Anticapitalistas quitte le gouvernement espagnol du Parti socialiste et de Podemos

Par Alejandro López et Alex Lantier
13 juin 2020

Anticapitalistas, une tendance politique petite-bourgeoise qui a contribué à la fondation du parti Podemos en Espagne en 2014, a annoncé le mois dernier qu'elle quitterait le gouvernement du Parti socialiste (PSOE)-Podemos.

Une colère de masse se développe contre le gouvernement PSOE-Podemos et l'impact désastreux de ses politiques d'austérité et de retour au travail dans la pandémie COVID-19. Le rôle de Podemos marque une autre expérience amère de la classe ouvrière avec les partis dits «populistes de gauche» suite à la trahison du gouvernement proausterité Syriza («Coalition de la gauche radicale») en Grèce.

Anticapitalistas a voté pour quitter le gouvernement cet hiver après une grève contre la réduction des retraites du PSOE-Podemos au Pays basque et des manifestations «gilets jaunes» des agriculteurs espagnols dans les zones rurales.

La déclaration du 14 mai d’Anticapitalistas qui a finalement annoncé son départ du gouvernement a également déclaré que lors d’un vote interne, 89 pour cent de ses membres ont décidé de quitter Podemos également. Elle a affirmé qu’Anticapitalistas allait construire «un mouvement anticapitaliste ouvert à toutes sortes de luttes et d’expériences, nous permettant de regarder l’avenir de manière ouverte».

On doit mettre en garde très fortement contre le rôle réactionnaire qu’Anticapitalistas et ses partis alliés «populistes de gauche», comme les Socialistes démocrates des États-Unis (DSA), la France insoumise (LFI) et le Parti de la gauche en Allemagne, joueront dans les luttes de la classe ouvrière. Les manœuvres d’Anticapitalistas puent le cynisme politique.

Anticapitalistas ne quitte pas Podemos parce que le parti s’oppose à l’une de ses politiques emblématiques: son ordre de retour au travail en pleine pandémie; ses politiques d’austérité; ses liens avec les services de renseignement espagnols; et le corps des officiers; ou encore son emprisonnement de prisonniers politiques nationalistes catalans. En fait, sa déclaration salue le cadre du gouvernement PSOE-Podemos, en déclarant «Bien sûr, nous soutiendrons toutes les avancées réalisées dans ce cadre et nous lutterons ensemble contre l’extrême droite». Elle ajoute que «Cela ne fait aucun doute que nous nous retrouverons dans de nombreuses luttes communes avec les gens de Podemos».

Si le nom d’Anticapitalistas proclame qu’il est «anticapitaliste», il n’en est rien. Le parti quitte Podemos pour servir d’agence politique de l'État capitaliste espagnol, intervenant sur les médias sociaux et dans les manifestations et les grèves hostiles à Podemos pour les espionner et les étrangler. Des luttes de classe explosives se préparent au niveau international dans le contexte de la négligence malveillante de l’élite dirigeante envers la population pendant la pandémie de COVID-19. Une direction politique doit se construire dans la classe ouvrière qui est opposée de manière irréconciliable aux groupes petit-bourgeois pro-impérialiste comme Anticapitalistas.

Le départ d’Anticapitalistes de Podemos est une opération d’État qui a été longuement débattue et soigneusement mise en scène. En février, Anticapitalistas a annoncé qu’il ne se présenterait pas à la Troisième Assemblée d’État citoyenne de Podemos, le principal organe de direction du parti, le 21 mars. Cette annonce a été largement interprétée comme un signe que la tendance quittait Podemos. Ensuite, une vidéo commune a été diffusée, montrant la dirigeante d’Anticapitalistas, Teresa Rodríguez, et le secrétaire général et vice-premier ministre de Podemos, Pablo Iglesias.

Dans la vidéo, Rodríguez a signalé en langage féministe qu’Anticapitalistas quitterait Podemos, mais resterait politiquement proche de ce parti: «Je crois qu’en politique comme dans la vie, il y a des manières de se séparer qui sont agressives, violentes et patriarcales. Puis, il y a des manières civilisées, respectueuses, empathiques et même aimantes, qui sont les plus saines et qui sont possibles et peuvent se construire en politique. C’est la signification du message que nous envoyons aujourd’hui».

Iglesias a répondu en félicitant Rodríguez pour avoir donné «un exemple de la façon de faire les choses correctement», répétant: «Il n’y a pas d’adieu, seulement des “à bientôt”.»

Dans les mois qui ont suivi, Podemos a permis à Anticapitalistas de recevoir des subventions de l'État par l'intermédiaire de ses représentants locaux, régionaux, nationaux et européens. Les membres anticapitalistas de Podemos, comme le député européen Miguel Urbán et le maire de Cadix José María González, ont continué à occuper leurs postes.

