S'opposer à l'OTAN et à Trump, c'est lutter pour libérer Julian Assange !

Par Chri Marsden
4 décembre 2019

Le Socialist Equality Party (Parti de l'égalité socialiste) appelle toutes les personnes qui protestent contre l'OTAN et la visite aujourd’hui au Royaume-Uni du président américain Donald Trump, de faire de la revendication de la libération du fondateur de Wikileaks, Julian Assange, le fer lance d’un mouvement anti-guerre international.

Lors de la manifestation d'aujourd'hui, les personnes présentes entendront des orateurs de la coalition Stop the War qui réclameront un gouvernement travailliste anti-guerre qui mettre fin à la « relation privilégiée » avec les États-Unis qui a provoqué des guerres dans le monde entier et qui condamneront le président Donald Trump pour son ingérence dans les élections générales britanniques.

Mais à quoi cela revient-il lorsque l'incarcération brutale d'Assange dans la prison à sécurité maximale de Belmarsh témoigne de la criminalité flagrante de l'impérialisme britannique ?

Assange risque d'être extradé vers les États-Unis pour espionnage, où il est passible d’une peine de 175 ans d'emprisonnement. Il est très gravement malade ayant subi une décennie de détention arbitraire. Le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture, Nils Melzer, a averti que les effets de la torture psychologique dans le cadre d'un complot impliquant cinq États (États-Unis, Royaume-Uni, Australie, Suède et Équateur) signifiaient qu'il pourrait mourir en prison. Plus de 70 médecins ont adressé une lettre ouverte à la ministre de l'Intérieur du gouvernement conservateur, Priti Patel, et à la ministre fantôme de l’Intérieur travailliste, Diane Abbott, condamnant le refus de la Grande-Bretagne de fournir des soins médicaux adéquats à Assange et réclamant son transfert immédiat dans un hôpital universitaire.

Assange a été pris pour cible avant tout parce qu'il a révélé des crimes de guerre commis par les États-Unis et le Royaume-Uni en Afghanistan et en Irak. Mais la vidéo du « meurtre collatéral », qui montre un équipage d’un hélicoptère américain en Irak en 2007 en train de fusiller des journalistes de Reuters, n’est que la révélation la plus connue de WikiLeaks sur la criminalité impérialiste dans le monde entier qui a valu à Assange la haine éternelle de Washington et de Londres.

La semaine dernière encore, WikiLeaks a publié un courriel interne écrit par un membre de la mission d'établissement des faits de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) en Syrie, dénonçant les efforts déployés pour supprimer et fausser les preuves pour permettre d'affirmer que le gouvernement de Bachar al-Assad était responsable de la prétendue attaque au gaz du 7 avril 2018 à Douma. L’attaque alléguée a été utilisée pour justifier des frappes aériennes et antimissiles américaines, britanniques et françaises. La fuite a montré que le rapport avait été falsifié pour dissimuler des preuves réfutant les affirmations officielles d'une attaque au gaz chimique.

Le but de Trump et de Boris Johnson est soit d’envoyer Assange aux États-Unis, de l’enfermer et de jeter la clé, soit de le soumettre à un régime de cruauté physique et psychologique telle qu’il meurt en prison.

Sa persécution est un avertissement à tous ceux qui s'opposent à la guerre et à une exploitation de type colonial de ce que pourrait être leur propre destin. Cela ne peut être combattu que par un mouvement de masse prêt à défier toute cette intimidation. Quelqu'un célébré comme un héros par des centaines de millions de personnes a été transformé en paria par les médias du monde entier, les partis politiques traditionnels, y compris le Parti travailliste, et les divers groupes de la pseudo-gauche qui ont refusé de contester les accusations sexuelles forgées de toutes pièces et utilisées pour ternir son nom. L'« enquête préliminaire » suédoise de neuf ans a été abandonnée le mois dernier pour la troisième et dernière fois, n'ayant jamais abouti à une seule accusation contre Assange - prouvant une fois pour toutes son insistance sur le fait que la véritable question avait toujours été la menace d'extradition aux Etats Unis.

Aucun mouvement anti-guerre digne de ce nom ne peut laisser passer une telle obscénité ! Assange doit être libéré et autorisé à retourner dans sa famille et chez d'autres êtres chers en Australie.

Assange est le prisonnier politique le plus important du monde aujourd'hui. Son traitement est un avertissement que la guerre impérialiste est inévitablement accompagnée d'un assaut frontal contre les droits démocratiques.

