La Chine, la Corée du Sud et l'Allemagne signalent de nouvelles éruptions du COVID-19

Par Bryan Dyne
12 mai 2020

La Chine, l'Allemagne et la Corée du Sud ont toutes signalé de nouvelles éruptions importantes de COVID-19 après avoir assoupli les confinements. Cela a déclenché des avertissements que les efforts pour lever le confinement en Europe et aux États-Unis risquent de voir une nouvelle forte résurgence de la maladie.

Il y a maintenant près de 4,2 millions d'infections du coronavirus signalées dans le monde et un peu moins de 284 000 décès. Le nombre de nouveaux cas quotidiens est passé d'une phase basse de deux semaines le 27 avril, à environ 66 000 cas, à plus de 80 000 dimanche. La pandémie continue de se propager depuis ses épicentres actuels en Europe occidentale et aux États-Unis vers l'Afrique, l'Amérique du Sud, l’Asie du Sud et les pays de l'ex-Union soviétique.

Deux nouveaux foyers de coronavirus ont été signalés en Chine au cours du week-end, et une seule éruption plus importante à Séoul, en Corée du Sud. Parallèlement, le gouvernement allemand a signalé que des éruptions régionales avaient recommencé à croître de façon exponentielle.

Des fossoyeurs portant des combinaisons de protection enterrent une victime du COVID-19 alors que parents et amis se tiennent à une distance de sécurité, dans les environs de Saint-Pétersbourg, en Russie. (Photo AP / Dmitri Lovetsky)

Ces nouveaux foyers comprennent 14 nouveaux cas découverts en Chine le 4 mai, dont un dans la province du Hubei, l'épicentre initial de la pandémie. Cela est particulièrement préoccupant étant donné que le nombre de nouveaux cas en Chine était à chiffre unique au cours des semaines précédentes. Cela était du au verrouillage du pays de janvier à mars et des politiques strictes de test, de quarantaine et de recherche des contacts, ainsi qu’a l’imposition de l'utilisation d'équipements de protection individuelle dans la fonction publique, chez les agents de santé et les citoyens.

Le foyer de la Corée du Sud est apparu après qu'un patient de 29 ans de la ville de Yongin s’était rendu dans cinq boîtes de nuit dans le district d'Itaewon le 1er mai, puis avait visité les provinces voisines de Gyeonggi et Gangwon avant de tester positif. Il est entré en contact avec plus de 1300 personnes, dont au moins 54 ont maintenant contracté l'infection. Ce nombre devrait augmenter à mesure que le gouvernement sud-coréen continue de suivre l'évolution de l'éruption. En réponse, les boîtes de nuit et les lieux similaires du pays ont tous été fermées jusqu’à nouvel ordre.

Bien qu'aucun nouveau foyer majeur n'ait été signalé en Allemagne, l'Institut Robert Koch, qui surveille la propagation de la pandémie, a noté que le taux de reproduction du virus dans le pays était passé à 1,1 la semaine dernière, ce qui signifie que le nombre de nouveaux cas augmente à nouveau.

Dans les trois pays, les nouveaux cas de coronavirus surviennent après la levée partielle des mesures de confinement. L'Allemagne a d'abord autorisé la réouverture des musées, monuments, jardins botaniques, parcs et zoos, ainsi que les lieux de cultes le 30 avril, tandis que le Hubei et la Chine dans son ensemble avaient commencé à relâcher les mesures de verrouillage les plus strictes à la mi-avril. Et tandis que les cas en Chine et en Allemagne n'ont pas encore été directement liés aux mesures prises pour rouvrir leurs économies respectives, ceci a par contre été établi pour les nouveaux cas en Corée du Sud.

