Lutter pour un programme socialiste international contre la guerre, la dévastation sociale et la dictature

Votez pour le Parti de l’égalité socialiste aux élections générales du Sri Lanka

Par Manifeste du Parti de l'égalité socialiste (Sri Lanka)
23 mars 2020

Le Socialist Equality Party (SEP – Parti de l’égalité socialiste), la section sri-lankaise du Comité international de la Quatrième Internationale (CIQI), se présente aux élections générales du pays, sur le programme du socialisme international.

Hier, la commission électorale a reporté le scrutin prévu pour le 25 avril. Quoi qu’il en soit, nous lançons notre campagne à 15 heures le dimanche 22 mars, heure locale, avec une réunion publique en ligne diffusée sur la page Facebook du SEP sri-lankais. Nous appelons les travailleurs, les jeunes et les pauvres des zones rurales à nous soutenir.

Le SEP présente 43 candidats pour trois districts – Colombo, Jaffna et Nuwara Eliya. La liste de Colombo, qui compte 22 candidats, sera dirigée par Wilani Peiris, un dirigeant de longue date du SEP. Les autres membres dirigeants, P. Sambandan et M. Thevarajah, seront en tête des listes pour Jaffna et Nuwara Eliya respectivement.

Les principaux partis capitalistes – le Sri Lanka Podujana Peramuna (SLPP) au pouvoir, le United National Party (UNP) et sa faction dissidente Samagi Jana Balavegaya (SJB), et le Janatha Vimukthi Peramuna (JVP) – utilisent l’élection pour attiser le communautarisme afin de diviser les travailleurs selon des lignes ethniques pour cacher leurs programmes de guerre de classe de droite. Tous sont responsables de la dévastation causée par la guerre anti-Tamil qui dure depuis 30 ans dans le pays.

L’Alliance nationale tamoule (TNA) et d’autres formations bourgeoises tamoules, ainsi que les partis musulmans, sont engagées dans leur propre propagande communautariste.

Les groupes de «gauche» pro-capitalistes, tels que le parti Nava Sama Samaja (NSSP), le United Socialist Party (USP) et le Frontline socialist Party (FSP), font office d’apologistes politiques et de satellites des partis capitalistes.

En s’opposant à tous ces partis, la campagne du SEP approfondira la lutte pour unifier les travailleurs cinghalais, tamouls et musulmans sur la base d’un programme socialiste international révolutionnaire.

Le SEP est le seul parti à dire la vérité aux travailleurs, aux jeunes et aux pauvres. À savoir: l’humanité fait face au risque d’une troisième guerre mondiale nucléaire catastrophique, à l’inégalité sociale croissante, aux catastrophes environnementales et sanitaires, comme la pandémie de coronavirus, et à la dictature et au fascisme. Ce sont tous des problèmes mondiaux, créés par le capitalisme, et qui nécessitent des solutions socialistes globales.

Pour faire face à la pandémie de coronavirus

La pandémie du COVID-19 menace la vie de millions de personnes. La lutte contre cette catastrophe qui s’aggrave nécessite la mobilisation internationale de tous les moyens scientifiques et technologiques, des ressources financières massives et la fourniture de soins de santé librement accessibles à tous.

Cela ne fait plus de doutes: le profit privé, les intérêts nationaux concurrents et les tensions géopolitiques provoquées par les classes capitalistes entravent l’organisation nécessaire de l’effort international coordonné requis pour combattre le virus.

Le Premier ministre indien hindouiste Narendra Modi et le président autoritaire du Sri Lanka Gotabhaya Rajapakse affirment à tort que leurs régimes ont pris les mesures nécessaires pour faire face à la pandémie. Ils disent qu’on n’a plus de raison à «paniquer».

Comme leurs maîtres impérialistes, les gouvernements successifs des deux pays ont vidé de leur substance les services sociaux, y compris les établissements de santé publique gratuits, sur ordre du capital international et des grandes entreprises. Ils appliquent sans pitié les mesures d’austérité du Fonds monétaire international (FMI).

Au nom de la lutte contre le COVID-19, Rajapakse mobilise les forces armées – une militarisation supplémentaire de son administration.

