Le Parti de l'égalité socialiste d’Allemagne certifié pour se présenter aux élections européennes

Par Notre correspondant
23 mars 2019

Le Sozialistische Gleichheitspartei (SGP – Parti de l'égalité socialiste) a été certifié à l'unanimité pour participer aux élections européennes lors d'une réunion de la Commission électorale fédérale à Berlin, vendredi.

En conséquence, la section allemande du Comité international de la Quatrième Internationale (CIQI) apparaîtra sur les bulletins de vote dans toute l'Allemagne lors des élections du 26 mai, donnant à 60,8 millions d'électeurs inscrits la possibilité de voter pour une alternative socialiste au nationalisme, à la guerre et à l'austérité. Le SGP présente 11 candidats. Il a présenté des pétitions qui contenaient beaucoup plus que les 4 000 signatures valides requises pour se présenter à l'élection.

L'Allemagne a droit à 96 des 705 sièges du Parlement européen, la Grande-Bretagne étant exclue. Contrairement à une élection fédérale, il n'y a pas un seuil minimal du pourcentage des votes à obtenir pour siéger au Parlement européen

Le SGP utilisera les élections européennes afin d'engager le dialogue avec de larges couches de travailleurs et de jeunes et chercher à les gagner à un programme socialiste. Les principales revendications de sa campagne concernent la lutte contre le militarisme et le réarmement, la montée de l'extrême droite et les attaques contre l'emploi, les salaires, les programmes sociaux et les droits démocratiques.

Le SGP insiste pour dire que ces revendications ne peuvent être garanties que par la rupture de la classe ouvrière avec les anciens partis et syndicats, en s'organisant de manière indépendante et en luttant pour le renversement du capitalisme, qui subordonne tous les besoins sociaux aux intérêts d'une couche minuscule de super-riches.

Le SGP s'oppose à la fois à l'Union européenne, dont le caractère réactionnaire devient de plus en plus clair, et aux forces de droite qui cherchent à canaliser l'opposition à l'UE dans une direction nationaliste et raciste. Il préconise les États unis socialistes d'Europe.

Bien que le parti brigue les élections en Allemagne, sa campagne électorale s'adresse aux travailleurs et aux jeunes dans toute l'Europe. Le SGP collabore étroitement avec ses partis frères, le Socialist Equality Party en Grande-Bretagne et le Parti de l'égalité socialiste en France, ainsi qu'avec des sympathisants dans d'autres pays européens.

Sur les 41 partis qui se présentent aux élections européennes, le SGP est le seul à proposer un programme socialiste. C'est le seul parti avec le mot «socialiste» dans son nom sur le bulletin de vote.

Au total, 59 partis et associations ont présenté des demandes de participation aux élections, dont cinq pour des États allemands individuels. Le comité électoral s'est uniquement penché sur la question de savoir si les demandes répondaient aux exigences légales en matière d'accès aux urnes, et non sur le contenu de leurs programmes. Le comité a rejeté 15 candidats parce qu'ils n'avaient pas soumis un nombre suffisant de signatures valides ou ne répondaient pas à d'autres exigences. Trois autres demandes ont été retirées à l'avance, dont celle du Parti Bleu, dirigé par l'ancienne chef de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD), Frauke Petry.

La plupart des partis approuvés qui ne sont pas actuellement représentés au Parlement européen se concentrent sur des sujets particuliers tels que l'environnement, les pensions ou les questions démocratiques. Cinq partis ont mentionné la protection des animaux dans leur nom.

Deux partis staliniens ont été acceptés, le Parti marxiste-léniniste d'Allemagne (MLPD) maoïste, qui continue à défendre Staline et les procès de Moscou, et le Parti communiste allemand (DKP), fondé en 1968 en tant que section ouest-allemande du parti dirigeant en RDA.

Plusieurs partis d'extrême droite apparaîtront sur le bulletin de vote. Aux côtés de l'AfD, qui est déjà représentée au Parlement européen, il y a La Droite, Troisième voie et le Parti national démocratique (NPD). SGP

L'AfD faisait partie pour la première fois de la commission électorale. Georg Pazderski, ancien officier de l'armée allemande et homme politique fédéral de premier plan de l'AfD, a été chaleureusement accueilli par le coordinateur des élections fédérales et président de la commission, Georg Thiel. Lorsque la liste de l'AfD a été traitée, plusieurs questions internes aux partis ont été discutées, ce qui a mis en évidence de graves lacunes en ce qui concerne la sélection des candidats. Thiel s'est donné beaucoup de mal pour minimiser l'importance de ces déficiences et a demandé au représentant de l'AfD s'il était d'accord avec ses propos.