L'Iran a également été contraint de verrouiller le comté d'Abadan, dans la province du Khuzestan, après une forte augmentation des cas de coronavirus. Gholamreza Shariati, le gouverneur de la province, a déclaré: «Le nombre de cas dans les provinces a triplé et l'hospitalisation des patients a augmenté de 60%.» L'Iran tente désespérément de rouvrir son économie face aux sanctions paralysantes imposées par les États-Unis.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait à maintes reprises des mises en garde contre une réouverture trop précoce. Lors de la conférence de presse de vendredi, Mme Maria Van Kerkhove a averti: «Ce que nous apprenons des pays qui rouvrent lentement leur économie - et nous en avons déjà parlé auparavant - c'est qu'une fois ces mesures levées, elles doivent être mesurées de manière très méthodique et contrôlée car il est possible que le virus reparte de nouveau. »

Le Dr Michael Ryan a également parlé à ce sujet, notant que même si les pays et régions du monde s'ouvrent, ils «évitent toujours cette réalité inconfortable que nous avons besoin de revenir à la surveillance sanitaire publique. Nous devons retourner là où nous aurions dû être il y a des mois; trouver des cas, tracer des cas, tester des cas, isoler les personnes testées positives, pratiquer la quarantaine pour les contacts. »

Alors que de plus en plus de pays commencent à rouvrir, les risques de ne pas suivre systématiquement ces procédures augmentent de plus en plus. Partout dans le monde, les gouvernements capitalistes ne se concentrent pas sur la préservation de la vie humaine, mais sur le retour au travail afin de générer des profits pour l'oligarchie capitaliste.

En Italie par exemple, la réouverture qui a débuté le 4 mai se concentre principalement sur les secteurs manufacturiers et celui du bâtiment. Cela a été largement incité par le géant automobile Fiat Chrysler, qui avait redémarré son usine de voitures utilitaires à Atessa avant même la réouverture officielle et ses autres usines italiennes la semaine dernière. Le constructeur automobile de luxe Ferrari a également repris la production dans le pays.

Lundi dernier, le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a annoncé que les déplacements au sein des régions individuelles n'étaient plus limités, en prévision du rétablissement de l’industrie touristique dans son pays. Actuellement, le pays compte 2 716 cas de coronavirus et 151 décès confirmés, des chiffres relativement faibles par rapport au reste de l'Europe, ce qui a conduit le ministre du Tourisme, Charis Theocharis, à affirmer: «Nous attendons des touristes d'Europe, et dans ce contexte, notre pays a un avantage, car de toutes les régions méditerranéennes, nous sommes la plus sûre. »

Bien sûr, ce processus trouve son expression la plus nette aux États-Unis où le président Donald Trump a été le fer de lance pour ramener les travailleurs dans les usines, les bureaux et les lieux de travail le plus rapidement possible. Bien que les lignes directrices officielles stipulent qu'un comté ou un État ne peut commencer à rouvrir progressivement qu'après une «trajectoire descendante des cas documentés sur 14 jours», une exigence elle-même sujette à interprétation, elles notent également que les autorités régionales et locales peuvent «adapter» ces directives comme bon leur semble. Cela a permis au gouverneur de Géorgie Brian Kemp de rouvrir pratiquement tout l'État en ayant 31763 cas actifs, plus que la plupart des autres pays.

La précipitation à la réouverture, malgré les protestations des dirigeants mondiaux, n'est pas une approche «basée sur des données à jour» qui «atténue [le] risque de résurgence». Pour citer à nouveau le Dr Ryan, «Nous en sommes au tout premier stade de notre compréhension de la façon dont ce virus affecte le corps, de la progression de la maladie et des maladies que cette infection provoque.»

Chaque jour apporte de nouvelles révélations médicales montrant que la maladie peut provoquer des caillots sanguins chez les jeunes enfants et des accidents vasculaires cérébraux pour ceux dans la trentaine, ainsi qu'une multitude de complications hépatiques, cardiaques, cérébrales et même des orteils. Chaque indication scientifique est un plaidoyer pour qu'avec les progrès accomplis dans la maîtrise de la pandémie, des mesures encore plus strictes devraient être prises afin que personne d'autre ne souffre ni ne meure pendant la période de développement des thérapies et des vaccins.

Au lieu de cela, vies et existences sont sacrifiées sur l'autel du marché. La principale préoccupation de Trump, Merkel, Mitsotakis et leurs homologues est de remettre les travailleurs dans le circuit de production des profits. Leur souci n’est pas de lutter contre la maladie et de subvenir aux besoins des dizaines de millions de personnes jetées dans la misère, mais de gonfler les portefeuilles des super-riches.

(Article paru en anglais le 11 mai 2020)

 

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