Seule la classe ouvrière internationale, qui représente la grande majorité de la société, peut et doit prendre l’initiative de lutter pour la mobilisation des ressources mondiales nécessaires pour arrêter cette catastrophe et sauver des vies. Une organisation rationnelle au-delà des frontières nationales ne peut se faire que sur la base d’une réorganisation socialiste de l’économie mondiale.

En collaboration avec nos partis frères du CIQI, le SEP prend les mesures politiques et pratiques pour lutter pour ce programme. Nous invitons les travailleurs, les jeunes et les pauvres à soutenir activement cette campagne.

La lutte pour l’unité internationale de la classe ouvrière est la tâche du moment!

La classe ouvrière internationale s’avance pour combattre les attaques contre ses droits sociaux et démocratiques. Ces luttes sont la base objective de la mobilisation de la seule force sociale capable d’arrêter les désastres créés par le capitalisme mondial.

L’année dernière, des manifestations de masse et des grèves ont éclatées dans le monde entier. Notamment on a vu des mouvements au Mexique, à Porto Rico, au Chili, en France, en Espagne, en Algérie, en Irak, en Iran, au Kenya, en Afrique du Sud, en Inde et à Hong Kong, pour n’en citer que quelques-uns. Aux États-Unis, les travailleurs de GM ont organisé leur première grève nationale depuis 40 ans.

Le 8 janvier, des millions de travailleurs indiens ont participé à une grève générale pour défendre leurs droits. Les travailleurs de l’automobile de Maruti Suzuki sont impliqués dans des luttes permanentes contre la répression de l’État depuis 2013.

Les travailleurs sri-lankais font partie de ce processus mondial. Des centaines de milliers de travailleurs des plantations et d’enseignants ont participé au plus grand mouvement de la classe ouvrière depuis la grève du secteur public de 1980 contre les mesures d’austérité dictées par le FMI. La résistance de la classe ouvrière aux politiques des grandes entreprises de Colombo a vu la désintégration de la prétendue administration «unifiée» du Président Maithripala Sirisena et du Premier ministre Ranil Wickremesinghe.

Gotabhaya Rajapakse est arrivé au pouvoir en exploitant la haine populaire contre le gouvernement Sirisena-Wickremesinghe. Il a promis un régime «stable» et «fort», tout en attisant le chauvinisme cinghalais et en renforçant le soutien des militaires. Cependant, des grèves et des manifestations dans les plantations, à la mine de Kahatagaha et par les enseignants et les travailleurs licenciés ont éclaté peu après l’arrivée au pouvoir de Rajapakse. Ces mouvements ont mis en évidence la méfiance et l’opposition de la classe ouvrière au nouveau régime.

Contre la guerre impérialiste!

Toutes les grandes puissances impérialistes se préparent à une guerre mondiale, un conflit catastrophique qui sera mené avec des armes nucléaires. L’année dernière, le gouvernement Trump a alloué plus de 1000 milliards de dollars aux dépenses militaires annuelles alors que les puissances européennes – France, Allemagne et Royaume-Uni – développent massivement leurs forces armées.

Le monde est au bord de la récession économique, avec des tensions sociales qui augmentent dans tous les pays. La classe dirigeante américaine tente imprudemment de retrouver son hégémonie économique par la force militaire et vise la Chine, la Russie et l’Iran.

Washington, soutenu par New Delhi, a transformé l’Inde en un État de première ligne dans sa campagne militaire contre la Chine. Encouragée par ces arrangements géostratégiques, l’Inde a intensifié sa pression sur le Pakistan, augmentant fortement le risque de guerre nucléaire sur le sous-continent indien, avec des implications mondiales de grande envergure.

Le gouvernement antidémocratique du président Mahinda Rajapakse a été évincée lors de l’élection présidentielle de janvier 2015 dans le cadre d’une opération de changement de régime inspirée par Washington en raison de ses liens étroits avec la Chine.

