La réponse incompétente et criminellement négligente de l’Administration Trump à l’épidémie de coronavirus

Par Joseph Kishore — Candidat du Parti de l’égalité socialiste pour la présidence des États-Unis
2 mars 2020

Les deuxième et troisième cas confirmés de coronavirus d’«origine inconnue» aux États-Unis viennent d'être détectés. Ils s’ajoutent à la masse croissante de preuves que les responsables américains ont commis une série d’erreurs désastreuses en réaction à l’épidémie croissante, mettant en danger un nombre indéterminable de vies.

Vendredi, un résident du nord-ouest de l’Oregon et un résident de 65 ans du comté de Santa Clara, en Californie, ont été testés positifs pour la maladie. Les deux personnes n’avaient ni antécédent de voyage connu vers les centres de l’épidémie ni lien avec une personne précédemment identifiée comme infectée. Ceci fait suite à l’annonce mercredi qu’une femme du comté de Solano, en Californie, à environ 90 miles de distance, a été testée positive à la maladie, également sans aucune source évidente de transmission.

Comme le virus a une période de deux semaines avant que les symptômes n’apparaissent, et comme la plupart des cas ne nécessitent pas d’hospitalisation, la maladie est probablement déjà présente dans une population beaucoup plus large.

Même si la première épidémie est apparue en Chine il y a deux mois, les responsables américains n’ont pratiquement rien fait pour préparer le pays contre son apparition aux États-Unis.

Seule une petite poignée d’endroits sont prêts à effectuer des tests de dépistage de la maladie. Sans procédures de test appropriées, aucune mesure de quarantaine individuelle — le seul moyen efficace de contenir sa propagation — ne peut être mise en œuvre.

La tentative de soutenir les marchés boursiers a été le fil conducteur de la réaction de l’Administration Trump. En même temps, elle a utilisé la propagation de la maladie afin d’intensifier ses politiques de guerre commerciale et interdire les voyages vers les États-Unis en provenance d’un nombre encore plus grand de pays. Elle s’appuyait sur son interdiction existante de voyager à caractère xénophobe.

En janvier, le secrétaire au commerce Wilbur Ross a déclaré que l’apparition du coronavirus en Chine, la deuxième économie mondiale, pourrait être bénéfique pour l’économie américaine. «Je pense donc que cela contribuera à accélérer la tendance des emplois vers l’Amérique du Nord», a déclaré Ross à propos de l’épidémie. «Certains vers les États-Unis, probablement aussi vers le Mexique».

Hier, Trump a de nouveau rejeté les avertissements croissants des médecins et des scientifiques selon lesquels l’épidémie pourrait rapidement devenir une pandémie qui toucherait la vie de millions de personnes. «Elle va disparaître, un jour c’est comme un miracle, elle disparaîtra», a proclamé Trump. «Et, depuis nos côtes, vous savez que cela pourrait empirer avant de s’améliorer, que cela pourrait peut-être disparaître, nous verrons ce qui se passera, personne ne le sait vraiment.»

L’Administration a nommé le vice-président Mike Pence, un obscurantiste religieux qui rejette la réalité de l’évolution, pour superviser la réponse de l’Administration à l’épidémie. L’attaché de presse de Pence, Katie Miller, l’épouse du conseiller fasciste de Trump Stephen Miller, sera en charge de toutes les communications relatives aux coronavirus.

Mick Mulvaney, le chef de cabinet par intérim de Trump à la Maison Blanche, est allé jusqu’à rejeter la menace possible de coronavirus vendredi. Il accusait les médias d’en faire tout un plat car «ils pensent que cela va faire tomber le président, c’est de cela qu’il s’agit». Mulvaney a prononcé ces remarques lors de la conférence annuelle du Comité d’action politique des conservateurs (CPAC). Elle s’est tenue sous le thème «l'Amérique contre socialisme».

Différents organismes ont lancé de nombreuses mises en garde, de plus en plus alarmantes, concernant les conséquences du coronavirus, non seulement en Chine, mais aussi aux États-Unis et dans le monde entier. En 2018, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a tiré la sonnette d’alarme. Elle a indiqué que l’heure était venue de se préparer à combattre une éventuelle «maladie X», une infection virale qui apparaîtrait chez les animaux et serait transmise aux humains. Le rapport de l’OMS avertissait qu’une telle maladie se propagerait rapidement et sans détection initiale, échappant aux efforts de quarantaine.

Le gouvernement américain n’a rien fait pour se préparer à des épidémies prévisibles. Ces derniers, à l’ère de la mondialisation et des voyages aériens de masse, peuvent se propager très rapidement d’une partie du globe à l’autre.

