Lettres de condoléances sur le décès de Guy Charron

23 août 2014

Guy Charron, un dirigeant du Parti de l’égalité socialiste (Canada) et un collaborateur quotidien au travail de la section francophone du World Socialist Web Site, s’est noyé le 28 juillet alors qu’il était en vacances avec sa famille (lire: Guy Charron, 1962-2014 : un militant canadien pour le trotskysme). Dans les semaines qui ont suivi la mort tragique de Guy, le PES et le WSWS ont reçu plusieurs messages de la part de camarades partout dans le monde qui ont connu et travaillé avec Guy et qui souhaitaient offrir leurs condoléances ainsi qu’exprimer leur appréciation de Guy en tant qu’ami et militant pour le trotskysme.

Nous publions ici une sélection de ces lettres.

L'annonce de la mort de camarade Guy a été un choc pour moi. C'est à travers lui que j'ai connu le Parti de l'égalité socialiste. Je me souviens comme si c'était hier de nos premières rencontres dans un café à Montréal où il prenait le temps de répondre à mes questions et de m'expliquer la nécessité d'un programme socialiste pour la classe ouvrière.

Il n'y avait jamais de discussions trop longues pour Guy. Comme il m'avait dit récemment, «le temps s'arrête» lorsqu'il commençait à discuter. Passionné par la vie, il pouvait parler de tout et il était toujours intéressant: la philosophie, la musique, l'architecture, la science et, bien sûr, les questions sociales, politiques et historiques.

La plus grande contribution de camarade Guy a été d'assimiler tout l'héritage du mouvement trotskyste international et de pouvoir le retransmettre aux autres. Il avait aussi développé une grande compréhension du mouvement souverainiste québécois et de sa nature bourgeoise et réactionnaire.

C'était un grand homme, un révolutionnaire. Il nous manquera.

Mes sympathies vont à tous ceux qui l'ont connu: sa famille, ses amis et ses camarades.

Louis Girard

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C’est avec un terrible sentiment de perte que j’ai appris la mort de camarade Guy. Il était au sommet de sa force: un marxiste doté d’une grande culture scientifique et imprégné du matérialisme dialectique. C’était un libre penseur, mais qui avait une profonde loyauté envers le mouvement trotskyste. Dans la tradition bolchevique, il a amené sa propre contribution au développement de l’analyse du CIQI sur le mouvement objectif de l’histoire.

J’ai travaillé systématiquement avec Guy au cours des dix dernières années lorsqu’on nous a demandé de jouer un rôle de premier plan dans le développement de la section francophone du WSWS en une source quotidienne de nouvelles. Au début de notre collaboration, nous parlions très fréquemment – même, pendant un certain temps, tous les matins – dans le but de discuter de ce qu’il fallait traduire en français. Dans le cadre de notre travail, il était infatigable dans ses efforts pour développer la section francophone du site web. Il concevait ce travail comme étant une collaboration internationaliste essentielle, une contribution à l’unification de la classe ouvrière européenne et nord-américaine sur la base d’une perspective révolutionnaire et mondiale.

Souvent, nos discussions, qui se tenaient très tôt le matin pour Guy, devenaient des discussions plus larges sur la politique et la culture. Aussi, nous nous sommes rencontrés à quelques reprises lors des écoles d’été du SEP américain. Ainsi, j’ai pu connaître et apprécier non seulement son niveau de culture générale, mais aussi sa curiosité et son intérêt pour tous les aspects de la culture humaine – les sciences, les arts, la philosophie et leurs histoires. En fait, sa curiosité insatiable s'exprime à travers son décès: il faisait de la plongée pour observer la vie marine et profitait de vacances avec sa famille.

J’ai été extrêmement touché de voir la photo de Guy entouré de sa famille, une photo qui a été envoyée par sa conjointe, Viviane. Tragiquement, cette photo devait être la dernière de Guy.

Il était un camarade et un ami chaleureux et sensible. Il avait un sens de l’humour et une conception du plaisir empreints d’ironie. J’ai particulièrement apprécié de recevoir un appel de lui seulement quelques jours avant sa mort, directement à l’hôpital où je recevais des traitements pour mon cœur.

Je ressens fortement le sentiment de perte pour sa famille, Viviane, ses enfants et petits-enfants. Je sympathise avec eux et aussi avec ses camarades, pour lesquels il était une grande source de force et de sagesse.

Les camarades en France feront tout ce qu’ils peuvent pour aider nos camarades canadiens à passer à travers cette perte et nous travaillerons avec eux pour construire le mouvement pour lequel Guy a donné sa vie.

Tony/Antoine Lerougetel

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J’ai lu la nécrologie de Guy sur le site web. Je suis désolée d’apprendre la mort subite d’un camarade qui était fortement engagé dans le PES et le socialisme. Je ne me souviens pas de l’avoir rencontré lorsqu’il était à Toronto, mais je me souviens de sa participation dans quelques-unes des rencontres hebdomadaires de l’IYSSE avec de jeunes Canadiens sur Skype. Il avait un profond intérêt dans notre développement intellectuel et j’espère que nous allons tous honorer sa mémoire en continuant la lutte.