Après l’entrée en fonctions de Sirisena, Washington a étroitement intégré l’armée sri-lankaise dans son commandement indo-pacifique et dans le renforcement militaire contre la Chine. L’Accord sur l’accès et des services croisés (ACSA) révisé est déjà signé entre Washington et Colombo. Un autre accord suivra. Ce deuxième accord porte sur le statut des forces (SOFA) qui donnera aux forces militaires américaines la liberté d’utiliser l’ensemble de l’île comme base militaire.

Washington et New Delhi sont très préoccupés par le retour au pouvoir de Gotabhaya et Mahinda Rajapakse. Les dirigeants américains, y compris le président Trump, ont averti le président Rajapakse que Washington ne tolérera aucun changement en faveur de la Chine dans la politique étrangère sri-lankaise. Cependant, Pékin, bien conscient des initiatives américaines et indiennes, est déterminé à accroître son influence économique et politique dans le pays.

Ces développements démentent la prétention de Rajapakse à poursuivre une «politique étrangère neutre». Comme d’autres pays de la région, le Sri Lanka a été aspiré dans un maelstrom géopolitique.

La tendance à la guerre ne peut être empêchée sans l’intervention de la classe ouvrière internationale. Nous demandons instamment aux travailleurs du Sri Lanka, et de toute l’Asie du Sud de se joindre à la lutte du CIQI pour construire un mouvement socialiste de la classe ouvrière internationale contre la guerre.

Luttez contre le fascisme et la dictature!

Partout, les élites dirigeantes ont réagi à l’aggravation de la crise économique et à la résurgence des luttes de la classe ouvrière en s’orientant rapidement vers le fascisme et la dictature.

La répression impitoyable de l’Administration Trump contre les immigrés et les attaques contre les droits démocratiques dans le pays font partie de sa préparation à la guerre. En Allemagne, 75 ans après l’effondrement du régime nazi de Hitler, le fascisme revient avec le soutien des partis de l’élite et de l’État.

En Inde, le Premier ministre Modi attise le sentiment anti-islamique et se dirige vers un régime autoritaire hindouiste-suprémaciste. Son gouvernement a fait adopter à toute vapeur l’amendement réactionnaire à la loi sur la citoyenneté et a déclenché à Delhi des violences fascistes contre la communauté musulmane. En août dernier, le gouvernement a verrouillé le Cachemire, divisé le Jammu-et-Cachemire – le seul État musulman de l’Inde – en deux. Il a imposé un régime direct depuis New Delhi, et a augmenté massivement le effectifs militaires dans ce territoire et coupé les communications avec le monde extérieur. Ces mesures drastiques antimusulmanes sont une répétition générale pour la répression d’État contre la classe ouvrière indienne toue entière.

Au Sri Lanka, le président Rajapakse est un ancien officier de l'armée profondément impliqué dans des crimes de guerre. Maintenant, il fait campagne pour obtenir une majorité parlementaire des deux tiers pour que son SLPP puisse supprimer toutes les restrictions légales à son pouvoir. S’appuyant fortement sur l’armée et les extrémistes bouddhistes cinghalais, Rajapakse militarise rapidement son gouvernement. Les travailleurs et les jeunes doivent comprendre qu'une dictature présidentielle se prépare derrière la façade d’une élection générale.

Défendez les droits démocratiques!

L’emprisonnement du fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, à Londres, et le simulacre de procès qui sert de prélude à son extradition sont l’expression flagrante de l’attaque mondiale contre les droits démocratiques. Assange est persécuté pour avoir révélé la vérité sur les crimes de guerre et la corruption du gouvernement américain. Le SEP, avec ses partis frères au niveau international et le World Socialist Web Site (WSWS), mène la lutte pour sa liberté. C’est essentiel dans la lutte pour défendre les droits démocratiques de tous les travailleurs.

Les partis de la classe dirigeante sri-lankaise ont constamment utilisé le communalisme anti-tamoul pour diviser et réprimer la classe ouvrière depuis 1948. En 1983, le gouvernement de l’UNP a déclenché sa guerre contre les Tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE), un mouvement séparatiste.