Rodríguez dirige elle-même Anticapitalistas et En avant Andalousie, une coalition électorale régionale en Andalousie entre Podemos, la Gauche unitaire stalinienne et les nationalistes andalous. On l’a autorisée à garder le contrôle de l’organisation même après que’Anticapitalistas ait techniquement quitté Podemos, car toutes ces organisations continuent de travailler côte à côte dans une même plateforme électorale. Cela permet à Anticapitalistas de garder le contrôle d’une subvention annuelle de 1,7 million d’euros pour financer ses opérations.

Anticapitalistas continuera à travailler avec Podemos et à recevoir des fonds de plusieurs de ces fronts électoraux sur les plans local et régional.

Tentant de donner un vernis «de gauche» à cette opération politique, Anticapitalistas présente son départ de Podemos comme faisant partie d’une lutte antifasciste. Rodríguez a déclaré dans le magazine en ligne de son organisation, Viento Sur: «Mettre tous ses œufs dans le panier du co-gouvernement [avec le PSOE], c’est laisser l’opposition aux forces de droite… Dans d’autres pays européens, le côté sombre des gouvernements de coalition avec la social-démocratie se trouvait dans la croissance de l’extrême droite. Lorsque nous quittons l’espace d’opposition à l’extrême droite, nous nous trompons, car nous les faisons grandir alors que notre espace se réduit».

L’affirmation d’Anticapitalistas selon laquelle il combat l’extrême droite est un mensonge. Cela vise à convaincre les jeunes et les travailleurs de gauche désabusés par Podemos qu’ils ont le devoir de soutenir le programme d’Anticapitalistas.

En fait, Anticapitalistas a constamment cherché à bloquer un mouvement indépendant de la classe ouvrière et à enchaîner les travailleurs au PSOE, y compris en acquiesçant aux politiques d’extrême droite lorsqu’il était au gouvernement. Le commentaire de Rodríguez selon lequel Podemos laisse l’opposition à l’extrême droite souligne simplement qu’Anticapitalistas n’a pas été et n’est pas une tendance d’opposition. Cela justifie les avertissements du Comité international de la Quatrième Internationale (CIQI) à propos de ces groupes de pseudo-gauche.

La crise en Grèce a illustré le plus clairement la relation réelle des partis «populistes de gauche» avec l’extrême droite. L’allié grec de Podemos, Syriza, a formé sa coalition gouvernementale avec un parti d’extrême droite, les Grecs indépendants (ANEL), après avoir remporté les élections de 2015. Le député anticapitaliste Miguel Urbán l’a ensuite salué comme «le premier gouvernement que l’on peut qualifier de digne en Europe depuis la crise, le seul qui défende les intérêts du peuple… C’est pourquoi nous devons le défendre comme le nôtre».

Peu après cette déclaration en juin 2015, Syriza a imposé un ensemble de mesures d’austérité plus sévères que tout autre gouvernement dans l’histoire moderne. De surcroît, il a mené la politique anti-réfugiés la plus draconienne d’Europe et a vendu des armes à la monarchie saoudienne pour sa guerre génocidaire au Yémen. L’année dernière, un électorat frustré et appauvri a jeté Syriza dehors.

Ce n’est pas une surestimation, mais un avertissement tout à fait justifié pour appeler des tendances comme Anticapitalistas des agents politiques de l’État. Rodríguez donne à Podemos des rapports «affectueux» sur les travailleurs et les jeunes engagés dans la lutte. Elle s’adresse à un parti dont le chef, le vice-premier ministre Pablo Iglesias, siège à l’organe directeur du Centre national de renseignement (CNI). Cette organisation sécuritaire a été créée par le dictateur fasciste Francisco Franco en 1972 pour réprimer l’opposition de gauche.

Parmi les autres membres importants du Podemos figurent d’anciens juges et fonctionnaires de police ainsi que l’ancien chef de l’état-major général des forces armées, le général Julio Rodríguez. Ce dernier a dirigé la participation espagnole à la guerre sanglante de l’OTAN en Libye en 2011, qui a fait 30.000 morts. La cible des «luttes communes» que Rodríguez organisera conjointement avec Podemos n’est pas l’aristocratie financière, mais la classe ouvrière.

La théorie des «partis de la gauche élargie» d’Anticapitalistas et la fondation de Podemos

L’évolution d’Anticapitalistas, et de Podemos depuis sa fondation en 2014, n’est pas le résultat d’une erreur tactique. Leur intégration dans l’appareil d’État policier est le résultat nécessaire de leur orientation de classe réactionnaire. Ils reflètent les intérêts matériels des couches aisées des bureaucraties universitaires et syndicales, qui trouvent une expression théorique dans leur conception de la construction d’un mouvement politique. Rejetant une perspective internationale et marxiste historiquement ancrée, ils recherchent des alliances sans principes pour des manœuvres dans le cadre de la politique nationale. Ils sont organiquement incapables de s’opposer par principe aux politiques de droite. Ils n’ont pas pu s’opposer aux mesures d’austérité qui ont conduit à un effondrement catastrophique des systèmes d’alerte et de soins de santé au milieu d’une pandémie mortelle.