Ashley (EJIES/IYSSE York) 

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Je me joins à tous les camarades en France pour déplorer la perte de Guy et je transmets mes plus sincères condoléances à sa famille et à ses camarades du PES (Canada). C’est tellement injuste que quelqu’un meurt à l’apogée de sa vie et alors qu’il avait tant à donner pour construire notre parti et pour l’émancipation socialiste de la classe ouvrière.

Nous nous sommes rencontrés à Paris l’année dernière et je vais chérir la discussion que nous avons eue sur les différentes interprétations des historiens de la Révolution française.

Son départ doit être commémoré en redoublant la lutte pour le trotskysme qui a motivé sa vie.

Mick P.

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C’est avec un immense chagrin que nous avons appris la mort de notre camarade canadien Guy Charron par l’annonce de camarade Keith Jones publiée sur le WSWS.

Au nom du groupe Égalité sociale, les partisans turcs du CIQI, je souhaite exprimer mes plus sincères condoléances à sa famille et à tous les camarades du PES (Canada).

Je suis sans mot face à une si triste nouvelle. Cependant, si vous me le permettez, je dirais que son enthousiasme et son dévouement à la cause de la révolution socialiste mondiale, qui «émanait d’une générosité d’esprit, qui s'appuyait théoriquement et politiquement sur une compréhension marxiste de la crise du capitalisme et du rôle vital de la direction révolutionnaire» seront vus par nous comme un exemple dans notre lutte contre la bourgeoisie et ses partisans de la pseudo-gauche petite-bourgeoise.

La lutte de camarade Charron continuera de vivre dans le travail du CIQI, incluant dans notre travail pour construire une section turque du CIQI qui sera la direction des mobilisations révolutionnaires à venir de la classe ouvrière contre l’impérialisme et le capitalisme.

HC

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Veuillez recevoir mes plus profondes sympathies pour la mort tragique de Guy Charron, un membre de premier plan du mouvement trotskyste canadien pendant près de trois décennies. J’ai rencontré Guy pour la première fois en 1987, peu après qu’il ait joint le prédécesseur de PES, la Workers League, qui était la section canadienne sympathisante du Comité international de la Quatrième Internationale. À ce moment, nous faisions lui et moi une étude rigoureuse des leçons de la scission historique avec le Workers Revolutionary Party de la Grande-Bretagne. Nous prenions plusieurs heures pour discuter de comment le WRP, en s’adaptant au nationalisme petit-bourgeois et à la bureaucratie syndicale, avait abandonné la lutte pour organiser la classe ouvrière sur la base d’un programme internationaliste et indépendant de toutes les forces de classes non prolétariennes.

J’ai fait campagne avec Guy lors de nombreux changements de quarts, tôt le matin, à des hôpitaux montréalais. Nous avons aussi travaillé ensemble, pendant l’élection fédérale de 1988 sur le «libre-échange», dans le cadre de la campagne de notre parti contre la ferveur nationaliste promue par les partis politiques officiels et la bureaucratie syndicale.

Pendant que nous attendions les changements de quart à différentes usines de l’Ontario et du Québec où nous intervenions afin d’encourager les travailleurs à rejeter autant le nationalisme canadien et québécois et à se joindre aux travailleurs américains dans une lutte commune contre la grande entreprise et leurs gouvernements des deux côtés de la frontière, nous avions souvent l’occasion de discuter d’un large éventail de questions politiques, historiques et culturelles.

Guy était toujours très intéressé par les expressions et l’argot associés à la langue anglaise et il me questionnait sans cesse sur la signification précise de telle ou telle expression. Cet intérêt lui a beaucoup servi lors des années qui ont suivi, car il a joué un rôle crucial dans la traduction du matériel politique vers le français, en développant la page francophone du site web du CIQI et en la maintenant à jour.

Les contributions de Guy au parti, en tant que dirigeant du PES (Canada), correspondant pour le WSWS et collaborateur quotidien au travail du WSWS français nous manqueront terriblement.

Carl Bronski

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C’est avec une grande tristesse qu’Helmut et moi avons appris la mort soudaine et tragique de camarade Guy Charron. Quelle perte terrible; c'est impossible à concevoir. Le choc doit être énorme pour sa famille, sa femme, ses enfants et petits-enfants ainsi que pour vous, ses camarades et amis de longue date.

J’ai eu la chance de rencontrer camarade Guy lors de la conférence internationale du WSWS tenue à Ann Arbor en 2003 et, de plus, j’ai toujours pu observer le travail d’équipe du groupe francophone du WSWS. Même si je l’ai rencontré seulement brièvement, j’ai trouvé qu’il était un camarade sincère, loyal et extrêmement sympathique.

Qu'est-ce qui pourrait nous consoler dans une telle situation?

Les seuls mots qui me viennent à l’esprit sont ceux provenant d’un discours que Léon Trotsky avait donné par enregistrement pour une rencontre à New York, en 1938, pour marquer la fondation de la Quatrième Internationale: «Pour un révolutionnaire, se donner corps et âme au parti signifie trouver sa voie. Oui, notre parti exige le dévouement le plus complet. Mais en retour, il nous rend la plus grande joie: celle de savoir que nous participons à la création d'un avenir meilleur, que nous portons sur nos épaules une parcelle du sort de l'humanité et que notre vie n'aura pas été vécue en vain.»

Helmut and Marianne Arens