Le gouvernement de Mahinda Rajapakse a utilisé la guerre pour réprimer les masses tamoules et, surtout, la classe ouvrière. Elle a entraîné la mort de centaines de milliers de Tamouls et la disparition de dizaines de milliers d’autres. Des escadrons de la mort ont parcouru le pays, enlevant et tuant des critiques politiques, dont le très célèbre rédacteur en chef et journaliste Lasantha Wickrematunge.

En janvier, Gotabhaya Rajapakse a déclaré à Hanna Singer, coordinatrice des Nations unies en résidence à Colombo, que 20.000 personnes disparues pendant la guerre étaient «en fait mortes». Cet aveu de l’ancien secrétaire à la défense est sans précédent. Colombo avait toujours refusé de fournir des informations sur les disparus.

Tentant de blanchir l’armée et ses propres crimes, Rajapakse affirme maintenant que le LTTE a «recruté de force» les disparus qui sont morts sur le champ de bataille. Les parents et les proches rejettent cette affirmation et exigent de savoir où se trouvent leurs proches.

Le SEP se bat pour que les auteurs de ces crimes soient arrêtés et punis et que les circonstances des meurtres soient révélées. Cela nécessite une lutte unie des travailleurs cinghalais, tamouls et musulmans, dans le cadre de la lutte pour les droits démocratiques et les politiques socialistes.

Bien que la guerre ait pris fin en mai 2009, le Nord et l’Est de l’île restent sous occupation militaire continue. Le gouvernement utilise les lois répressives – notamment la législation d’urgence et la loi sur la prévention du terrorisme (PTA) – contre les travailleurs et les pauvres.

Des attentats terroristes du dimanche de Pâques ont eu lieu l’année dernière contre des églises et des hôtels par un groupe islamique soutenu par l’ISIS. Tous les partis de l’establishment ont soutenu l’imposition d’une législation d’urgence, le déploiement militaire dans tout le pays et une campagne brutale contre les musulmans. Les preuves indiquent que Sirisena, Wickremesinghe et Mahinda Rajapakse ont reçu l’information à l’avance au sujet des attentats qui allaient se produire, mais ils n'ont pas agis. Ensuite, ils les ont utilisés pour justifier l’intensification de la répression de l’État contre les travailleurs et les pauvres.

Le président Rajapakse et son SLPP au pouvoir font campagne pour un «gouvernement fort», c’est-à-dire un régime autoritaire. Tous les autres partis politiques – l’UNP et son groupe dissident le SJB, le JVP et les partis tamouls et musulmans, y compris la TNA et le Congrès musulman du Sri Lanka – sont également de plus en plus de droite. Aucun de ces partis n’a prononcé un seul mot contre la militarisation de l’appareil d’État par le président Rajapakse et ses actions antidémocratiques. Aucun de ces partis n’est favorable aux droits démocratiques.

La liberté d’expression est sérieusement attaquée! L’écrivain distingué Shakthika Sathkumara a été emprisonné et détenu pendant quatre mois en avril dernier à la suite d’une fausse plainte déposée à la police concernant ses écrits, déposée par des éléments réactionnaires du clergé bouddhiste. Des groupes paramilitaires de l’ombre ont également menacé les journalistes à la suite de l’élection de Rajapakse.

Les droits démocratiques des masses ne peuvent être établis que dans la lutte contre le capitalisme et par un mouvement de la classe ouvrière fondé sur une perspective socialiste. Le SEP demande qu’une assemblée constituante démocratiquement élue élabore une nouvelle constitution. Il fait campagne pour abolir toutes les lois répressives et pour garantir les droits démocratiques des Tamouls, des musulmans et des autres minorités.

Contre l’inégalité sociale et l’austérité – lutte pour des politiques socialistes!

L’aggravation des inégalités sociales est un phénomène mondial. Selon un récent rapport d’Oxfam, 2153 milliardaires contrôlent plus de richesses que les 4,6 milliards de personnes les plus pauvres de la planète. Le 1 pour cent supérieur possède collectivement deux fois plus de richesses que 6,9 milliards de personnes, soit la quasi-totalité de la population mondiale. Depuis la crise financière mondiale de 2008, les grandes puissances, les États-Unis en tête, ont injecté environ 4000 milliards de dollars dans les banques et les marchés boursiers. En même temps, ils ont intensifié leurs attaques contre les droits sociaux fondamentaux et le niveau de vie de la classe ouvrière.

