Australie : des enseignants de la base adoptent une résolution défendant Assange et Manning à Sydney

Par Parti de l'égalité socialiste (Australie)
13 février 2020

Une réunion d'enseignants de la base, représentant les écoles de la banlieue ouvrière du nord-ouest de Sydney, a adopté lundi une résolution appelant à la libération du citoyen australien et éditeur de WikiLeaks Julian Assange, ainsi que de la lanceuse d'alerte américaine emprisonnée Chelsea Manning.

Il s'agissait de la première assemblée générale de la Hills Association of the New South Wales Teachers Federation (NSWTF), le syndicat regroupant les enseignants du primaire et du secondaire dans le plus grand État australien. Assistent aux réunions de la Hills Association des représentants des écoles de la région nord-ouest de Sydney comptant quelque 1330 membres financiers du syndicat.

Northwestern Sydney teachers demand release of Assange and Manning

La résolution en faveur d'Assange et Manning a été proposée par Erika Laslett, enseignante et membre de longue date du Parti de l'égalité socialiste (PES) et également membre du Comité pour l'éducation publique (CFPE). La résolution fut adoptée à l'unanimité par les 13 délégués présents.

La résolution dit:

« Que cette réunion d'enseignants s'oppose à la persécution permanente du journaliste éditeur et fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, et de la courageuse lanceuse d'alerte, Chelsea Manning. Le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture, Nils Melzer, avertit spécifiquement que "l'exposition continue d'Assange à l'arbitraire et aux abus pourrait bientôt lui coûter la vie" ».

« Nous insistons pour exiger que le gouvernement Morrison utilise ses pouvoirs diplomatiques pour organiser le retour en toute sécurité d'Assange en Australie. Nous décidons d'envoyer cette résolution à d'autres écoles et lieux de travail. » involvement of

En appuyant la motion d’E. Laslett, un enseignant a déclaré : « Il ne s'agit pas d'un seul individu. Cela fait partie d'une attaque plus large contre le journalisme et le droit du public à l'information ». Il a cité les raids effectués par la police fédérale australienne dans les bureaux de l'Australian Broadcasting Corporation à Sydney, le 5 juin 2019. Ce raid faisait partie de la tentative du gouvernement Morrison – qui imite les efforts américains pour poursuivre Assange – d'inculper des lanceurs d'alerte et des journalistes d'ABC pour avoir révélé l'implication des troupes australiennes dans des exécutions sommaires et d'autres violations du droit international en Afghanistan.

Une résolution similaire avait été adoptée l'an dernier par les enseignants et le personnel de soutien du Footscray City College, un lycée ouvrier de l'ouest de Melbourne. Selon la politique de la NSWTF, la résolution de la Hills Association devrait maintenant être présentée au Conseil du syndicat pour l’État.

L'adoption de la résolution est un développement significatif moins de deux semaines avant le début des audiences juridiques devant statuer à Londres sur la demande américaine d'extradition de Julian Assange afin de le traduire en justice pour espionnage. Le fondateur de WikiLeaks est menacé d'une peine de prison à vie pouvant aller jusqu'à 175 ans, pour avoir publié des informations véridiques sur les opérations criminelles de l'armée et de l'État américains.

La résolution est le résultat de l'initiative du CFPE qui a agi indépendamment de l'appareil syndical. Comme les partis politiques de l'establishment et les médias officiels, les syndicats gardent un silence complice sur la persécution d'Assange.

En Australie, les syndicats sont étroitement liés au Parti travailliste australien (ALP), au pouvoir en 2010. Celui-ci a entièrement soutenu la tentative américaine de faire taire et de détruire WikiLeaks et Assange par de fausses allégations, des calomnies et la répression étatique. La première ministre travailliste Julia Gillard a qualifié d' « activité illégale » la publication courageuse par WikiLeaks des fuites de Chelsea Manning qui a révélé les crimes de guerre américains en Irak et en Afghanistan.

La préoccupation majeure des travaillistes et des gouvernements de coalition qui les ont suivis, a été de supprimer toute information pouvant alimenter l'opposition politique à l'alliance militaire américano-australienne. Cela inclut l'implication de l’Australie dans les guerres illégales et les opérations d'espionnage mondiales révélées par des lanceurs d’alerte comme Manning et Edward Snowden.

Les syndicats se sont alignés sur les gouvernements travaillistes et de coalition. Aucune mesure sérieuse n'a été prise par un quelconque syndicat ou le Conseil national des syndicats australiens (ACTU), pour forcer le gouvernement australien à mettre fin à sa collaboration avec les autorités américaines et britanniques, et à utiliser ses pouvoirs diplomatiques et juridiques pour obtenir la libération d'un journaliste australien persécuté.

La direction de la Media Entertainment and Arts Alliance (MEAA), qui représente les journalistes et les travailleurs des médias, a adopté des résolutions s'opposant à toute extradition d'Assange vers les États-Unis. Mais elle n'a pas convoqué une seule réunion durant le travail et moins encore proposé une action de grève dans l'ensemble des médias contre l'immense assaut en cours contre la liberté d'expression. Les différents syndicats d'enseignants au niveau des États n'ont même pas adopté de résolutions, malgré une large défense d'Assange et des droits démocratiques chez les enseignants.

Les travailleurs doivent prendre les choses en main si l'on veut protéger les droits démocratiques fondamentaux. L'establishment parlementaire australien ne remplira ses obligations envers Assange que s'il se sent obligé de le faire, par crainte d'un mouvement de masse de la classe ouvrière en Australie et au plan international.

Tous les travailleurs qui défendent Assange, Manning et la liberté d'expression doivent chercher à organiser des réunions sur le lieu de travail, sur des sites syndiqués et non syndiqués, et à faire adopter des résolutions similaires à celles des enseignants de Sydney.

Le SEP exhorte les travailleurs à organiser des délégations de leur lieu de travail pour assister aux rassemblements qui se tiendront à Sydney le 22 février, à Melbourne et Wellington, en Nouvelle-Zélande, le 23 février, et à Brisbane le 29 février.

L'objectif politique de ces rassemblements est de développer la mobilisation indépendante de la classe ouvrière. La lutte juridique d'Assange contre la menace d'extradition sera difficile et, très probablement, s'étendra sur plusieurs années. La classe ouvrière doit soutenir les manifestations politiques, les grèves et les boycotts pour réclamer sa libération, ainsi que celle de Chelsea Manning et de tous les autres prisonniers de la guerre de classe qui sont persécutés pour avoir défendu la vérité et les droits démocratiques.

Libérez Assange ! Libérez Manning ! Pas d'extradition !

Sydney

Samedi 22 février, à midi
Parramatta Town Hall
182 Church Street, Parramatta

Melbourne

Dimanche 23 février, à 14 heures
State Library of Victoria
Puis marche vers Federation Square

Wellington, New Zealand

Dimanche 23 février, à15 heures
Cuba Street (intersection Left Bank)
Wellington

Brisbane

Samedi 29 février, à 14 heures
Reddacliff Place, Brisbane
(corner Queen and George Street)

(Article paru en anglais le 12 février 2020)

 

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