Leur conception a été formulée dans les appels à construire de «partis de la gauche élargie» avancés par Anticapitalistas et ses affiliés sur le plan international. Leur affilié français, le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), a peut-être donné la déclaration la plus claire de cette perspective et de son rejet du trotskysme. En 2009, il a déclaré:

«Le NPA ne revendique pas de filiation spécifique avec le trotskysme, mais une continuité avec celles et ceux qui ont affronté jusqu’au bout le système depuis deux siècles. Le NPA est un parti pluraliste et démocratique. [Il y a eu] le processus constituant [qui] a commencé «par en bas», puis il y a eu un réel élargissement politique avec la participation de camarades venant de diverses composantes du mouvement social, de la gauche antilibérale, de l’écologie politique, de camarades issus du PS [le Parti socialiste, parti de gouvernement bourgeois], du PCF [le Parti communiste français, son principal partenaire de coalition], du mouvement libertaire, de la gauche révolutionnaire. Sans s’affadir, le NPA a tout à gagner en s’ouvrant plus encore.»

C’est-à-dire, le NPA s’est allié à des partis staliniens qui ont soutenu la dissolution de l’Union soviétique et la restauration du capitalisme, et à des partis bourgeois qui ont imposé des décennies d’austérité et de guerre.

Anticapitalistas et Podemos ont suivi cette orientation pratiquement à la lettre. Il suffit de traduire les noms des partis du français vers l’espagnol. François Sabado du NPA a souligné qu’un parti de «la gauche élargie» ne se réduit pas «à l’unité des révolutionnaires». Mais la déclaration la plus claire sur la nature de ces partis est peut-être venue de la filiale danoise du NPA, l’Alliance rouge-vert (RGA).

Dans un essai sur les partis anticapitalistes de «la gauche élargie» publié en 2010, Bertil Videt, membre éminent de la RGA, a écrit: «Les partis politiques sont bien sûr des cibles mouvantes, qui sont difficiles à capturer et à catégoriser… Nous n’avons aucune garantie. Un parti anticapitaliste pourrait être tenté par le goût du pouvoir. Un risque existe toujours qu’il abandonne ses grands principes, comme l’a fait le Parti communiste italien de la refondation, qui a soutenu l’intervention militaire italienne en Afghanistan et les bases américaines en Italie».

Une telle organisation politique, qui se déclare prête à trahir les «grands principes» qu’elle affirme en public, est une fraude réactionnaire qui se présente comme «de gauche» tout en s’orientant vers l’impérialisme. Cette appréciation se confirme par la trajectoire de Syriza et le soutien du NPA aux guerres impérialistes en Libye et en Syrie.

En fin de compte, l’un des «grands principes» que ces partis ont trahis est l’antifascisme que Rodríguez présente maintenant comme la raison de principe supposée d’Anticapitalistas pour quitter Podemos. Au début de 2014, avant la fondation de Podemos, le NPA a soutenu le putsch aussi soutenu par la CIA en Ukraine, dirigé par la milice fasciste du Secteur droit. Le NPA a prétendu qu’elle allait construire «l’aile de gauche du Secteur droit».

Ce sont ces fondations politiques complètement pourries sur lesquelles un ensemble d’agents des médias de la classe moyenne, de professeurs de sciences politiques et de bureaucrates syndicaux ont construit Podemos.

Podemos a été fondé en 2014 comme un piège politique pour les jeunes qui protestaient contre les politiques d’austérité de l’Union européenne (UE) après le déclenchement des luttes révolutionnaires de la classe ouvrière en Égypte en 2011. Imitant les centaines de milliers d’ouvriers et de jeunes qui ont occupé la place Tahrir au Caire, des milliers de jeunes des villes ont occupé les places de Madrid, Barcelone et d’autres villes d’Espagne. Le mouvement 15M, ou «indignados», a été déclenché par des manifestations à la Puerta del Sol à Madrid le 15 mai 2011. Les organisations qui ont préparé cette rencontre étaient des associations comme «Real Democracy Now» (la vraie démocratie maintenant) et «Youth Without Future» (Jeunesse sans avenir). Ils ont travaillé en étroite collaboration avec Anticapitalistas, qui à l’époque s’appelait elle-même la Gauche anticapitaliste (IA).

La Gauche anticapitaliste a mis en avant une rhétorique postmoderniste qui rejetait la classe ouvrière et indiquant son ouverture à des alliances sans principes dans le but de s’adresser davantage aux couches petites-bourgeoises du mouvement 15M et de gagner le soutien de son initiative Podemos «parti de la gauche élargie».

Des sources de l’IA ont déclaré à El Diario que Podemos «n’est pas tant une initiative de l’IA qu’une initiative d’une partie de sa direction qui a pu être lancée grâce à certains sondages réalisés avec des membres de la Fondation CEPS et des membres de Jeunesse sans avenir». Le Centro de Estudios Políticos y Sociales (CEPS) a permis à des professeurs staliniens comme Pablo Iglesias de recevoir de gros chèques de paie de gouvernements nationalistes bourgeois du Venezuela et de l’Équateur pour des services d’expertise.

