Le Parti de l'égalité socialiste a utilisé les élections législatives britanniques pour présenter une perspective socialiste

Par notre correspondent
17 décembre 2019

Le Socialist Equality Party (SEP, Parti de l'égalité socialiste) a présenté ses candidats à Sheffield Central, Holborn et St Pancras à Londres et Manchester Central pour inciter les travailleurs et les jeunes à adopter une perspective socialiste et internationaliste et à construire une nouvelle direction.

La campagne menée par Chris Marsden à Sheffield, Thomas Scripps à Londres et Dennis Leech à Manchester a touché des milliers de personnes et a été suivie en Grande-Bretagne et à l'étranger.

La déclaration électorale du SEP «Non à l'austérité, au militarisme et à la guerre! Libérez Julian Assange! Pour la lutte des classes et de l'internationalisme socialiste!» a expliqué qu'un «gouvernement travailliste de Corbyn ne ferait rien pour mettre fin aux souffrances infligées à des millions de travailleurs, car cela exige un assaut politique de front contre les principales banques et grandes entreprises.»

L’équipe de campagne du Parti de l'égalité socialiste à Manchester. Le candidat du SEP, Dennis Leech (deuxième à gauche)

Sa critique du bilan de Jeremy Corbyn à la tête du parti pour avoir capitulé devant son aile droite blairiste et son refus de se battre a remporté un soutien en particulier chez les jeunes et également une écoute sympathique auprès des travailleurs qui ont déclaré qu'ils voteraient quand même pour les travaillistes comme le meilleur moyen d'empêcher l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement conservateur dirigé par Boris Johnson.

Cet argument était déjà discrédité et affaibli par le bilan pourri de Corbyn et de nombreux travailleurs auront désormais l'occasion de repenser leur attitude quant aux questions soulevées par le SEP, notamment sa position sur le Brexit.

Le manifeste a mis en garde contre les divisions dangereuses dans la clase ouvrière encouragées par le référendum de 2016 sur l'adhésion à l'Union européenne (UE). Il a expliqué: «Le conflit entre Leave (quitter l’UE) et Remain (rester dans l’UE) se joue entre des factions rivales de droite de la classe dirigeante sur la meilleure façon de protéger les intérêts de l'impérialisme britannique.» Il visait «à mobiliser la classe ouvrière pour prendre le pouvoir dans le cadre des États socialistes unis d'Europe qui peuvent utiliser les vastes ressources du continent pour répondre aux besoins de tous ses peuples.»

Le SEP a fait de la lutte pour la liberté du fondateur de WikiLeaks Julian Assange un pilier central de sa campagne et a appelé à la plus large mobilisation pour sa défense. Comme l'explique la déclaration, «Assange est persécuté pour avoir dénoncé des crimes de guerre, servant d’exemple aux autres pour qu’ils gardent le silence. Pourtant, ni le Parti travailliste de Corbyn ni un seul syndicat n'ont levé le petit doigt pour sa défense. D’ailleurs ni aucun des groupes britanniques de la pseudo-gauche.»

Telles étaient les questions soulevées lors des meetings publiques des candidats auxquels ont participé les candidats du SEP.

Chris Marsden

Le secrétaire national du SEP, Chris Marsden, a pris la parole à l'école King Edward VII lors d'un meeting auquel ont assisté environ 200 élèves. Il a gagné leur soutien au programme du SEP s'adressant à un jeune public qui était «la génération la moins chanceuse de l'après-guerre, qui se lançaient dans le monde pour une éducation dans des conditions où le marché du travail est terrible, les salaires sont en baisse, les contrats de travail de précarité absolue règnent, et où la crise énorme du changement climatique se développe. Le monde est en proie au nationalisme et au développement des mouvements de droite.» Mais, a-t-il poursuivi, «vous êtes aussi la génération la plus chanceuse de l'histoire parce que vous avez la possibilité de changer le monde.»

Marsden a répondu aux questions sur la crise climatique, les inégalités sociales qui font rage, le Brexit et les violations des droits de l'homme de l'impérialisme britannique. Il a conclu en appelant tous les participants à se battre pour la libération de Julian Assange.

Chris Marsden prend la parole lors des meetings électoraux

Marsden a également été invité à un meeting à la mosquée Madina Masjid à Sheffield, organisé principalement pour discuter de la situation désespérée des travailleurs au Cachemire et en Palestine. Il a dénoncé le silence médiatique sur la répression brutale continue au Cachemire et a expliqué ses origines dans le conflit inter-impérialiste. «Le Cachemire a été une terrible victime de la partition de l'Inde sur le plan religieux et communautaire; il n'a jamais connu de période de paix durable. Mais il y a maintenant autre chose au Cachemire. Il est à l’épicentre d’un conflit entre l'Inde et la Chine, alors que l'Inde travaille en tandem avec les États-Unis. Personne ne le condamnera, personne n'élèvera une protestation contre le terrible traitement des Cachemiris, car le Cachemire est victime de la géopolitique la plus dangereuse, du genre qui pourrait se terminer dans une guerre mondiale.»

Marsden a averti: «Nous sommes à l'aube de la période la plus dangereuse que le monde ait jamais connue. La classe ouvrière doit se mobiliser contre cela.» Il a expliqué que «les luttes au Cachemire doivent être unies aux luttes des Palestiniens. Elles doivent être unies aux luttes de l'humanité souffrante partout dans le monde, pour un système basé sur la production pour les besoins et non le profit.»