Les lois répressives britanniques, la censure des médias et d'Internet, ainsi que l’espionnage effectué par l’Etat sur ses citoyens, sont parmi les plus draconiens au monde. Même maintenant, Johnson veut faire tourner cette élection autour du terrorisme, la loi et l'ordre et la « sécurité nationale », en utilisant les terribles événements survenus sur le Pont de Londres. Mais le traitement infligé à Assange, l'abrogation systématique de ses droits démocratiques, est la plus haute expression de ce tournant vers un régime autoritaire.

Le gouvernement britannique a rejeté d'emblée les conclusions de l'ONU selon lesquelles Assange aurait été soumis à une détention arbitraire et à des tortures psychologiques. Il a été enlevé de l'ambassade d'Équateur au mépris du droit international, et emprisonné pour violation mineure de la liberté sous caution et maintenu en prison après avoir purgé cette peine draconienne, sans traitement médical approprié ni conditions nécessaires à la préparation de sa défense, sur la base de déclarations ridicules selon lesquelles l'une des personnes les plus célèbres et les plus reconnaissables au monde « risque de prendre la fuite ».

Une enquête espagnole sur l’espionnage illégal sur Assange à l’ambassade de l’Équateur à Londres, perpétré par l’agence de sécurité privée UC Global, a révélé toute l’étendue de la criminalité officielle. El País a rapporté qu'UC Global aurait transmis des séquences de film et des enregistrements sonores à la CIA, y compris des discussions avec les avocats d’Assange, ce qui signifie qu'il ne peut y avoir aucune chance d'obtenir un procès équitable en février et que toutes les procédures doivent être automatiquement annulées.

L'argument le plus dangereux, même de la part de ceux qui expriment leur sympathie pour Assange, est que ses partisans devraient « faire preuve de retenue » en ce qui concerne toute critique à l’égard du dirigeant du Parti travailliste Jeremy Corbyn et et de Dianne Abbott pour le refus d'exiger sa libération. La dernière fois que ces derniers ont parlé en sa défense, remonte au mois d’avril. Ils ont tous deux battu en retraite dès que les blairistes ont attaqué, amenant Corbyn à déclarer que l'extradition d'Assange aux États-Unis était « du ressort des tribunaux britanniques » et que si la Suède « rouvrait » le dossier à son égard, alors il devait répondre « aux allégations portées contre lui ».

Le sort d'Assange n'a toujours pas été mentionné, même après que la Suède ait abandonné son enquête. Il n'y a rien dans le manifeste du Parti travailliste, rien n'a été dit pendant toute la campagne électorale et rien ne sera dit lors de la visite de Trump. De cette manière, le Parti travailliste joue un rôle clé dans l'isolement d'Assange et facilite la vendetta de Trump.

Les défenseurs de Corbyn appellent également au silence, de peur de l’embarrasser politiquement à un moment où il est déjà la cible d’attaques, affirmant qu'un gouvernement travailliste élu le 12 décembre sera la meilleure chance de liberté pour Assange. C'est un piège politique. Seul un mouvement de masse venant d'en bas peut forcer le gouvernement, du Parti travailliste ou du Parti conservateur, à libérer Assange et à opposer son veto à son extradition.

Le SEP (Parti d l’égalité socialiste), nos partis frères du Comité international de la IVe Internationale et du World Socialist Web Site appellent les travailleurs, les jeunes, les intellectuels, les artistes, le personnel médical, les avocats et les militants des droits civiques à prendre leur place dans la campagne mondiale pour la libération d'Assange.

Assange et la lanceuse d’alerte héroïque Chelsea Manning sont des prisonniers de guerre de classe. La seule force capable de vaincre les efforts combinés de l'impérialisme américain et britannique, de leurs tribunaux, de leurs médias, de leurs partis et de leurs agences de renseignement, est la classe ouvrière internationale, la plus puissante force sociale de la planète.

Seul un mouvement de masse de la classe ouvrière, transcendant toutes les divisions politiques, peut libérer Assange et faire progresser la lutte contre la guerre et la défense des droits démocratiques fondamentaux.

Nous exhortons tous ceux qui reconnaissent les enjeux fondamentaux en jeu :

 Organisez des réunions dans les lieux de travail, les lycées, et les universités pour mobiliser le soutien à la liberté d'Assange.

 Faites adopter des résolutions demandant la fin immédiate de la procédure d'extradition américaine.

 Organisez des délégations et planifiez votre participation à la manifestation de masse prévue à l'extérieur de la prison de Belmarsh pour le début des procédures judiciaires le 24 février.

Contactez le SEP pour rejoindre le combat ;

(Article paru en anglais le 3 décembre 2019)

 

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