La principale préoccupation de l’IA lors de la fondation de Podemos était l’opposition croissante des travailleurs au PSOE et à son bilan de plusieurs décennies d’austérité et de guerre, ainsi qu’à son allié, la Gauche unie (IU) stalinienne. Le bulletin de l’IA a souligné que le facteur clé dans la fondation de Podemos était «la présence d’une série de personnalités qui avaient une présence médiatique comme visage public du projet pour permettre à Podemos de rejoindre les sections de la population de gauche qui étaient insatisfaites des organisations traditionnelles».

Le document déplorait «le glissement vers la droite de l’IU, qui prépare de plus en plus ouvertement un gouvernement «de gauche» avec le PSOE».

Les arguments de l’IA étaient une fraude politique. Elle se plaignait de l’alliance de l’IU avec le PSOE, mais elle s’efforçait de lier les jeunes et les travailleurs à la social-démocratie et à l’impérialisme. C’est la seule perspective que Podemos elle-même ait jamais sérieusement poursuivie après sa fondation, comme l’avait prévenu le WSWS à l’époque. Le projet Podemos d’Anticapitalistas, a écrit le WSWS, visait à «empêcher une rébellion de la classe ouvrière contre les partis sociaux-démocrates et la bureaucratie syndicale et à canaliser le mécontentement dans des formations supposées radicales, mais procapitalistes».

Dans Pablo Iglesias, Anticapitalistas a trouvé un leader pour leur fonctionnement: un professeur stalinien et un pseudo journaliste qui n’a jamais caché son mépris pour la classe ouvrière. Santiago Carrillo et lui s’appelaient chacun par leur prénom. Carrillo était le dirigeant de longue date du Parti communiste espagnol (PCE) stalinien. En 2012, Iglesias a écrit une nécrologie favorable à Carrillo, qui avait aidé et encouragé l’enlèvement et le meurtre par les staliniens des trotskystes et d’Andrés Nin, le leader du Parti ouvrier de l’unification marxiste (POUM) centriste pendant la guerre civile espagnole de 1936-1939. Quarante ans plus tard, il a coécrit la Constitution espagnole de 1978 avec les autorités fascistes franquistes.

Le titre de la nécrologie d’Iglesias pour ce boucher de la révolution espagnole était: «Malgré tout, Santiago était l’un des nôtres. Maintenant et pour toujours».

En 2013, juste avant la fondation de Podemos, Iglesias a écrit un article dans Público dans lequel il rejette le rôle révolutionnaire de la classe ouvrière. «Pendant longtemps, en Europe, la classe ouvrière a représenté une énorme masse de la population salariée», écrit-il, ajoutant que pendant cette période, elle «représentait un sujet en marche vers le progrès». Il a ensuite écrit: «Mais l’emploi a changé».

Aujourd’hui, affirme-t-il, «ceux qui sont à la base de la structure économique ne sont pas réductibles à une seule unité symbolique». Il a continué: «seule la myopie d’une certaine gauche peut insister pour les regrouper tous sous l’étiquette de travailleurs…».

Les liens d’Iglesias et d’Anticapitalistas avec les hautes personnalités de l’État et leur hostilité à la classe ouvrière les ont bien préparés à jouer un rôle réactionnaire dans la crise mondiale qui a éclaté peu après la fondation de leur parti.

En décembre 2015, le duopole entre le PSOE et le Parti populaire (PP) de droite, qui avait dominé la politique électorale espagnole depuis la fin du régime franquiste, s’est effondré. Les élections de 2015 ont produit un parlement sans majorité et un vote divisé entre le PP, le PSOE, Podemos et le Parti des citoyens de droite. Pendant les élections successives et non concluantes en juin 2016, avril 2019 et novembre 2019, les discussions au sein de Podemos se sont concentrées de manière obsessionnelle sur la façon de mettre en place une coalition gouvernementale avec le PSOE.

Anticapitalistas, Podemos et la légitimation de la politique fasciste

Alors que Rodríguez présente la sortie d’Anticapitalistas de Podemos comme une initiative pour combattre l’extrême droite, l’entrée et la sortie soigneusement programmées de sa tendance au gouvernement servent un objectif tout autre. Ces mouvements sont chorégraphiés pour éviter que la colère sociale croissante de la classe ouvrière contre les politiques fascistes n’éclate contre Podemos et Anticapitalistas eux-mêmes. Tandis qu’Anticapitalistas colporte des illusions sur la possibilité que Podemos peut être «revigoré» par son intégration dans les «mobilisations sociales», Podemos, en fait, s’est accommodé des politiques d’État policier de la bourgeoisie espagnole et européenne et les appuie.

