Il y a 50 ans : Johnson annonce une pause dans le bombardement du Nord-Vietnam

1 novembre 2018
Un bombardier américain largue sa cargaison mortelle sur le Nord-Vietnam

Le 31 octobre 1968 dans une allocution télévisée, le président américain Lyndon Johnson annonçait que les États-Unis cessaient le bombardement du Nord-Vietnam, lequel durait de manière pratiquement ininterrompue depuis 1965.

A seulement cinq jours des élections présidentielles, cette annonce était censée soutenir la campagne du Vice-président Hubert Humphrey qui était en déclin, en jouant sur les sentiments pacifistes. Ce candidat démocrate à la présidentielle avait de mauvais résultats dans les sondages après la répression policière qui avait frappé les manifestants lors de la convention nationale du parti démocrate. Au cours du mois d’octobre, Humphrey s’était pratiquement fait rattraper par le candidate républicain Richard Nixon dans les sondages.

L’accord sur la fin des bombardements était intervenu après plusieurs jours d’intenses négociations secrètes entre les États-Unis et le régime stalinien du Nord-Vietnam. En échange de la fin des bombardements, le régime du Nord acceptait que le régime fantoche du Sud qui était en lutte contre le Front de libération nationale participe aux négociations de paix. Il était tacitement admis par les deux parties que si le Front de libération nationale attaquait Saïgon ou d’autres grandes villes dans le Sud, les bombardements reprendraient.

Cet accord constituait une concession importante de la part du Nord qui jusque-là exigeait la fin des bombardements sans contrepartie.

L’on sait maintenant que la campagne de Nixon a saboté ces négociations en promettant au régime du Sud des concessions plus importantes s’il retardait l’accord jusqu’après son élection à la présidence.

Alors que les détails étaient finalisés, le général Creighton Abrams, le commandant américain en chef au Sud-Vietnam, s’envolait pour les États-Unis où il rencontra Johnson en personne pour lui expliquer la situation. Le général lui dit que la pression militaire du Front de libération nationale s’était réduite durant les derniers mois, qu’un grand nombre de combattants ennemis avaient été retirés de la partie au nord du Sud-Vietnam et que les combats avaient pratiquement cessés. Sur cette base, le commandement militaire indiqua qu’il était favorable à la fin des bombardements sur le Nord-Vietnam.

Les bombardements, qui se faisaient non-seulement par air, mais aussi depuis des navires en mer et de l’artillerie terrestre, ont cessés le 1ᵉʳ novembre. Jusque-là, les États-Unis avaient maintenu un bombardement depuis février 1965. La seule pause notable avait été une suspension de 37 jours ordonnée par Johnson entre décembre 1965 et janvier 1966.

Même après que Johnson a lancé son appel officiel à des négociations en mars 1968, l’armée avait maintenu des bombardements plus limités sur la région au sud de Hanoï.

(Article paru en anglais le 29 octobre 2018)