Le Parti de l'égalité socialiste au Sri Lanka se présente à l'élection présidentielle de novembre

Par le Parti d’égalité socialiste (Sri Lanka)
16 octobre 2019

Le Parti de l'égalité socialiste (SEP), la section sri-lankaise du Comité international de la Quatrième Internationale (CIQI), se disputera l'élection présidentielle prévue pour le 16 novembre prochain. Notre candidat est Pani Wijesiriwardena, membre de longue date de la direction du parti et membre du comité de rédaction de Colombo du World Socialist Web Site.

Pani Wijesiriwardena

Le SEP est le seul parti au Sri Lanka qui se base sur l'internationalisme socialiste et lutte pour la mobilisation politique indépendante de la classe ouvrière contre le pouvoir capitaliste.

La classe dirigeante sri-lankaise est embourbée dans une crise politique profonde. Elle résulte d’un effondrement systémique du capitalisme mondial, d’une rivalité géopolitique croissante entre les grandes puissances — les États-Unis au centre — et du danger d’une troisième guerre mondiale.

Le Sri Lanka est empêtré dans la campagne militariste imprudente de Washington contre la Chine. Au cours des quatre dernières années, le gouvernement du président Maithripala Sirisena et du Premier ministre Ranil Wickremesinghe a de plus en plus étroitement intégré les forces armées du Sri Lanka aux forces armées américaines.

Les États-Unis veulent un accord sur le statut des forces avec Colombo qui donne à leur armée le libre accès au pays et l’établissement de bases militaires majeures sur l’île. L’Inde, rivale régionale de la Chine et du Pakistan, est désormais un partenaire stratégique des États-Unis et a déjà signé d’importants accords de base avec Washington.

Les grèves salariales lancées par le personnel non universitaire des universités, les cheminots, les enseignants des écoles publiques et les agents administratifs ont poussé le gouvernement à déclencher l’élection présidentielle sri-lankaise. Ces luttes s’inscrivent dans l’opposition croissante des travailleurs, des étudiants et des pauvres contre les mesures d’austérité dictées par le Fonds monétaire international.

Avec ses partis frères du CIQI, le SEP lutte pour construire un mouvement unifié de la classe ouvrière internationale contre le système de profit capitaliste et le danger de guerre sur la base de ce programme est la révolution socialiste mondiale.

Le président Maithripala Sirisena est arrivé au pouvoir en janvier 2015 dans le cadre d’une opération de changement de régime orchestrée par Washington avec l’appui de l’Inde et soutenue par Wickremesinghe, dirigeant du Parti national uni (UNP), et Chandrika Kumaratunga, ancienne présidente.

Les États-Unis et d'autres grandes puissances avaient soutenu les méthodes antidémocratiques de Rajapakse et la guerre communaliste contre les Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE), mais s'étaient opposés à ses relations économiques étroites avec Beijing. Washington voulait que le Sri Lanka s'aligne sur sa politique de «pivot vers l'Asie» contre la Chine, politique soutenue par tous les partis de l'establishment, dont l'Alliance nationale tamoule (TNA), les partis musulmans et la Janatha Vimukthi Peramuna (JVP).

Alors que le gouvernement Sirisena-Wickremesingle a changé la politique étrangère du Sri Lanka en faveur de Washington et de New Delhi, l’Administration à court d’argent fait face à une crise de dette croissante. Incapable de surmonter les problèmes sociaux qu’il avait promis de résoudre, il a imposé sans pitié les coupes sombres dans les dépenses sociales exigées par le Fonds monétaire international.

Ces mesures d’austérité ont provoqué une opposition sociale généralisée et entraîné des pertes importantes pour l’UNP et la fraction de Sirisena du Parti de la liberté de Sri Lanka (SLFP) lors des élections locales de février 2018. Le Sri Lanka Podujana Peramuna (SLPP) nouvellement organisé par l’ancien président Rajapakse a pris le contrôle de la plupart des conseils.

Après les élections, une guerre entre factions a éclaté au sein de l’élite politique, alors que les rivaux politiques se disputaient la meilleure façon d’écraser l’opposition croissante de la classe ouvrière. En octobre dernier, Sirisena a brusquement évincé Wickremesinghe de son poste de Premier ministre et l’a remplacé par Mahinda Rajapakse dans l’espoir de former un «gouvernement fort».

Le coup d’État de Sirisena a cependant échoué parce que Washington s’est opposé au retour de Rajapakse et que les cours suprêmes du pays ont jugé que la dissolution du parlement par le président était illégale.

En dépit de leurs différences entre fractions, toutes les sections de l’élite dirigeante se sont emparées des attentats à la bombe perpétrés le 21 avril par des terroristes islamistes et les ont utilisées pour justifier l’imposition de mesures policières étatiques contre les travailleurs et les pauvres. Les éléments de preuve montrent que les autorités de défense sri-lankaises, ainsi que Sirisena, Wickremesinghe et Rajapakse, ont été averties à l’avance des attentats terroristes mais qu’elles les ont laissé avoir lieu.

Sirisena, avec l’appui de tous les partis parlementaires, a déployé l’armée, l’a dotée de pouvoirs d’urgence draconiens, puis a lancé une campagne antimusulmane pour désorienter la population.

