Le PES intervient au rassemblement pour la défense d’Assange à Paris

Par Anthony Torres
15 avril 2019

Des militants du Parti de l’égalité socialiste (PES) sont intervenus au rassemblement samedi en défense d’Assange à Paris, sur l’invitation du journal alternatif Le Grand Soir. Des centaines de personnes dont des «gilets jaunes», quelques militants de la France Insoumise, des Australiens et des Latino-américains étaient présents pour dénoncer l’arrestation d’Assange dans l’ambassade de l’Equateur à Londres. Assange est menacé d’extradition vers les Etats Unis où il risque la peine de mort.

Le Grand Soir avait organisé le rassemblement devant les bureaux du Monde pour dénoncer le silence et le mépris de la presse française face à la persécution d’Assange. Viktor Dedaj pour Le Grand Soir a dénoncé le gouvernement Trump comme étant derrière l’arrestation et exigé la libération d’Assange. Il a également souligné la lâcheté de journaux qui se sont servis des matériels publiés par Assange et WikiLeaks pour rédiger et faire vendre leurs articles, mais qui abandonnent à présent Assage à son sort.

Dedaj a indiqué que d’autres mobilisations auraient lieu sur Paris dans les jours à venir.

Les militants du PES ont distribué des centaines de tracts «Libérez Julian Assange !», et Alexandre Lantier a pris la parole pour le WSWS et le PES et condamné «catégoriquement l’arrestation de force du fondateur de WikiLeaks, Julian Assange. Nous appelons à une campagne mondiale au Royaume-Uni et à l'échelle internationale pour défendre Assange; s’opposer à son extradition vers les États-Unis; et garantir sa liberté et son retour en Australie, avec des garanties contre toute poursuite future.»

Lantier a conclu son intervention en expliquant que la défense d’Assange, qui a lutté pour révéler la vérité aux travailleurs, nécessite l’intervention de la classe ouvrière internationale: «C’est la classe ouvrière, la grande masse de la population, qui doit être mobilisée pour défendre Julian Assange, Chelsea Manning et tous les prisonniers de guerre de classe. L’exigence de leur liberté doit être un cri de ralliement pour la classe ouvrière mondiale.»

Après un discours reçu favorablement par les manifestants, le WSWS a pu discuter avec Eliane. Elle a dit être «venue parce que je suis révoltée de voir la façon dont on traite Julien Assange, alors qu'il a risqué sa vie pour nous informer pour dénoncer tout ce qui se passe à travers le monde».

Interrogée sur son opinion des guerres menées par l’OTAN en Afghanistan et en Irak, Eliane répond: «Je pense que ça a été des coups montés, c'est toujours pour entraîner les peuples dans la guerre qu’ils justifient avec des mensonges. Heureusement, il y a des lanceurs d'alerte mais il ne faut pas les laisser tomber. Tous les pays sont impliqués contre Assange, personne ne voudra l'accueillir.»

Lorsque le WSWS a demandé à Eliane ce qu’elle pensait de la conduite du gouvernement May et de Moreno, Elian a trouvé leur attitude «révoltante» : «L'Equateur n'aurait pas dû donner l'accord, si j’ai bien compris il y a eu des pressions très fortes exercées sur le gouvernement équatorien … Moreno n’a pas tenu la parole de son prédécesseur. L'Angleterre n'était peut être pas obligée de l’arrêter non plus.»

Eliane a condamné le silence du gouvernement français sur la persécution d’Assange, qu’elle a rapporté à la montée de la colère sociale: «Ce silence est honteux. Je ne sais pas si c'est complice, mais ce n'est pas courageux du moins. Et puis nous on a honte de cette façon de faire, ça ne correspond pas du tout à nos valeurs. Donc on est révolté, on est révolté pour plein de choses en ce moment. Là, c'est encore un sujet supplémentaire.»

Elian craint que «s'il (Assange) est extradé vers les Etats-Unis, cela ne va pas se limiter à la prison. Pour moi ce sera la peine de mort.»

Le WSWS a aussi rencontré Alexandre, qui était venu «manifester tout simplement en soutien. … Il est important de soutenir en règle générale ce qu’on appelle aujourd’hui les lanceurs d’alerte.»

Il a ajouté: «Je pense que c'est important d'avoir des gens qui n'hésitent pas à aller chercher des infos et à les divulguer. Après, il y a tout un travail à faire pour savoir si ces infos sont vraies, si elles apportent vraiment quelque chose. Mais à partir du moment où elles sont vérifiées, les informations doivent être accessibles au grand public. »

A la question de ce qu’il pense du silence du Nouveau parti anticapitaliste et de Lutte ouvrière sur Assange et du Tweet lapidaire de Mélenchon sur son arrestation, Alexandre a répondu: «Effectivement en France il n'y a pas de soutien. La preuve, on n'est pas non plus des milliers. Moi je n'attends pas un soutien énorme face à Assange encore moins vis à vis des politiques de tout bord.»

Enfin le WSWS a parlé à Carmen, Australienne d’origine chilienne «préoccupée par le cas Assange. L'Australie n'a rien fait pour soutenir Julian Assange, nous n'avons que des journalistes comme John Pilger qui sont venus. … Le gouvernement est muet sur cette question et c'est honteux.»

Interrogée sur les interventions du Parti de l’égalité socialiste australien pour mobiliser l’opposition des travailleurs à la persécution d’Assange, Carmen a dit: «II y a eu des rassemblements à Sydney et à Melbourne où des gens se sont élevés contre cela. La population australienne en général était contre toutes les guerres qui se déroulaient en Irak, des millions de personnesse sont réunies pour lutter contre ces guerres. Ce n'était pas une décision des populations. Il s'agissait d'une décision des gouvernements, de financer le complexe militaro-industriel et de payer leurs contrats.»

Pour Carmen, Assange est «héros»: «Je pense qu'en tant que journaliste, qui a dirigé WikiLeaks, il a exposé toutes les illégalités et les atrocités que les gouvernements ont commises et nous, les gens, avons le droit de questionner nos gouvernements.»

Sur les accusations de viol contre Assange en Suède, Carmen a estimé que «ce sont des accusations frauduleuses, mises en scène pour l’envoyer en Suède pour qu’on puisse ensuite l’extrader aux Etats-Unis. Je pense que WikiLeaks et Julian Assange, aux yeux des gouvernements, ont beaucoup fait pour les endommager, car ils ne peuvent plus se cacher derrière la façade d'un gouvernement propre.»

Carmen a dit qu’il fallait «penser qu'il s'agit d'une violation de la liberté de la presse et de ses implications à long terme».