En 2017, durant l’intensification du conflit entre Madrid et les autorités régionales catalanes de Barcelone sur la manière de mettre en œuvre les politiques d’austérité drastiques de l’UE, la bourgeoisie espagnole a essayé de faire face à la crise politique causée par l’effondrement de son précédent système bipartite. Saisissant l’occasion du référendum d’indépendance catalan d’octobre 2017, elle a cherché à faire évoluer le cadre de la politique bourgeoise vers la droite afin de légitimer à nouveau le franquisme et de mettre en place un régime d’État policier.

Avant le référendum, le gouvernement minoritaire du PP qui avait finalement émergé des élections de juin 2016 a mobilisé des milliers de policiers; arrêté des fonctionnaires catalans; fermé des centaines de sites web; saisi des millions d’affiches et de tracts; fermé des imprimeries et interdits des réunions. Le jour du référendum, le PSOE a ouvertement soutenu le PP lorsqu’il a déclenché de violentes émeutes policières contre des électeurs pacifiques. Plus de 1.000 personnes ont été blessées, dont des femmes âgées qui avaient été battues par la Guardia Civil.

Le PSOE a soutenu l’attaque du PP en Catalogne, alors que la classe dirigeante espagnole travaillait frénétiquement à légitimer l’État policier et les politiques fascistes. Une douzaine d’hommes politiques nationalistes catalans ont été emprisonnés comme prisonniers politiques sous de fausses accusations de rébellion et de sédition. Le parti Vox profranquiste, qui était auparavant une force insignifiante, a reçu une couverture médiatique complète alors que la bourgeoisie attisait l’hystérie anti-catalane et le nationalisme espagnol. Des préparatifs se sont réalisés et discutés publiquement dans les médias pour mobiliser les troupes d’infanterie blindées espagnoles afin d’attaquer Barcelone.

Ni Podemos ni sa fraction Anticapitalistas n’ont réagi à l’offensive déclenchée par le PP en s’opposant à ces politiques fascistes. Au contraire, ils ont intensifié la pression en faveur d’une alliance avec le PSOE, le grand capital, tandis que le PSOE soutenait l’attaque du PP en Catalogne. Iglesias a lancé un appel au leader du PSOE, Pedro Sánchez: «Nous avons besoin d’un parti socialiste qui trouve sa propre voie, loin de celle, réactionnaire et autoritaire, du PP. Camarade Sánchez, ne tombez pas dans le piège d’un front commun avec le PP!»

En 2018, face à l’opposition populaire croissante au PP et à sa politique dure en Catalogne, Podemos a organisé une manœuvre parlementaire pour évincer le PP et le remplacer par un gouvernement minoritaire du PSOE. Anticapitalistas a salué cette manœuvre, admettant que le PSOE n’était «pas une véritable alternative», mais affirmant qu’il serait davantage soumis à «une forte pression dans les institutions et les rues» de la part de Podemos.

Le gouvernement du PSOE, soutenu par Podemos, a poursuivi le budget d’austérité du PP, a offert des milliards d’euros à l’armée, a attaqué les migrants et a poursuivi la campagne fasciste anti-catalane. Il a permis à Vox de se joindre officiellement à son procureur pour poursuivre les fonctionnaires catalans sous de fausses accusations de rébellion violente pour avoir organisé le référendum pacifique de 2017. En juin, la Cour suprême a rendu un jugement extraordinaire en l’honneur de «don Francisco Franco», déclarant que son coup d’État fasciste de 1936 qui a déclenché la guerre civile espagnole avait fait de lui le dirigeant «légitime» de l’Espagne à partir de sa déclaration du 1er octobre 1936.

Tout au long de cette période, les initiatives d’Anticapitalistas s’orientent non vers l’opposition à la trajectoire fasciste de la classe dirigeante, mais plutôt vers la sauvegarde des intérêts stratégiques essentiels du capital financier espagnol et européen. Ceci comprenait non seulement la poursuite des mesures d’austérité qui visaient la classe ouvrière, mais surtout les efforts pour éviter de révéler trop ouvertement qu’Anticapitalistas était une tendance réactionnaire qui soutenait des politiques d’extrême droite, ce qui aurait pu provoquer des tentatives de construire une alternative politique s’opposant à Anticapitalistas et à Podemos depuis la gauche.

Lorsque les partis nationalistes catalans ont menacé, début 2019, de s’opposer au budget, le gouvernement du PSOE a convoqué de nouvelles élections dans une tentative désespérée et finalement ratée de consolider son soutien. Au lendemain des élections d’avril 2019, qui ont produit un nouveau parlement en difficulté, un débat acharné a éclaté au sein de la classe dirigeante espagnole sur la manière de constituer un gouvernement. Le PSOE était déterminé à annoncer une sentence draconienne après le simulacre de procès des prisonniers nationalistes catalans, en octobre 2019, conformément aux demandes de forces fascistes comme Vox.