Au lendemain des attentats terroristes, l’UNP, le SLPP et le JVP ont tous insisté sur le fait que la priorité était de défendre la «sécurité nationale» en renforçant l’appareil militaire et de renseignement. Lors de l’élection présidentielle, chaque parti tente de surenchérir sur ses rivaux pour savoir qui imposera les lois les plus sévères. La réponse des élites dirigeantes à la résurgence des luttes de classe dans chaque pays est de préparer la dictature et les formes fascistes de gouvernement.

Politiquement discrédité, Sirisena ne participera pas aux élections présidentielles — sa faction parlementaire du SLFP est passée de 65 à 15 députés, dont certains ont déserté pour le SLPP. Mais il continue de faire tout son possible pour renforcer l’armée.

Après une longue bataille interne, l’UNP promarché a choisi son dirigeant adjoint, Sajith Premadasa, comme candidat à la présidence. Elle espère que les liens de Premadasa avec des sections de la hiérarchie bouddhiste attireront des votes cingalo-bouddhistes.

Le candidat à la présidence du SLPP est l’ancien secrétaire à la défense Gotabhaya Rajapakse, le frère de Mahinda Rajapakse. Notoirement connu pour sa conduite brutale de la guerre contre les LTTE, il est accusé d’avoir commis des crimes de guerre dans les dernières années du conflit. Il a mené une répression sanglante des grèves et des manifestations des travailleurs et des pauvres du Sud.

Gamini Viyangoda et Chandraguptha Thenuwara, qui ont soutenu l’opération de changement de régime contre l’ancien président Rajapakse, intentent actuellement un procès en justice pour empêcher Gotabhaya Rajapakse de se présenter à la présidence. Ils soutiennent que l’ancien secrétaire à la défense, qui a obtenu la citoyenneté américaine après avoir quitté l’armée, n’a pas renoncé à sa citoyenneté américaine comme l’exigent les lois électorales réactionnaires du Sri Lanka.

L’action en justice a pris de l’importance à la suite des préoccupations exprimées dans les médias occidentaux au sujet de la possibilité que Gotabhaya devienne président. L’Unité du renseignement de l’Economist, par exemple, basé à Londres, a averti que «les relations avec l’Occident et l’Inde en souffriraient» et que les engagements avec la Chine augmenteraient s’il arrivait au pouvoir.

Le Parti national du peuple (NPP) du pouvoir, dominé par la JVP, a choisi Anura Kumara Dissanayake, leader de la JVP, comme candidate. Un certain nombre d’universitaires et de professionnels, qui se sont rendus en masse à Sirisena en 2015, ont fait pression pour que la NPP soutienne Dissanayake. C’est la première fois depuis 1999 que le JVP se présente à une élection présidentielle, après avoir soutenu les candidats de l’UNP et du SLFP au cours des deux dernières décennies et servi dans le gouvernement de Kumaratunga en 2004.

Les partis de pseudo-gauche, tels que le Parti Nava Sama Sama Samaja (NSSP), le Parti socialiste de première ligne (FSP) et le Parti socialiste uni (USP), se préparent, une fois encore, à jouer un rôle cynique dans l’élection présidentielle. Le FSP et l’USP prétendent avoir présenté des candidats «socialistes», mais ces partis, avec le NSSP, ont soutenu Sirisena en 2015. Le NSSP, après avoir servilement soutenu le gouvernement dirigé par Wickremesinghe, présente un candidat dont la tâche politique sera de faire campagne pour l’UNP.

Le SEP et son prédécesseur, la Ligue communiste révolutionnaire, ont un bilan sans faille dans la lutte pour l’internationalisme socialiste. C’est le seul parti au Sri Lanka qui s’est toujours opposé à la guerre civile. Il a exigé le retrait de l’armée sri-lankaise du nord et de l’est, ainsi que l’unité des travailleurs au-delà des frontières ethniques. Il lutte pour un gouvernement ouvrier et paysan sous la forme d’une République socialiste du Sri Lanka et de l’Eelam dans le cadre d’une Union des Républiques socialistes d’Asie du Sud et au niveau international.

Pani Wijesiriwardena, candidate au SEP, est une enseignante à la retraite et une combattante inébranlable pour cette perspective et pour la défense de tous les droits démocratiques. Sa lutte constante contre l’appareil syndical et ses trahisons pendant de nombreuses décennies, et face à la victimisation du gouvernement de l’UNP dans les années 1980, lui a valu un large soutien des étudiants et des enseignants, des travailleurs et des pauvres. Wijesiriwardena a été le candidat du SEP à l’élection présidentielle de 2015.

Le SEP et son mouvement de jeunesse, l’International Youth and Students for Social Equality (IYSSE – l’Internationale des jeunes et des étudiants pour l’égalité sociale), publieront un manifeste électoral détaillé. Nous présenterons un programme de réunions publiques à travers le pays pour expliquer nos politiques. Nous exhortons tous les travailleurs, les jeunes et les intellectuels progressistes à soutenir cette campagne et à y participer.

Le SEP a lancé un fonds électoral d’un million de roupies (environ 5000 €) et demande un soutien généreux. Notre combat est de résoudre la crise de la direction révolutionnaire de la classe ouvrière, ce qui signifie construire le SEP comme un parti révolutionnaire de masse. Nous exhortons tous ceux qui sont d’accord avec notre programme et notre perspective à se joindre au SEP et à poursuivre cette lutte politique.

(Article paru d’abord en anglais le 5 octobre 2019)

 

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