièrement. La Californie, par exemple, a mis en place une ordonnance de confinement à domicile depuis le 19 mars, mais a autorisé la réouverture partielle de nombreux types d’entreprises en mai. Il s’agissait notamment de magasins de détail, de restaurants et d’installations de loisirs, ainsi que d’usines et d’autres établissements de fabrication.

Le nombre de nouveaux cas dans l’État a cependant augmenté en flèche au cours du mois dernier. Contrairement à New York, qui a connu une forte baisse du nombre de cas quotidiens, la tendance en Californie n’a été que stable ou à la hausse. Elle a vu le nombre de nouveaux cas augmenter de 275 pour cent depuis le 25 mai et signale désormais plus de nouveaux cas chaque jour que tout autre État, à l’exception du Texas et de la Floride. La Californie est également en tête du pays pour le nombre de décès quotidiens. Mercredi, elle a fait état de 150 décès et jeudi d’au moins 135.

Suite au décompte des décès de mercredi, la directrice de la santé publique du comté de Los Angeles, Barbara Ferrer, a averti: «Nos cas sont en augmentation. Le taux d’infection est en augmentation. Et le nombre d’hospitalisations est en hausse. Et aujourd’hui, nous constatons même une légère augmentation du nombre de décès». Elle ne pouvait qu’admettre: «Tragiquement, nous nous attendons à ce que davantage de nos proches et de nos voisins meurent du COVID-19 dans les prochaines semaines avec toutes les augmentations que nous constatons avec les hospitalisations.»

La ville a de nouveau commencé à limiter les tests. Alors que le dépistage s’était généralisé en mai et partiellement en juin, l’augmentation du nombre de cas a obligé Los Angeles à n’autoriser le dépistage du coronavirus que pour les personnes qui présentent des symptômes ou travaillant dans un espace clos et surpeuplé, et pour celles qui ont été en contact avec une autre personne chez qui la présence du virus a été confirmée. En même temps, les autorités locales ont estimé qu’une personne sur 140 qui vit dans le comté de Los Angeles se trouve infectée par le virus sans le savoir et a désormais beaucoup moins de chances de se faire tester.

La ville de Houston, au Texas, est confrontée à une situation similaire. On déplore plus de 40.000 cas rien que dans le comté de Harris, qui comprend Houston. Alors que le nombre de cas augmente, Houston fait face également à des hôpitaux inondés et à une pénurie de tests. Le manque de personnel et de lits à l’hôpital Lyndon B. Johnson dimanche dernier a fait qu’au moins 10 patients atteints de coronavirus et nécessitant des soins intensifs ont dû attendre aux urgences de l’hôpital en attendant de se faire transférer vers d’autres hôpitaux de la région. La crise croissante a forcé le maire Sylvester Turner à annuler la prochaine convention du Parti républicain du Texas.

Au même moment, les ambulanciers de la ville signalent un nombre croissant de personnes qui meurent chez elles avant de pouvoir recevoir des soins hospitaliers. Un grand nombre de ces décès est sans doute dû au coronavirus. Mais, c’est également probable que beaucoup d’entre eux soient morts d’une crise cardiaque, d’un accident vasculaire cérébral ou d’une autre affection médicale soudaine et dangereuse. En raison du débordement des hôpitaux pendant la pandémie, c’est probable que la condition n’a pas pu se faire traiter à temps.

 

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