La campagne de La Droite a pour principal candidat la négationniste Ursula Haverbeck, âgée de 89 ans, qui a été condamnée à de nombreuses reprises pour incitation à la haine. Les partisans du parti se sont assis au premier rang pendant l'audience, portant des T-shirts portant la photo de Haverbeck et criant haut et fort contre les autres partis. Le coordonnateur fédéral des élections ne s'y est pas opposé. Lorsqu'un représentant d'un autre parti a exprimé sa frustration face aux singeries de La Droite, Thiel a réprimandé ce parti, sous les applaudissements des partisans de La Droite, et a menacé d'expulser le parti contestataire de la réunion.

Les élections européennes se déroulent dans le contexte d'un renouveau de la lutte des classes. Que ce soit en France, en Algérie, aux États-Unis ou en Chine, les travailleurs se révoltent contre l'impact de décennies de réductions salariales et de coupes dans les dépenses sociales. Des dizaines de milliers de personnes ont participé à des grèves lors des récentes négociations collectives dans le secteur public allemand pour protester contre la destruction des écoles, les conditions de travail insupportables et les salaires de misère. Dans l'industrie automobile et dans d'autres secteurs, la plus importante vague de suppressions d'emplois depuis des décennies est en cours. En même temps, les élites au pouvoir se préparent à nouveau à la guerre en investissant des milliards d'euros dans le réarmement.

Le SGP est le seul parti qui propose une perspective pour faire avancer les luttes de la classe ouvrière, rendant sa campagne électorale immensément importante pour l'avenir des travailleurs en Allemagne et au niveau international. Au cours de la collecte des signatures, le parti a obtenu un fort soutien parmi les travailleurs et les jeunes.

Marianne Arens, l'une des candidats du SGP, a déclaré au World Socialist Web Site: «Ce n'est pas la première fois que nous nous présentons aux élections et que nous devons recueillir des signatures pour ce faire. Mais il y a eu un changement notable cette fois-ci. Nous avons recueilli beaucoup plus de signatures dans les usines que par le passé. On sent que la colère dans les usines déborde. Face aux bas salaires et aux coupes incessantes dans les dépenses sociales, de nombreux travailleurs et travailleuses éprouvent de l'indignation envers tous les partis au Parlement et les syndicats.

«Nos reportages sur les grèves et les manifestations de masse dans d'autres pays, et notre perspective de coopération internationale contre le capitalisme et la dictature des banques et des entreprises ont suscité un intérêt considérable. Dans et autour des usines d'automobiles et des usines de fournisseurs à Stuttgart, nous avons recueilli plus de 1000 signatures.»

Le secrétaire-national du SGP Ulrich Rippert, qui est également candidat, a déclaré au WSWS que la lutte contre les partis d'extrême droite et fascistes jouerait un rôle central dans la campagne électorale du SGP. Sans le soutien décisif du parti social-démocrate (SPD), du Parti de gauche, des Verts et des syndicats, le retour du militarisme allemand et le renforcement des forces d'extrême droite n'auraient pas été possibles, a-t-il déclaré.

Rippert a poursuivi en expliquant que le SPD est un parti de droite de l'État, qui représente les intérêts des banques, des grandes entreprises, des agences de renseignement et de l’armée. En raison de sa politique militariste et de ses coupes dans les prestations sociales au nom de l'Agenda 2010, le parti est profondément détesté. Le SPD répond au déclin rapide de son vote en virant de plus en plus vers la droite et en soutenant l'AfD.

Avec la certification de la candidature du parti, la prochaine étape de la campagne électorale du SGP commence. Les candidats expliqueront et discuteront du programme du parti lors de réunions en Allemagne et dans d'autres pays européens.

Le SGP utilisera les médias sociaux et d'autres canaux pour diffuser son programme. Pour cela, le parti a besoin du soutien actif et de l'aide financière de tous ceux qui ne sont plus prêts à tolérer le retour de la guerre, la dictature et de nouvelles réductions des dépenses sociales, et de ceux qui soutiennent une alternative socialiste.

La prochaine réunion importante aura lieu le samedi 23 mars à la Foire du livre de Leipzig. Christoph Vandreier, le secrétaire-adjoint du SGP, présentera son livre «Pourquoi sont-ils de retour? Falsification historique, complot politique et retour du fascisme en Allemagne», qui traite de la montée de l'extrême droite, et David North, président du Comité de rédaction international du WSWS, discutera de la nouvelle édition de son histoire de la Quatrième Internationale, L'Héritage que nous défendons.