Thomas Scripps a pris la parole lors d'un rassemblement organisé par le Council of Somali Organizations en Grande-Bretagne. Il a reçu un accueil chaleureux et a expliqué: «Peut-être nulle part ailleurs l'échec de la société capitaliste n'est-il plus clair que dans le traitement brutal des migrants et des réfugiés dans le monde entier, sur une planète avec suffisamment de richesse et de ressources pour subvenir aux besoins de tous.»

Thomas Scripps prend la parole pendant la campagne électorale

Les factions Remain et Leave de la classe dirigeante se sont opposées aux droits des travailleurs migrants, a-t-il déclaré. La faction Leave est «imprégnée de l'islamophobie» et cherchait une alliance avec le président américain d'extrême droite Donald Trump, tandis que la faction Remain défendait la politique de l'Union européenne de la «Forteresse Europe», responsable de milliers de morts de migrants aux frontières de l'Europe.

Scripps a appelé à la libération de Julian Assange et a noté que parmi les sujets divulguées par WikiLeaks figurait «l'implication américaine dans l'invasion éthiopienne de la Somalie en 2006, et la poursuite criminelle des frappes de drones et des opérations de la CIA dans tout le pays.»

Répondant à des questions sur le Parti travailliste de Corbyn, Scripps a attiré l'attention sur la Conférence de Londres sur la Somalie en 2017, qui prévoyait une expansion militaire impérialiste massive dans la Corne de l'Afrique. «Ces plans ne visent pas à protéger le peuple somalien. Ils vont être utilisés pour soutenir l’une ou l’autre partie de l'élite somalienne pour dominer la région [...] Quant au Parti travailliste, c’est le parti de la guerre en Irak.»

Dennis Leech s'exprimant lors de la campagne électorale

Dennis Leech a adressé une réunion organisée par l'Armée du Salut à Manchester. Il a noté le bilan du Parti travailliste en tant que parti au pouvoir dans les toutes les municipalités à prédominance ouvrière au niveau national, où il a imposé servilement l'austérité pendant plus d'une décennie, une politique qui s'est poursuivie sans interruption sous la direction de Corbyn depuis 2015. «Sous le gouvernement central et une municipalité travailliste, Manchester est devenue un paradis pour ceux qui veulent amasser des fortunes dans le développement et spéculation immobilière.» En revanche, 50 sans-abri sont morts dans les rues de Manchester rien qu’en 2018, a déclaré Leech. Un gouvernement travailliste dirigé par Corbyn, a-t-il averti, «ne fera rien pour mettre fin aux souffrances de millions de personnes confrontées à l'austérité.»

Leech a noté le rôle de la députée travailliste de la circonscription de Manchester central, Lucy Powell, qui a voté pour le bombardement de la Syrie - après qu'elle et d'autres députés blairistes ont été autorisés à voter selon leur conscience grâce à Corbyn - et était l'un des 100 députés qui ont signé une lettre appelant le ministre de l'Intérieur Sajid Javid à «défendre une démarche qui garantira que Julian Assange puisse être extradé vers la Suède.»

La campagne du SEP s'est terminée par un rassemblement international à Londres le 8 décembre, qui a réuni tous les candidats du SEP ainsi que des conférenciers du Comité international de la Quatrième Internationale (CIQI). Le secrétaire national du Parti de l'égalité socialiste en France, Alex Lantier, a rejoint la réunion en ligne.

Peter Schwarz a apporté les salutations du CIQI à la réunion et parlé de l'importance de l'attaque de l'appareil de renseignement allemand contre la section allemande du CIQI, le Sozialistischen Gleichheitspartei (SGP). Les actions du Verfassungsschutz (service de renseignements) rappellent les lois anti-socialistes de Bismarck, qui ont interdit le Parti social-démocrate de 1878 à 1888 et l'interdiction du Parti communiste allemand et des sociaux-démocrates par les nazis. Schwarz a expliqué que l'attaque ne visait pas seulement le SGP mais exprimait «Sous une forme pseudo-légale l'hostilité féroce au socialisme - enracinée dans la peur du mécontentement grandissant de la classe ouvrière et sa radicalisation politique - qui alimente les efforts pour légitimer les idées fascistes.»

Peter Schwarz s’exprime à la réunion internationale du SEP à Londres

En clôturant le meeting, Chris Marsden a averti: «La classe dirigeante britannique se prépare à une violence contre-révolutionnaire contre la classe ouvrière, pas à une nouvelle période de paix sociale et "d’unité nationale" sous le régime travailliste…

«Les travailleurs seront, plutôt tôt que tard, contraints de riposter, rejoignant le mouvement qui se déroule actuellement à travers le monde. Ils chercheront un parti prêt à se battre et qui aura les réponses dont ils ont besoin.»

La campagne du SEP a été couverte par le magazine Beaver du syndicat des étudiants de la London School of Economics, qui a publié un long entretien avec Thomas Scripps et le Manchester Evening News, qui a publié une déclaration de candidature de Dennis Leech. Le syndicat des étudiants de l'Université métropolitaine de Manchester a distribué des réponses de Leech à plusieurs questions posées aux candidats à des dizaines de milliers d'étudiants qui fréquentent l'université.

(Article paru en anglais le 16 décembre 2019)

 

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