Les mêmes tendances s’expriment avec force au Sri Lanka. En 2016, les dix pour cent les plus riches du pays gagnaient autant que le montant total gagné par les 70 pour cent des ménages les plus pauvres. La part des dix pour cent les plus pauvres n’était que de 1,6 pour cent du revenu total des ménages.

Embourbé dans une crise économique, le taux de croissance du PIB du Sri Lanka est tombé à 2,6 pour cent l’année dernière – le plus bas depuis 2002. Le pays est sur le point de manquer à ses obligations de remboursement de la dette extérieure, soit un total de 20 milliards de dollars sur quatre ans à partir de 2019. Quel que soit le parti qui remportera les élections, il appliquera sans pitié les exigences d’austérité du FMI pour tenter d’imposer le fardeau de la crise aux masses.

Le prix des produits de première nécessité monte en flèche, ce qui a un effet considérable sur les conditions de vie des travailleurs. Face à une crise financière croissante, les entreprises fixent des objectifs de travail épouvantables et imposent de nouvelles normes. Utilisant le chômage et le sous-emploi pour faire baisser les salaires, les dirigeants de tous les secteurs ont de plus en plus recours à des travailleurs contractuels qui n’ont aucune sécurité de l’emploi.

La population rurale vit essentiellement d’une agriculture de subsistance. Les paysans se font exploiter par les entreprises de pesticides et d’engrais, qui fixent également les prix des produits agricoles. Englués dans un endettement perpétuel et croissant, les agriculteurs se suicident lorsque la charge financière devient insupportable. Suite aux directives du FMI, les gouvernements sri-lankais successifs ont réduit les subventions aux engrais.

Le SEP appelle à l’expropriation des banques et des grandes entreprises et à une vaste redistribution des richesses, des riches vers les pauvres, pour financer les politiques suivantes:

Lutter pour l'indépendance politique de la classe ouvrière!

Les leçons amères de ces cinq dernières années montrent que les travailleurs ne peuvent pas défendre leurs droits sans lutter pour leur indépendance politique vis-à-vis de toutes les factions de la classe dirigeante.

En 2015, la TNA a soutenu l’opération américaine de changement de régime. Elle a exigé des masses tamoules qu’elles votent pour Sirisena afin que «justice soit faite» pour les crimes de guerre et pour les droits démocratiques. Lorsque le gouvernement Sirisena-Wickremesinghe s’est établi, la TNA est devenue sa partenaire de facto, mettant en œuvre les politiques du FMI et soutenant la suppression des enquêtes sur les crimes de guerre.

Lors de la dernière élection présidentielle, ce parti tamoul a appelé les masses à soutenir Sajith Premadasa, le candidat à la présidence de l’UNP, un parti embourbé dans le chauvinisme cinghalais-bouddhiste.

Le leader de la TNA, R. Sambandan, a récemment lancé un appel aux électeurs tamouls, affirmant que «les [puissances] internationales sont derrière nous» et «qu’elles aideront à créer une solution politique [aux problèmes tamouls]». Ce parti pro-américain se prépare une fois de plus à piéger les travailleurs tamouls et les pauvres dans une politique communale pro-impérialiste.

Le NSSP, l’USP et le FSP ont soutenu la fausse campagne de «bonne gouvernance» de Sirisena. Le NSSP avait soutenu le régime de Sirisena-Wickremesinghe, affirmant qu’il était le produit d’une «révolution démocratique», et a soutenu ses attaques contre la classe ouvrière. L’USP et le FSP ont soutenu les syndicats et leurs efforts pour détourner les luttes des travailleurs vers des appels inoffensifs au gouvernement.

Lors de l’élection présidentielle de l’année dernière, ces partis ont soutenu le candidat de l’UNP, aidant Rajapakse à se présenter faussement comme la seule «opposition» au gouvernement. Les travailleurs et les pauvres qui ont voté pour Rajapakse l’ont fait en grande partie pour protester contre le régime de Wickremesinghe.

