Des milliers de manifestants devant l'ambassade d'Équateur pour soutenir Assange

Par Daniel O'Flynn et Rick Wilson
27 août 2012
Manifestants devant l'ambassade Équatorienne, dont beaucoup avec des pancartes et des banderoles qu'ils ont faites eux-mêmes

Deux mille manifestants se sont massés devant l'ambassade d'Équateur pour soutenir Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks. Les pancartes faites main citaient les conventions internationales piétinées par les gouvernements britannique, américain et suédois.

Une partie de la foule devant l'ambassade équatorienne attendant l'apparition de Julian Assange

Deux cents policiers ont encerclé l'ambassade, et beaucoup d'autres en réserve étaient dans des rues attenantes. Des hélicoptères de police patrouillaient au-dessus.

Les journalistes du World Socialist Web Site ont parlé à Samanta, étudiante Sri Lankaise, qui a déclaré, « Je suis ici pour soutenir Julian Assange en raison de ce qu'il a fait pour le bien commun, pour tout le monde, pour cette planète. Il a changé la nature des médias en général. C'est un grand partisan du journalisme citoyen. »

Julian Assange lisant sa déclaration depuis le balcon de l'ambassade équatorienne

« Les sociétés de presse et de médias mentent – comme Fox News, CNN, la BBC ou Sky News. Elles n'ont qu'un ou deux propriétaires du genre de Murdoch et une poignée d'autres et qui sont de pays comme l'Etat britannique, ou l'Etat américain. Ils ne sont absolument pas objectifs.

On voit bien ce qui se passe en Syrie aujourd'hui. On nous dit, à la BBC par exemple, que ce sont des rebelles,, qui sont attaqués par le régime d'Assad. Mais à croire la BBC, les rebelles n'ont jamais attaqué le régime d'Assad.

« On voit bien qui dit la vérité ici. Et c'est aussi la vérité à propos de l'économie, du chômage, de qui a l'argent, de où va l'argent sur la planète. Apparemment il y a soixante milliards de dollars qui manquent sur des comptes étrangers. On ne nous parle pas de ça, mais on entend parler du gars qui a touché un peu trop d'aides sociales. Julian Assange est très différent, à l'opposé de tout cela. »

La police poussant les manifestants dans l'enclos de l'autre côté de l'ambassade équatorienne

Ali un travailleur Afghan, nous a expliqué, « Je suis ici pour soutenir Julian Assange parce qu'il défend la liberté, et les gens qui n'ont pas la possibilité de s'exprimer. Il révèle les crimes perpétrés au nom de la "démocratie" : en Afghanistan, sur les attaques de drones au Pakistan, sur les bombardements en Irak, et aussi sur la crise en Europe et en Amérique. »

« Pour moi Assange est un héros. Il n'a pas peur, et il se bat encore pour la liberté et la justice. Ce que la police britannique fait, ce sont les basses œuvres des Américains, ce que ceux-ci leur demandent. Ils veulent qu'il disparaisse définitivement, ils veulent le mettre en prison quelque part. Ce n'est pas seulement le Royaume-Uni. Il y a d'autres alliés des États-Unis qui veulent mettre la main sur cet homme. Ils veulent montrer à tous que si on ne fait pas ce qu'ils veulent, ils arriveront à vous faire taire. »

Un rang de policiers bloque l'entrée de l'ambassade d'équateur à Londres durant le discours de Julian Assange

« Je crois que toute cette histoire sur la démocratie et les armes de destruction massives n'est que du vent, des inventions des Américains pour justifier l'invasion d'autres pays. Et je pense que Julian Assange s'oppose à l'Amérique. La personne qui siège à la Maison Blanche ne change rien, qu'il soit blanc ou noir. Avant j'étais un grand fan d'Obama. Je pensais qu'il s'opposerait aux Républicains, mais il est pire que George W. Bush ! Il a dit qu'il fermerait Guantanamo Bay le premier janvier 2008, nous sommes en 2012 et il dit qu'il n'y a pas moyen de le fermer. Donc, ce qu'un menteur de plus. »

Une jeune étudiante anglaise qui a souhaité garder l'anonymat a dit, « De toute évidence, cette affaire est très difficile, parce que s'il a réellement fait ce dont il est accusé, bien sûr qu'il devrait être jugé. S'il ne l'a pas fait, et que ce n'est qu'un moyen de l'emmener aux États-Unis, c'est écoeurant. L'état ne devrait pas se servir d'accusations aussi sérieuses qu'un viol pour attenter à la liberté d'expression. Je trouve génial que l'Equateur le mette en sécurité face à un danger imminent. »

(Article original paru le 20 août 2012)