Libérez Julian Assange et Chelsea Manning !

Par André Damon
30 mars 2019

Le sort de Julian Assange et Chelsea Manning, prisonniers politiques, victimes de l'impérialisme américain et mondial pour avoir dénoncé des crimes et des complots impérialistes, doit être au centre de l'attention de toute la classe ouvrière et de tous ceux qui défendent les droits démocratiques.

Aujourd'hui marque une année complète depuis que l'éditeur de WikiLeaks, Julian Assange, a été privé de son accès Internet et de sa capacité à communiquer avec le monde extérieur. Assange reste confiné à l'ambassade de l'Équateur à Londres, où il avait obtenu l'asile politique en 2012. Là-bas, il fait l'objet d'une surveillance constante et intrusive.

Assange fait face au terrible choix de rester piégé dans des conditions où il ne peut pas communiquer ses opinions ni protester contre son traitement, ou quitter l'ambassade pour être arrêté par la police britannique et risquer l'extradition vers les États-Unis, où il est accusé à tort d'espionnage.

Soulignant le danger pour Assange, WikiLeaks a attiré l'attention la semaine dernière sur le fait qu'un avion du ministère américain de la Justice qui avait été utilisé l'année dernière pour «livrer aux États-Unis le russe Yevgeniy Nikulin soupçonné de piratage» s'était envolé pour Londres, avant de revenir samedi. L'envoi de l'avion s'est accompagné d'une augmentation inexpliquée de la présence de policiers en civil autour de l'ambassade de l'Équateur à Londres.

Demain marquera également trois semaines depuis que Chelsea Manning, qui a fourni à WikiLeaks en 2010 des documents révélant des crimes de guerre américains, a été emprisonnée pour outrage au tribunal par un juge fédéral. Le prétendu «crime» de Manning est d'avoir refusé de témoigner contre Assange lors d'une audience secrète du grand jury. Elle est en cellule d'isolement 22 heures par jour.»

Manning risque une nouvelle détention indéfinie après sept ans d'emprisonnement sous l'administration Obama, dans des conditions que le Rapporteur spécial des Nations unies sur la torture a qualifiées de «cruelles, inhumaines et dégradantes».

Le sort de Manning et d'Assange n'a pratiquement pas été rapporté par les grands médias. Il n'a suscité aucune protestation de la part de l'establishment politique américain. Aucun membre démocrate du Congrès, y compris Bernie Sanders et Alexandria Ocasio-Cortez, n'a parlé de l'emprisonnement de Manning, et encore moins de son opposition à son incarcération. Le comité de rédaction du New York Times et ses chroniqueurs hypocrites, qui s'emparent des allégations de violations des droits de l'homme lorsqu'elles servent les intérêts de l'impérialisme américain, sont silencieux.

L'administration Trump dirige la persécution d'Assange et de Manning. Mais sa vendetta vindicative et inconstitutionnelle est soutenue et encouragée par le Parti démocrate et les médias qui lui sont associés.

Pendant plus de deux ans, les démocrates, le New York Times et le Washington Post ont promu le mensonge que WikiLeaks a agi en connivence avec la campagne Trump et la Russie pour voler la présidence pour Donald Trump. Les médias, se basant sur des affirmations non prouvées par les agences de renseignement américaines, ont déclarées que WikiLeaks avait sciemment reçu du gouvernement russe des courriels piratés et conspiré avec la campagne Trump pour utiliser cette information «comme arme de guerre» contre l'opposante de Trump, Hillary Clinton.

La conclusion de l'enquête Mueller a mis en lumière l'ensemble de l'édifice de mensonges des médias qui ont servi de base à la chasse aux sorcières anti-Russie. Non seulement les accusations de «collusion», mais tout le cadre de la campagne anti-Russie (et anti-WikiLeaks) est exposé comme une fraude.

Pendant ce temps, de véritables journalistes comme Assange, qui font ce que les journalistes sont censés faire - informer le public et révéler les secrets, les mensonges et les crimes du gouvernement - sont poursuivis et persécutés.

Avec l'effondrement du récit de la collusion, il y a une convergence croissante entre l'administration Trump, qui a déclaré la guerre au socialisme, et ses opposants politiques au sein du Parti démocrate, qui cherche à dépeindre la croissance du sentiment socialiste et de gauche aux États-Unis comme étant le résultat de «l'ingérence» russe.

Leur programme commun est une attaque contre les droits démocratiques, y compris la liberté d'expression, qui trouve son expression la plus élevée, ou la plus criminelle, dans la persécution d'Assange et de Manning.

La complicité du Parti démocrate, du New York Times et du reste des médias capitalistes dans la persécution de Manning et d'Assange n'est pas surprenante. On ne peut s'attendre à rien de moins de la part de ces défenseurs de l'impérialisme américain et des intermédiaires de la CIA et du Pentagone.

Il en va de même pour les organisations de pseudo-gauche de la classe moyenne qui gravitent autour du Parti démocrate, qui ont gardées le silence sur l'emprisonnement d'Assange après avoir exigées qu'il soit «traduit en justice» pour des allégations d'abus sexuels inventées de toutes piéces, qui ont finalement été abandonnées par les procureurs.

Le World Socialist Web Site mène une campagne pour gagner la libération d'Assange et de Manning. Plus tôt ce mois, le Socialist Equality Party (SEP - Parti de l'égalité socialiste) australien a organisé des rassemblements à Sydney et Melbourne, attirant chacun des centaines de manifestants. Lors du rassemblement de Sydney, les journalistes John Pilger et Joe Lauria, ainsi que le professeur Stuart Rees, leader en matière de droits civiques, ont exigé le retour immédiat et sûr d'Assange en Australie.

Au cours des deux dernières semaines, le SEP aux États-Unis a organisé des rassemblements et des réunions contre l'emprisonnement de Manning.

S'adressant au rassemblement de Sydney, le secrétaire national du SEP (Australie), James Cogan, a déclaré «Julian est un prisonnier de la guerre des classes. Sa persécution est avant tout une attaque contre la classe ouvrière.» Il a ajouté «Le mouvement trotskyste, le WSWS et le SEP, s'est engagé à mobiliser la classe ouvrière pour défendre non seulement Julian, mais tous les droits démocratiques, en tant que composante essentielle de la lutte pour parvenir à une véritable égalité sociale, pour s'opposer à la guerre et au capitalisme.»

Alors que l'opposition des travailleurs s'accroît dans le monde entier, des masses d'Afrique du Nord aux conducteurs d'Uber à Los Angeles en passant par les travailleurs de l'automobile aux États-Unis et en Europe, les mots de la fin de la prestation de Cogan méritent d'être répétés: «Nous envoyons un message clair à Julian Assange aujourd'hui et il l'entendra: Tu n'est pas seul, tu n'as pas été abandonné, tu n'as pas été oublié. Tu seras libéré.»

(Article paru en anglais le 28 mars 2019)