Au lieu de cela, l’Administration Trump a réduit le financement des initiatives qui visent à prévenir la propagation de maladies comme le coronavirus.

Les coupes budgétaires de 2018 ont amené les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) à mettre fin à 80 pour cent d’une initiative qui visait à prévenir les épidémies mondiales. En octobre, l’Agence américaine pour le développement international a été contrainte de mettre fin à un programme qui déployait des équipes pour détecter et arrêter la propagation de maladies des animaux aux humains, y compris sur les marchés où les animaux étaient abattus de manière inappropriée. La proposition de budget de Trump pour 2021 réduirait de 16 pour cent le financement du CDC.

La Maison Blanche a supprimé les postes de conseillers sur les questions de santé mondiale du Conseil national de sécurité (NSC). Trump a licencié Tom Bossert, son conseiller pour la sécurité intérieure au sein du NSC, en 2018. Ses responsabilités comprenaient la supervision de la réponse du gouvernement américain aux pandémies, mais on ne l’a jamais remplacé.

Les travailleurs de la santé n’ont pas été préparés à faire face à l’épidémie. NBC News a rapporté vendredi qu’une lanceuse d’alerte du gouvernement a déposé une plainte dans laquelle il accusait le Département de la Santé et des Services sociaux (HHS) d’avoir envoyé une douzaine d’employés sans formation ni équipement adéquat pour interagir avec les Américains évacués de Wuhan, en Chine. Leur objective était de placer les évacués en quarantaine sur des bases militaires en Californie.

La plainte du lanceur d’alerte note que les employés du HHS ont eu des contacts directs avec les personnes qui se dirigeaient vers la quarantaine. Ils leur ont distribué des clés pour l’attribution des chambres et des rubans d’identification. Bien que les travailleurs n’aient pas présenté de symptômes du virus, des manquements aussi importants au protocole auraient pu entraîner une transmission.

Deux semaines après que le CDC a annoncé qu’il lancerait un programme de tests de surveillance à New York, Chicago, Los Angeles, San Francisco et Seattle, l’initiative n’avait toujours pas commencé. Entre-temps, les scientifiques de 40 laboratoires à travers les États-Unis n’ont reçu le feu vert que mercredi soir pour utiliser un test de détection du coronavirus. On avait découvert un problème avec l’un des ingrédients du test, limitant la quasi-totalité des tests des deux derniers mois à un seul laboratoire du CDC à Atlanta.

L’état désastreux de préparation contre la propagation de la maladie aux États-Unis ne relève pas seulement de la responsabilité de l’Administration Trump. Pendant des décennies, l’élite dirigeante, sous la direction des Démocrates et des Républicains, a supervisé la dévastation des infrastructures sociales. On a dépensé des milliards de dollars pour renflouer les banques, financer la machine de guerre américaine et mettre en place un gigantesque appareil d’État policier. Une série de catastrophes naturelles, des ouragans aux incendies, a mis en évidence le fait que le gouvernement ne peut pas protéger la population contre des menaces tout à fait prévisibles pour le bien-être public.

Au cours des trois dernières années, les Démocrates ont concentré toute leur opposition à Trump sur l’affirmation selon laquelle la Russie représente une grave menace pour la «démocratie américaine», alors que la classe dirigeante se bat pour régler ses différends en matière de politique étrangère. Pendant ce temps, on a dissimulé les menaces réelles qui pèsent sur des millions de travailleurs et de jeunes, et on a réprimé l’opposition à l’Administration Trump fondée sur les intérêts sociaux de la grande majorité de la population.

Le Parti de l’égalité socialiste (SEP) soutient l’appel du Comité international de la Quatrième Internationale en faveur d’une réponse d’urgence coordonnée au niveau mondial à la pandémie de coronavirus.

La classe ouvrière doit se mobiliser dès maintenant pour exiger une allocation massive de ressources pour les soins et les traitements de santé, et pour s’assurer que tous ceux qui font face aux retombées économiques soient indemnisés et reçoivent un soutien financier. On droit confisquer les milliards de dollars détenus par les super-riches du monde et les utiliser pour développer les infrastructures de soins de santé nécessaires dans le monde entier, sans tenir compte des frontières nationales.

Dans notre campagne électorale, Norissa Santa Cruz et moi-même nous battrons pour mobiliser la classe ouvrière afin qu’elle se batte pour ces revendications. On doit mener d’une offensive politique qui s’oppose aux Républicains et aux Démocrates, et contre l’inégalité, la guerre et le système capitaliste.

(Article paru d’abord en anglais 29 février 2020)

 

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