Le secrétaire national du PES Australie exige que le gouvernement australien agisse pour libérer Julian Assange

Par James Cogan
15 juin 2018

La déclaration suivante a été faite par James Cogan, secrétaire national du Parti de l'égalité socialiste (Australie), à une conférence de presse à Sydney le 13 juin.

Le Parti de l'égalité socialiste organise une manifestation politique à la Place de la Mairie de Sydney à 13h ce dimanche 17 juin pour défendre le rédacteur en chef de WikiLeaks, Julian Assange.

Dimanche, nous présenterons, aux côtés du journaliste John Pilger, une demande centrale:

Le gouvernement australien doit immédiatement exercer le pouvoir diplomatique indéniable dont il dispose, et la discrétion juridique indéniable dont il jouit, et intervenir au nom de Julian Assange, un journaliste et citoyen australien.

Il doit oeuvrer pour assurer sa libération immédiate et inconditionnelle de son confinement forcé dans l'ambassade équatorienne à Londres.

Julian Assange doit être libre de quitter l'ambassade et, s'il le souhaite, de quitter immédiatement le Royaume-Uni et de retourner en Australie.

Assange doit recevoir une garantie publique, à la fois du premier ministre Malcolm Turnbull et du chef du Parti travailliste, Bill Shorten, que toute demande des autorités américaines de l'extrader vers les États-Unis sera refusée par l'Australie.

Le gouvernement australien a mobilisé des ressources considérables pour obtenir la libération du journaliste d' Al Jazeera Peter Greste faussement emprisonné en Égypte.

Il doit faire de même, sinon plus, pour empêcher que Julian Assange ne tombe entre les griffes de l'administration Trump et des tribunaux américains.

Le procureur général de Trump Jeff Sessions a ouvertement déclaré que l'arrestation d'Assange est une «priorité». WikiLeaks, une organisation médiatique primée, a été l'année dernière qualifié d'«agence de renseignement hostile non étatique» par l'ancien directeur de la CIA Mike Pompeo, qui est maintenant le secrétaire d'État de Trump.

Le gouvernement américain veut faire juger Julian Assange pour espionnage pour avoir publié des fuites qui ont exposé au monde les crimes de guerre, les intrigues diplomatiques et de nombreuses violations des droits de l'homme commis par les États-Unis.

La vendetta contre lui s'est énormément intensifiée sous Trump. En mars 2017, WikiLeaks a commencé à publier les fuites de Vault 7 qui ont révélé la véritable dimension orwellienne des opérations de la CIA pour pirater les téléphones, les ordinateurs, les serveurs, les téléviseurs intelligents et même les systèmes informatiques de véhicules, afin qu'elle puisse espionner les communications de dizaines de millions de personnes aux États-Unis et dans le monde.

Suite aux fuites de Vault 7, l'appareil étatique américain est encore plus déterminé à faire taire WikiLeaks et Assange.

Julian Assange n'a commis aucun crime en vertu de la loi australienne ou même américaine. La tentative de le dénigrer avec des allégations d'infractions sexuelles s'est finalement effondrée en mai 2017, lorsque les procureurs suédois, après avoir interrogé Assange en novembre 2016, ont abandonné leur enquête politiquement motivée.

La seule infraction que Julian Assange a commise, si l'on peut même l'appeler ainsi, est de s'être dérobé de la justice étant en liberté sous caution quand il a demandé l'asile à l'Équateur après que les tribunaux britanniques ont à plusieurs reprises rejeté sa préoccupation bien fondée que l'extradition vers la Suède pour répondre à des «questions» n'était rien de plus qu'un prétexte pour l'emmener dans un pays où il pourrait être rapidement extradé vers les États-Unis.

Je conclurai en soulignant deux points:

Premièrement, la situation de Julian Assange est extrêmement grave. Pendant six ans, il a subi ce que le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire avait déjà condamné en décembre 2015 comme «privation de liberté» et «violation» de ses droits.

Il s'est vu refuser l'accès aux traitements médicaux essentiels et même à la lumière du soleil par le gouvernement britannique.

Depuis le 28 mars 2018, il subit le stress psychologique supplémentaire de se voir refuser toute communication avec le monde extérieur, y compris avec sa famille en Australie, et les actions du gouvernement équatorien lui ont interdit de recevoir des visiteurs personnels excepté ses représentants juridiques.

L'administration Trump, le gouvernement britannique et maintenant le gouvernement de l'Équateur tentent sciemment de briser Julian Assange, de le forcer à sortir de l'ambassade et de l'obliger à avouer des crimes qu'il n'a pas commis.

Chaque attaque contre la liberté d'expression et des médias indépendants et sans peur est un coup porté contre la lutte plus grande de la classe ouvrière contre l'exploitation des grandes sociétés, l'austérité du gouvernement, l'élargissement des inégalités sociales et le danger toujours croissant d'une guerre entre grandes puissances.

J’exhorte les travailleurs dans tous les lieux de travail en Australie et à l'étranger à organiser des réunions, à adopter des motions en appui à Assange et WikiLeaks, et à envoyer des délégations à la manifestation de dimanche à Sydney ou aux événements du 19 juin qui se dérouleront dans votre pays.

(Article paru en anglais le 14 juin 2018)