Alors que des factions de Podemos ont plaidé pour entrer directement au gouvernement avec le PSOE pendant l’été, Anticapitalistas a finalement remporté le débat. Ils ont appelé à la prudence, conseillant à Podemos d’attendre et de ne pas entrer immédiatement dans un gouvernement dirigé par le PSOE. Anticapitaslistas était prêt à soutenir l’adaptation de Podemos au PSOE et à Vox, mais a insisté sur le fait que cela ne devait pas être perçu comme tel.

Cet argument a été défendu explicitement par le professeur Jaime Pastor, un membre important d’Anticapitalistas, après que Podemos ait rompu les négociations gouvernementales avec le PSOE et que les élections de novembre 2019 aient été convoquées. À Viento Sur, il a expliqué pourquoi il s’opposait à la participation de Podemos à un gouvernement avec le PSOE avant la fin de 2019: «C’était difficile de penser que Podemos ait pu développer des politiques de gauche depuis l’intérieur du gouvernement. D’autre part, par son silence, il n’aurait pu qu’admettre qu’il était complice des politiques de droite sur les questions économiques et sociales et des politiques répressives en Catalogne».

Pastor ne s’est pas opposé à entrer dans un gouvernement dirigé par le PSOE et à être complice des politiques de droite, ce qui est, en effet, ce qu’Anticapitalistas a continué à faire. Il a plutôt insisté sur le fait qu’Anticapitalistas et Podemos ne pouvaient le faire qu’après de nouvelles élections et après que le PSOE ait réprimé les protestations de masse qui allaient certainement éclater en Catalogne contre l’emprisonnement des prisonniers politiques catalans. Cela permettrait d’éviter d’associer ouvertement Anticapitalistas à la répression fasciste du PSOE en Catalogne. Anitcapitalistas pourrait alors se joindre aux politiques d’austérité, de militarisme et d’attaques contre les droits démocratiques comme la loi de censure sur le «bâillon numérique», espérant ainsi éviter de provoquer une opposition incontrôlée sur sa gauche.

Comme l’a dit Pastor, cela «nous permet de forcer la direction du PSOE à accepter des engagements publics sur des points d’accord minimaux… En même temps on pourrait garantir notre indépendance politique et développer une opposition ferme au sein du parlement et dans les mouvements populaires. Le but est de pouvoir nous démarquer, dépasser ou affronter ce parti, le régime et l’austérité de l’UE si jamais c’est nécessaire».

Bien entendu, aucune trace d’«indépendance politique» ou d’«opposition ferme» n’existait dans les politiques menées par Anticapitalistas. Une fois que les nationalistes catalans ont été emprisonnés sur de fausses accusations et que les protestations de masse qu’elles avaient provoquées se sont apaisées, Anticapitalistas a gaiement rejoint le nouveau gouvernement le 12 novembre 2019. Quelques jours après l’accord PSOE-Podemos, Raul Camargo, membre d’Anticapitalistas, a déclaré à Europapress qu’Anticapitalistas serait «vigilant» et jugerait le gouvernement «pour ses actions».

Anticapitalistas a finalement décidé de quitter le gouvernement quelques mois plus tard, alors que la recrudescence de la lutte de classe internationale s’étendait à l’Espagne. Sur le plan international, des grèves avaient éclaté dans les industries automobiles américaine et mexicaine, contre les réductions des retraites du président français Emmanuel Macron et contre les lois antimusulmanes en Inde. En Espagne, une grève générale au Pays basque a paralysé la région sous le slogan «Emplois, pensions et vies décentes» et a été suivie de manifestations d’agriculteurs qui dénonçaient le gouvernement PSOE-Podemos.

Craignant toujours d’être démasqué, Anticapitalistas a rapidement annoncé qu’il quitterait le gouvernement. Essayant de fabriquer une raison pour le faire, il a critiqué absurdement Podemos de ne pas s’opposer au gouvernement dont il fait partie: «La direction actuelle de Podemos a rejeté notre proposition d’investir le PSOE [au pouvoir] et d’aller dans l’opposition pour continuer à se battre afin de construire un projet qui articule une majorité constituante». Ils ont annoncé qu’ils tiendraient un débat interne sur son appartenance à Podemos tout en «essayant de promouvoir un nouveau cycle de luttes qui évite de vider les rues».

Anticapitalistas était prêt à quitter le gouvernement lorsque la pandémie de COVID-19 a perturbé ses plans. Le vote de départ a eu lieu le 28 mars, mais ce n’est que le 14 mai qu’il a annoncé publiquement son départ. Selon sa déclaration, «nous avons décidé d’attendre jusqu’à aujourd’hui pour rendre cette décision publique; notre priorité a été de nous occuper de la pandémie COVID-19 qui frappe très durement notre pays et qui affecte les secteurs les plus vulnérables des classes populaires».

