La réponse désastreuse du capitalisme à la pandémie de coronavirus

Par Andre Damon et David North
5 mars 2020

Les tentatives de l’Administration Trump de minimiser le danger posé par le coronavirus sont submergées par la propagation rapide de la maladie aux États-Unis. Des scientifiques avertissent qu’un pourcentage important de la population tombera dangereusement malade.

Il est maintenant admis que le virus se propage aux États-Unis sans être détecté depuis des semaines. Des cas de coronavirus ont été confirmés dans 16 États et neuf personnes sont décédées. La Californie, Washington et New York ont détecté des foyers de «transmission communautaire» d’«origine inconnue», ce qui signifie que des centaines, voire des milliers de personnes peuvent être infectées dans tout le pays.

La propagation de la maladie dans la population a mis en évidence l’effroyable manque de préparation des États-Unis pour répondre efficacement à l’apparition d’une pandémie. Bien que les scientifiques avertissent depuis au moins deux décennies qu’un événement de ce type était très probable, voire inévitable, les autorités fédérales et celles des États réagissent par des improvisations désorganisées et inefficaces.

À ce jour, il n’y a toujours pas d’effort national bien coordonné pour effectuer des tests visant à déterminer qui peut être infecté, afin de contenir la propagation du virus. Alors que la Chine a testé des millions de personnes, les États-Unis n’en ont testé que plusieurs centaines.

Les réseaux sociaux rapportent de nombreux cas d’individus et de travailleurs médicaux cherchant désespérément à obtenir un test, pour eux-mêmes et leurs patients, mais dont on a rejeté la demande plusieurs fois et sans explications. Cela a déjà conduit à une série de transmissions et de décès évitables. Des dizaines de premiers intervenants et de travailleurs médicaux de la côte ouest sont tombés malades.

Pendant des décennies, les gouvernements – tant démocrates que républicains – ont systématiquement réduit le financement des infrastructures de santé publique, y compris celui des Centres de contrôle des maladies, qu’on a privé de ressources.

Ce processus est indissociable de la redistribution continue des richesses vers le haut en faveur de l’oligarchie financière, qui a été l’objectif fondamental des administrations successives – démocrates comme républicaines – pendant des décennies.

Il faut noter que la semaine dernière, la couverture médiatique de la pandémie de coronavirus s’est principalement concentrée sur les spéculations quant à ses effets sur les marchés boursiers. Les médias, à l’instar de l’Administration Trump, se sont davantage préoccupés de l’impact du coronavirus sur les valeurs boursières que sur les vies humaines.

Cette perspective inhumaine a trouvé son expression la plus macabre lundi, lorsque les investisseurs de Wall Street ont ignoré les avertissements graves sur une propagation de la pandémie dans tous les États-Unis. L’annonce d’une baisse imminente des taux fédéraux a fait grimper l’indice du Dow Jones de plus de 1.000 points.

Depuis la crise financière de 2008, les élites dirigeantes se sont convaincues que tout problème dans le monde peut être résolu par des baisses de taux d’intérêt faisant monter la valeur des actions. La classe capitaliste évalue les événements en fonction de leur impact sur les marchés et sur la fortune de l’oligarchie qui domine la vie américaine.

La réaction au coronavirus au cours du dernier mois n’a pas été différente. L’attitude des élites peut se résumer ainsi: «Des millions de personnes vont peut-être mourir, mais le Dow et le Nasdaq, eux, sont en hausse parce que la Réserve fédérale américaine va réduire les taux d’intérêt. Hourra!»

Ce n’est que mardi, lorsque la Bourse n’a pas réagi à la baisse d’urgence de 50 points de base du taux d’intérêt par la Réserve fédérale, que l’humeur des experts médiatiques s’est assombrie. Ce n’était pas parce qu’ils avaient réalisé qu’un grand nombre de personnes pourraient mourir, mais parce qu’ils ont commencé à soupçonner que la crise sanitaire pourrait avoir un impact majeur sur les portefeuilles d’investissement.

Cette crise montre au monde entier à quel point le système capitaliste américain est pourri. Il faut prendre des mesures urgentes pour répondre à la pandémie et mobiliser toutes les ressources nécessaires pour contenir la maladie, organiser un traitement médical efficace et sauver des vies.

Mais la réponse à cette crise n’exige pas seulement une réponse médicale, elle exige aussi une réponse politique.

La pandémie de coronavirus est une nouvelle démonstration de l’incapacité du capitalisme à se préparer et à répondre efficacement aux crises sociales. On a déjà vu sa réaction criminellement négligente au réchauffement climatique, aux incendies aux États-Unis et en Australie, au tremblement de terre de Porto Rico, pour ne citer que quelques exemples.

L’avenir de l’humanité dépend de ce que soit mis fin au capitalisme et qu’il soit remplacé par le socialisme.

(Article paru d’abord en anglais 4 mars 2020)

 

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