Comme tous les partis bourgeois, ces faux groupes de gauche se sentent terrifiés par une éruption de luttes ouvrières unie au-delà des lignes ethniques. La classe ouvrière doit rejeter ces partis pro-capitalistes afin d’établir son indépendance politique pour lutter contre la dictature préparée par l’élite dirigeante.

Organiser des comités d'action des travailleurs!

Les travailleurs doivent tirer la leçon des récentes batailles, à savoir qu’ils ne peuvent pas gagner leurs droits dans le carcan des syndicats. Les syndicats sont liés aux partis capitalistes ou aux faux groupes de «gauche». Ainsi, ils s’opposent à la mobilisation indépendante de la classe ouvrière et s’efforcent d’isoler et de dissiper toute lutte.

Ce qui est nécessaire, c’est la formation de comités d’action élus par les travailleurs, indépendants des syndicats, sur chaque lieu de travail et dans chaque quartier pour organiser leurs luttes. Cela préparera le terrain pour que les travailleurs s’unissent à d’autres travailleurs locaux et internationaux qui font face à des attaques similaires de la part d’entreprises organisées au niveau mondial.

Au cours de la lutte des 100.000 travailleurs de la plantation en décembre 2018, les travailleurs du domaine d’Abbotsleigh ont répondu à l’appel du SEP en faveur des comités d’action. Les travailleurs doivent suivre cette initiative sur chaque lieu de travail.

Les comités d’action constitueront la base de la mobilisation politique indépendante des travailleurs, à la tête des masses rurales. C’est la voie du renversement du capitalisme et de l’établissement d’un gouvernement ouvrier et paysan pour mettre en œuvre les politiques socialistes.

Le SEP se bat pour une République socialiste du Sri Lanka-Eelam, dans le cadre d’une Union des républiques socialistes d’Asie du Sud et au niveau international. Un tel gouvernement nationalisera les grandes entreprises étrangères et locales, ainsi que les grands domaines et les banques, sous le contrôle des travailleurs, répudiera les prêts étrangers et réorganisera la production et la distribution selon les principes socialistes.

La perspective du SEP est basée sur la théorie de la révolution permanente de Léon Trotsky. Cette théorie a démontré que dans les pays au développement capitaliste tardif, comme le Sri Lanka, la classe capitaliste se trouve incapable de mener à bien les tâches démocratiques et sociales les plus élémentaires. Ce défi est la responsabilité de la classe ouvrière, dans le cadre de sa lutte pour le socialisme.

Construire le SEP comme un parti révolutionnaire de masse!

La classe ouvrière internationale, qui est entrée dans une nouvelle période de luttes révolutionnaires, a besoin d’une perspective socialiste mondiale et d’une direction révolutionnaire. Le CIQI, qui représente la continuité de la lutte de Trotsky contre le stalinisme et qui est engagée dans la lutte contre toutes les formes d’opportunisme, est cette direction. Le WSWS est sa voix et le SEP, la section sri-lankaise de ce parti mondial.

Le SEP s’est formé il y a 52 ans sous le nom de Ligue communiste révolutionnaire. Il s’est basé sur la lutte du CIQI contre le «Lanka Sama Samaja Party» qui a rejoint le gouvernement capitaliste de Sirimavo Bandaranaike en 1964 et a trahi les principes de l’internationalisme socialiste.

Notre parti s’est opposé à la guerre communautariste contre les Tamouls, et continue à exiger le retrait inconditionnel des militaires d’occupation du Nord et de l’Est. Il a défendu les masses rurales contre la terreur d’État et toute forme de répression et s’est battu avec acharnement pour l’indépendance politique de la classe ouvrière sur un programme socialiste.

Nous appelons tous les travailleurs, les jeunes et les intellectuels du Sri Lanka, d’Asie du Sud et du monde entier à soutenir notre campagne électorale de toutes les manières possibles. Nous vous invitons à voter pour nos candidats et à faire un don à notre fonds électoral. Par-dessus tout, étudiez l’histoire et le programme du CIQI et du SEP et rejoignez et construisez le parti révolutionnaire.

(Article paru d’abord en anglais 21 mars 2020)

 

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