La priorité du gouvernement espagnol n’a cependant pas été de s’occuper des malades. La pandémie a mis à nu le gouvernement PSOE-Podemos et les gouvernements sur le plan international, alors que les systèmes de soins de santé débordaient en raison des coupes sociales et qu’ils travaillaient avec les syndicats pour forcer des millions de travailleurs à retourner au travail sans équipement de protection, tout en renflouant les banques et les grandes entreprises.

Depuis début mai, le gouvernement PSOE-Podemos a levé les mesures de confinement, sachant que cela provoquerait de nouvelles épidémies qui font des milliers de victimes. Près de 50.000 décès supplémentaires sont imputables à l’épidémie en Espagne, les hôpitaux privés de financement par l’austérité, y compris celle imposée par Podemos, ont été submergés par les victimes du COVID-19.

Pourquoi Anticapitalistas a-t-il attendu sept semaines avant de quitter le gouvernement? Il n’a fourni aucune explication claire. Il est cependant évident que s’ils avaient quitté le gouvernement au début de la pandémie, en dénonçant Podemos et son bilan, cela aurait été perçu comme une déclaration d’opposition au gouvernement et à son bilan désastreux sur la pandémie. Cela ne faisait pas partie du plan pour la séparation «affectueuse» avec Podemos. Et donc, une fois qu’il a attendu suffisamment longtemps après le début de la pandémie, il s’est éclipsé.

Une fois qu’Anticapitalistas croit que le moment est venu, il commencera à se présenter, à tort, comme une force d’«opposition» au gouvernement qu’il a récemment quitté.

Où va Anticapitalistas?

La pandémie de COVID-19 a déjà provoqué le plus grand massacre d’emplois et le plus grand effondrement économique depuis la Grande Dépression des années 1930. Des centaines de millions de personnes dans le monde ont perdu leur emploi. Des attaques sociales massives se préparent alors même que les banques et les grandes entreprises se trouvent submergées par des milliers de milliards de dollars et d’euros de la part des gouvernements et des banques centrales. Selon la banque centrale espagnole, le pays devrait mettre en place des mesures d’austérité brutales dans les dix prochaines années, pour un montant d’environ 60 milliards d’euros, soit 6 milliards d’euros par an.

Sur la pandémie, Camargo a souligné que, comme auparavant, Anticapitalistas va promouvoir de larges alliances avec toutes sortes d’organisations réactionnaires bourgeoises ou petites-bourgeoises: «L’essentiel pour nous est de former un bloc social très large pour faire face à ce qui va venir, à ce qui se profile… Cela va être sauvage. Dans ce contexte, la chose la plus importante sera l’articulation d’un bloc social pluriel pour répondre aux actes d’agression qui auront sans doute lieu».

Les politiques mises en œuvre par le gouvernement PSOE-Podemos alors qu’Anticapitalistas en faisait partie montrent les mesures répressives qu’Anticapitalistas est prête à soutenir contre les travailleurs. Le gouvernement du PSOE-Podemos a répondu aux grèves des métallurgistes et aux protestations des livreurs de Glovo contre les conditions de travail dangereuses en déployant la police antiémeute. Il a également interdit les manifestations et les rassemblements, arguant cyniquement que les considérations sanitaires devaient prévaloir sur le droit de manifester – tout en renvoyant des millions de travailleurs au travail en pleine pandémie. Grâce à sa loi sur le «bâillon numérique», la police et l’armée surveillent les médias sociaux et intensifient la censure électronique de masse.

Camargo a signalé dans son interview qu’Anticapitalistas ne s’oppose pas à ce bilan. À la question de savoir s’il pense qu’Iglesias a trahi les «principes originaux de Podemos», Camargo a répondu de manière évasive: «Je n’utiliserais pas ces mots. Nous pensons que le Podemos actuel n’est pas le Podemos original».

Le dossier d’Anticapitalistas, de Podemos et de leur gouvernement en Espagne fournit des preuves irréfutables de l’hostilité des partis «populistes de gauche» envers la classe ouvrière. La période où ces organisations utilisaient leurs liens avec les partis staliniens pour se présenter faussement comme étant liées à la Révolution d’octobre ou au marxisme est depuis longtemps révolue. C’est de plus en plus évident que leur trahison sans limites est liée à leur défense de l’État capitaliste, c’est-à-dire à leur opposition de classe au marxisme.

Leurs théoriciens rejettent aujourd’hui explicitement une lutte révolutionnaire de la classe ouvrière pour le socialisme. Dans sa brochure de 2018, pour un populisme de gauche, l’auteure postmoderniste et associée de Syriza et Podemos, Chantal Mouffe, a déclaré que «ce qu’on a besoin de toute urgence, c’est une stratégie populiste de gauche qui vise à construire un «peuple». Elle doit combiner la variété des résistances démocratiques contre la post-démocratie afin de construire une formation hégémonique plus démocratique… Je soutiens que cela n’exige pas une rupture «révolutionnaire» avec le régime démocratique libéral».

En fait, la pandémie, les guerres impérialistes, la répression policière et les niveaux obscènes d’inégalité sociale produits par l’austérité de l’UE sont la preuve de la faillite et de l’inhumanité du système capitaliste. Ils sont également la preuve irréfutable que la perspective nationaliste avancée par Anticapitalistas est une impasse pour la classe ouvrière. Ces organisations, totalement orientées vers leur participation à des gouvernements bourgeois nationaux, n’ont rien à dire dans des conditions où chaque grand problème – le contrôle de l’industrie et des marchés financiers mondialisés, la pandémie, la guerre, les inégalités sociales, les changements climatiques – se présente comme un problème international.

L’adoption de l’étiquette «populiste de gauche» par ces partis aujourd’hui ne fait que souligner que leur prétention antérieure à être «post-marxistes» ne représentait pas une tentative de poursuivre les traditions marxistes de lutte révolutionnaire de la classe ouvrière, mais plutôt une répudiation de celles-ci.

L’opposition du Comité international de la Quatrième Internationale à Anticapitalistas, qui est basée sur une lutte pour l’internationalisme prolétarien et l’indépendance politique de la classe ouvrière, n’est pas une dispute fractionnelle ou tactique. Il s’agit plutôt de l’opposition de principe d’une organisation trotskyste, défendant l’héritage historique du marxisme et cherchant à fournir une direction révolutionnaire à la classe ouvrière internationale, contre les défenseurs réactionnaires petits-bourgeois du capitalisme. C’est la tendance qui doit se construire en Espagne et dans les pays du monde entier pour armer la classe ouvrière pour la lutte contre les organisations réactionnaires «populistes de gauche».

Le CIQI s’oppose de manière irréconciliable non seulement à Anticapitalistes, mais aussi aux autres tendances populistes petites-bourgeoises qui n’ont pas réussi à rejoindre Podemos, mais qui sautent maintenant sur l’occasion de faire une alliance avec Anticapitalistas et de désamorcer l’opposition au gouvernement.

Le départ d’Anticapitalistas de Podemos a mis à nu des groupes comme le Corriente Revolucionaria de Trabajadores y Trabajadoras moréniste (Courant révolutionnaire des travailleurs et travailleuses – CRT), le parti frère du Parti socialiste ouvrier argentin (PTS). Le jour même où les anticapitalistas pablistes publiaient leur déclaration, la CRT publiait une déclaration intitulée: «Une lettre à la gauche révolutionnaire de l’État espagnol: faisons des avancées vers un parti unifié de la gauche révolutionnaire, de la classe ouvrière, des femmes et des jeunes».

La CRT a salué Anticapitalistas, spéculant absurdement qu’il allait rompre avec le capitalisme. Elle lui a demandé de former un «pôle» révolutionnaire qui regrouperait Anticapitalistas, la CRT et les organisations nationalistes catalanes et basques. La CRT a affirmé qu’«un pôle révolutionnaire comme celui que nous nous proposons de construire permettrait également de convaincre d’autres organisations à la gauche du néo-réformisme, telles que nos camarades des Anticapitalistas, de rompre définitivement avec la gestion de l’État capitaliste et les projets de recherche d’unité avec le réformisme de gauche».

Ceci est absurde. Anticapitalistas ne cherche pas à réaliser un programme de gauche, pas plus qu’il ne met en œuvre des réformes pour améliorer le niveau de vie des travailleurs. C’est un parti de gouvernement capitaliste qui s’est efforcé de réduire le niveau de vie, de faire la guerre, d’attaquer les droits démocratiques et de bloquer l’opposition de la classe ouvrière au programme fasciste de la bourgeoisie. Qu’Anticapitalistas rejoigne ou non une coalition de partis qui comprennent de misérables charlatans comme la CRT, il restera un défenseur endurci du capitalisme. En effet, la référence de la CRT à Anticapitalistas en tant que «camarades» souligne que la CRT se trouve elle-même une aile à peine déguisée de Podemos et de l’État capitaliste.

La question décisive à laquelle font face les travailleurs et les jeunes en Espagne et dans le monde qui cherchent à lutter contre les effets de la pandémie de COVID-19; de l’austérité sociale; de la guerre et de la répression militaro-policière est d’assurer leur indépendance politique vis-à-vis de ces forces de la classe moyenne. En confondant les travailleurs avec une perspective nationaliste impuissante, et en informant des fonctionnaires comme Iglesias qui sont directement liés aux cercles des renseignements et de la police, elles s’efforcent d’étrangler et de démoraliser les travailleurs et les jeunes.

Le bilan réactionnaire d’Anticapitalistas souligne que la question stratégique décisive aujourd’hui est de construire le CIQI comme la direction révolutionnaire de la classe ouvrière. Cela nécessite la construction de sections du CIQI en Espagne et au niveau international, sur la base des expériences politiques colossales incarnées dans son histoire, pour mener une lutte sans compromis contre des groupes comme Anticapitalistas.

(Article paru en anglais le 11 juin 2020)

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